Caserta : l’entraineur maison

Par Michaël Magi publié le 10 Juil 2020

On sait les clubs à l’affut de la moindre pépite un peu partout sur le globe. C’est aussi valable pour les coachs de demain. Parmi ceux-là, Fabio Caserta, dont la réputation s’établit peu à peu. L’homme fort de la Juve Stabia suscite un intérêt encore poli en hautes sphères. Il pourrait bien, dans les années prochaines, se concrétiser…

L’homme du sud

A la lecture de son CV un constat se fait d’emblée : Caserta est un homme du sud. A l’exception d’une expérience ratée à Bergamo et d’une pige à Cesena, le Calabrais a passé l’écrasante majorité de sa carrière sur les pelouses du sud : à Lecce, Catania, Palermo et même à l’Igea Virtus, petit club de la banlieue de Messine. Et c’est un parcours qui a connu son lot de douleurs ; surtout lorsque le joueur, après 3 saisons pleines à Catania s’en est allé chez l’ennemi palermitain. « Je me sentais bien à Catania, se souvient-il. C’est dans ce club que j’ai appris le haut niveau. Malheureusement, certains dirigeants ont essayé de me faire passer pour un traitre, alors qu’en réalité, ce sont eux qui voulaient me vendre… »

La saison de Caserta à Palermo, avec qui il découvre l’Europe, lui laissera un souvenir amer. Avec la perte de son père, survenu peu de temps après son transfert. Mais aussi à l’occasion du triste derby de décembre 2007, au cours duquel Caserta marque (en vain puisque Catania l’emporte 3-1) : théâtre d’affrontements entre tifosi adverses aboutissant à la mort d’un policier et à l’arrêt complet du calcio, Nazionale comprise. Caserta voit alors son destin lui filer sous le nez : « C’était une atmosphère de guerre. Nous étions retranchés à l’intérieur du stade. De temps en temps, on venait nous informer de la situation. On devait m’appeler en Nazionale. Mais tout le calcio s’est arrêté et ma chance est passée… »

La chance du débutant ?

Milieu à l’ancienne, Caserta n’a finalement jamais défrayé la chronique, au gré de ses 135 apparitions au sein de l’élite pour 13 buts. C’est d’ailleurs comme monnaie d’échange pour attirer Cazzola qu’il débarque de l’Atalanta en Campanie. Une bonne affaire pour la Juve Stabia qui récupère alors un relais idéal auprès d’un effectif limité. Saison après saison, le calabrais finit par faire partie des murs. Se faisant apprécier pour ses qualités humaines. En particulier quand le club subit les affres d’une relégation avec la perspective décourageante de devoir tout reconstruire au sein d’une Serie homogène, donc incertaine. Sans parler de l’instabilité d’un club qui a essoré pas moins de 4 Présidents depuis 2013.

C’est donc en toute logique que la direction gialloblù le choisit en 2016 pour seconder Fontana, puis l’année suivante pour diriger l’effectif pro avec Ciro Ferrara. Résultat : une participation en playoffs dès son premier exercice. Un championnat survolé l’année suivante et une promotion en Serie B après 5 années d’absence.

Au centre d’une bataille de chiffonniers

Pour sa première saison en Serie B, le coach de la Juve Stabia a failli vivre une année tranquille. Après des débuts cahin-caha, le profil offensif et joueur de son équipe a séduit. Avec des victoires de poids contre la Salernitana, Empoli ou Crotone. En dépit d’un effectif limité. Hélas, le Covid est passé par là. Et depuis, les vespe n’en finissent plus de plonger. 4 défaites de rang et en coulisses, une bataille autour d’un coach courtisé par Palermo, promu en Serie C et qui rêve de faire de Caserta l’un des hommes de base de son renouveau.

Problème, le contrat du coach gialloblù court jusqu’en 2021 et la Direction vespa a fermement opposé une fin de non-recevoir. Diplomatiquement, Caserta a déclaré n’avoir reçu aucune offre du club sicilien et ne s’intéresser qu’au sort de son équipe, à la lutte pour ne pas redescendre. Un cercle vicieux ; la crise sanitaire et les rumeurs autour du coach ont perturbé le groupe. Et c’est cette décompression sportive qui ragaillardit Palermo, consciente d’une décroissance de la côte de Caserta. L’ancien rosanero, en apparence imperturbable, sait que les chances ne passent pas deux fois…

Michaël Magi



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