Carpi-Sassuolo, l’autre derby d’Emilia

Par Thomas Sghedoni publié le 07 Avr 2016
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Sassuolo vs Carpi

Rivalité pas si naissante que ça

Effectivement, pour la Serie A, c’est un affrontement des plus récents. Étant donné que c’est la première saison de Carpi à ce niveau, ça serait difficile qu’il en soit autrement. Pourtant, ce n’est pas la première fois que les équipes se rencontrent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne s’apprécient vraiment. Avant le match, le capitaine et bandiera de Sassuolo, Francesco Magnanelli, déclarait d’ailleurs : « Ce sera un match difficile et délicat. C’est un derby et ils ont une mentalité pas commode« . Faut dire que la dernière fois que le derby s’est tenu, à l’été 2014 pour une rencontre amicale et les tifosi se sont « amicalement » accueillis à coups de pierre dans le museau. En définitive, il n’y a bien que les entraîneurs Di Francesco et Castori qui s’apprécient.

Il faut admettre que les Carpigiani sont un peu spéciaux. Petit détour par le Moyen-Âge. À l’époque, tout le voisinage était sous la coupe des Ducs de Modène. Tout ? Non, une irréductible petite seigneurie indépendante résistait encore et toujours à l’envahisseur : Carpi. La ville en tire encore une fierté immense, dont témoigne son impressionnant patrimoine architectural, avec notamment le magistral palais des Pio di Savoia. La fin de cette période dorée en 1527 et le passage sous suzeraineté de la puissante voisine, encore effectif de nos jours, n’a pas altéré l’orgueil de ses habitants. Et ils ne se privent pas de le faire savoir. Ce qui implique effectivement de temps en temps de manger des gadins. En a découlé une ambiance un peu bizarre au Braglia de Modène ce week-end. La ville, à mi-chemin entre les deux protagonistes, n’aime pas les premiers et est vexée que Sassuolo les ait abandonnés pour les têtes carrés de Reggio Emilia après avoir été promu chez eux.

Et le match dans tout ça ?

Le match du week-end dernier nous a apporté plusieurs enseignements. Il prouve déjà que le Calcio n’est pas uniquement une tour de Babel du ballon rond. 17 joueurs Italiens sur 22 au départ, on doit probablement friser un record pour cette saison, et on ne peut pas dire que le jeu en ait souffert. Ça a fusé à 200 à l’heure tout le match, qui a vraiment été emballant. Carpi a péché par sa défense atrocement statique, mais l’équipe a le niveau pour se maintenir et nous offrir une revanche l’année prochaine. De son coté, Sassuolo fond un peu plus sur le Milan, qui a perdu ce week-end, et l’Europa League. En ce qui concerne les joueurs, on a également pu relever de belles performances. On ne pourra pas reprocher à Nicola Sansone de ne pas essayer de se faire remarquer par Conte, lui qui a encore marqué les esprits ce week-end en marquant un but et délivrant deux passes décisives. Dans une Squadra Azzurra en manque de certitudes offensives, il se pourrait bien que cet homme ait sa place. Du côté de Carpi, le gardien Vid Belec, même s’il a dû aller chercher le ballon trois fois au fond de ses filets, a livré une prestation très aboutie, avec notamment une parade d’un autre monde sur une frappe à bout portant de Berardi. Enfin, ce qui fera probablement le plus plaisir aux tifosi neroverdi attentifs, sera la petite phrase lâchée par Di Francesco à la fin du match : « Il y a bonnes chances que je reste à Sasol l’année prochaine ». Le Milan ne devrait donc pas subtiliser le technicien romain, surtout si celui-ci leur chipe leur place européenne.




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Thomas Sghedoni

Rédacteur Sassuolo



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