Calhanoglu, l’éclaircie dans la tempête

Par Tristan Pubert publié le 09 Nov 2019

Au club depuis juillet 2017, Hakan Calhanoglu n’a jamais été aussi performant. Si beaucoup critiquent l’arrivée de Stefano Pioli sur le banc rossonero, d’autres au contraire ont vu cette arrivée comme bénéfique. L’international turc fait partie de ces joueurs dont le changement d’entraîneur a fait du bien.

Leader technique de son équipe

Depuis le début de saison, Calhanoglu est le seul joueur avec Romagnoli à avoir disputé la totalité des rencontres en tant que titulaire. Soit un total de onze matchs, preuve de l’importance du numéro 10 rossonero. Au début de saison, ce rôle de titulaire laissait planer beaucoup d’interrogations étant donné que son niveau était insuffisant. Souvent décrié par les tifosi lombards, l’ancien joueur de Leverkusen semble s’être métamorphosé depuis l’arrivée de Stefano Pioli.

Son match le week-end dernier face à la Lazio (1-2) est brillant sur le plan individuel. Il réalise là son match référence sous le maillot du Milan. Propre techniquement et toujours percutant sur ses prises de balle, Calhanoglu a permis à son équipe de se créer des occasions et (d’enfin) montrer un visage séduisant. Une détermination mise au service du collectif qui n’a malheureusement pas payé, la faute à des coéquipiers décevants, Piatek notamment.

Sous la tutelle de Pioli, l’ailier de 25 ans s’impose réellement comme le leader technique de ce Milan. Calhanoglu est mis au cœur du projet de jeu en tant que chef d’orchestre. Ces derniers temps, il était reproché aux milanais de trop reposer sur des exploits individuels ou des concours de circonstances. L’international turc, sous Pioli, fait rayonner ses partenaires, un rendement au service du collectif.

Toujours pas utilisé à son vrai poste

Néanmoins, Calhanoglu évolue au poste d’ailier gauche, poste qui n’est pas son meilleur. Ce n’est pas un ailier qui peut se contenter de déborder sur son couloir. Tout simplement car il n’a pas le coffre et les qualités de vitesse pour y parvenir. Souvent, l’international turc dézone pour se rapprocher du cœur de jeu, là où il est le plus à l’aise.

Le joueur formé à Karlsruher SC est meilleur en trequartista, il a le profil parfait pour ce poste. Un poste où il pourrait être encore plus décisif. Cette saison, Calhanoglu c’est seulement deux buts et une passe décisive. Pour le voir dans sa position préférentielle, Pioli doit changer de dispositif et passer à un 4-2-3-1 ou un 4-3-1-2. Le problème étant que le tacticien italien est très attaché à ce 4-3-3 et ne le change que très rarement. Mettre Calhanoglu en trequartista ne résoudra pas tous les problèmes du Milan certes mais cela mérite d’être essayé. Par ailleurs, sa plus grosse saison à Leverkusen (2014-2015) était dans un rôle de numéro 10.

Rassurant ou inquiétant?

Il aura fallu attendre près de deux ans pour voir un Calhanoglu performant et régulier. Le Turc répond enfin aux attentes et vient quelque peu justifier son rôle de titulaire. Néanmoins et même avec un contrat jusqu’en juin 2021, la prolongation est pour le moment en stand-by et un départ cet été reste une hypothèse concrète. Mais ses dernières prestations pourront peser dans la balance et ainsi faire réfléchir les dirigeants rossoneri sur une prolongation.

Beaucoup attendaient les Paqueta, Piatek ou Suso s’imposer comme les vrais patrons offensifs du Milan mais pour le moment c’est bien Calhanoglu et seulement lui. Magik Hakan est la seule arme offensive milanaise dangereuse. Capables de coups d’éclat comme face à Lecce, il est difficile d’avoir de l’ambition lorsque autours du numéro 10 rien ne fonctionne. Et c’est le nerf du problème à Milan. Les exemples sont nombreux : Suso ces dernières saisons ou encore Piatek la saison passée. Si ces individualités fleurissaient ensemble, Milan pourrait nourrir des ambitions mais ce n’est pas le cas. Car Hakan ne pourra pas ramener seul le Milan en Champions League.

Tristan Pubert

Rédacteur



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