Çalhanoğlu, le numéro 10 est lourd à porter

Par Julien Camarda publié le 10 Juil 2020

Eté 2017, Hakan Çalhanoğlu débarque au Milan AC en provenance du Bayer Leverkusen. La saison passée a été compliquée pour l’international turc. Effectivement, Çalhanoğlu est condamné par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à une suspension de quatre mois et à 100 000 euros d’amende à verser au club de Trabzonspor. En 2011, il avait signé au Karlsruhe FC alors qu’il s’était engagé à rejoindre le club turc.

Pour s’offrir ses services, le Milan AC débourse aux alentours de 23 millions d’euros. Après sa suspension, le Turc a à cœur de retrouver la compétition dans un autre championnat. Dès sa première saison, il récupère la tunique numéro 10 laissée par le Japonais, Keisuke Honda.

Des débuts prometteurs

A son arrivée chez les Rossoneri, le coach n’est autre que Vincenzo Montella. Sous les ordres de l’Aeroplanino, Çalhanoğlu évolue, lorsqu’il est titulaire, dans le cœur du jeu pour un total d’un but et de deux passes décisives en championnat. Le bilan est insuffisant pour tout le monde, Montella est dépassé, c’est Gattuso qui le remplace. Ainsi, après plusieurs rencontres, le milieu de terrain polyvalent trouve sa place en tant qu’ailier gauche. Il est bien plus décisif : deux passes décisives contre Crotone (1-0) et la Lazio (2-1) qui permettent au Milan AC d’engranger six points. Mais aussi une passe décisive et un but face au Chievo (3-2) et à Bologne (1-2). Il signera aussi une belle performance lors de la victoire des Rossoneri face à la Fiorentina (5-1) avec un but et deux passes décisives. Ainsi, pour sa première saison en Italie, il totalise six buts et neuf passes décisives en Serie A.

Sur la scène européenne, les Rossoneri échouent en huitièmes de finales face à Arsenal mais Çalhanoğlu inscrit tout de même deux buts et quatre passes décisives en huit rencontres.

Une baisse de performance

La saison suivante, Ringhio lui renouvelle sa confiance. En Europa League, même si le Milan AC ne passera pas les groupes, le bilan du Turc est cohérent : 1 but et 6 passes décisives sur 5 rencontres. Avec 2900 minutes disputées en 36 rencontres de Serie A, Çalhanoğlu fait partie des joueurs les plus utilisés. Ses performances les plus notables sont celles face au Genoa (2-1) et à la SPAL (2-1) avec une passe décisive, contre la Fiorentina (1-0) avec un but et face à l’Atalanta (3-1) grâce à un but et une passe décisive. Hormis face à la Dea, le numéro 10 milanais ne s’est que trop peu exprimé face aux cadors de Serie A. Au total, il affiche trois buts et six passes décisives en 36 journées. Le natif de Mannheim est bousculé si bien qu’un départ est même évoqué.

Pioli le déclic

Mais une nouvelle saison débute et Marco Giampaolo compte sur lui. Ses performances sont à l’image de celles de ses partenaires : un but en sept journées de Serie A pour un total de 9 points pris sur 21. Bien trop maigre pour l’ancien coach de la Sampdoria qui doit plier bagage. Avec Stefano Pioli, le milieu de terrain classe 94’ renaît. Il est l’électron libre du 4-2-3-1, souvent positionné sur le côté gauche, il n’hésite pas à rentrer dans l’axe pour apporter le danger. En témoigne son but à l’Olimpico face à la Lazio lors de la victoire 0-3. Ainsi, avec un but (sur penalty) marqué face à l’AS Roma en plus de celui inscrit face aux Biancocelesti, il devient la bête noire des Romains. De cette façon, il devient enfin décisif face au top 5 italien. Avec cinq buts et trois passes décisives (saison en cours), il est, avec Rebic et Ibrahimovic, le signe du renouveau des Rossoneri. La grande force du turc réside dans sa flexibilité. Il a su s’adapter et être un élément important de chaque coach et de chaque système de jeu.

Nul doute que les récentes performances jouent en sa faveur. Les dirigeants milanais pourraient même lui proposer de prolonger son contrat qui arrive à expiration en 2021. Pour rester, Hakan Çalhanoğlu devra sûrement convaincre un certain Ralf Rangnick promis au poste de manager et de directeur technique.

Julien Camarda

Rédacteur



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