CALCIOSTORY : Sandro Salvioni, le Garibaldi de l’OGC Nice

Par Hugo Ledroit publié le 25 Fév 2021

Tout fin connaisseur de l’histoire italienne connait le niçois de naissance, Giuseppe Garibaldi, grande figure du Risorgimento et de l’unité italienne au milieu du XIXème siècle. Près de 150 ans plus tard, Nice voit encore une fois un héros italien débarqué pour sauver l’OGC Nice alors tombé en deuxième division, un certain Sandro Salvioni. Calciomio vous emmène à la rencontre de cette figure italienne du club de la Côte d’Azur.

Nizza non è piu bella

Le tournant de la fin des années 1990 n’est pas synonyme de grande période pour l’OGC Nice. En effet, la décennie des années 1990 est marquée par plusieurs épisodes rocambolesques pour le club de la Côte d’Azur. En 1991, le club est au bord de la faillite en raison de nombreuses dettes qui ne font que plonger le club sur le plan financier. Le sauveur se nomme André Dubois qui reprend en main l’Olympique gymnaste et le rebaptise Olympique Club Gymnaste de Nice Côte d’Azur. Un ancien joueur du club Albert Emon est appelé au poste d’entraineur et parvient à faire remonter le club en 1994 tout en maintenant deux fois le club en D1. A l’orée de la saison 1996/1997, Albert Emon quitte Nice et est remplacé par un autre ancien Aiglon, Daniel Sanchez. Après un début d’exercice catastrophique, l’ancien milieu de terrain niçois se retrouve limogé avant que le yougoslave Silvester Takac, passé par Rennes en tant que joueur, ne reprenne le flambeau. Ce dernier ne réalise aucun miracle en championnat et ne parvient pas à sauver l’OGC Nice de la D2. En effet, malgré la victoire en Coupe de France face à Guingamp en 1997, les Niçois descendent en deuxième division en finissant dernier du championnat de D1. Après trois saisons en D2, le club connait en plus de la crise sportive une crise économique qui permet à un certain entrepreneur italien Franco Sensi de venir à la tête du club. Ce dernier n’est d’autre que le propriétaire de l’AS Roma, équipe phare de la Serie A et qui gagnera le Scudetto en 2001.

Una Nizza italiana pour refaire voler les Aiglons

L’histoire et l’identité de la ville de Nice se retrouvent entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne. Plusieurs fois au cours de son histoire la ville des Alpes Maritimes a appartenu aux deux identités française et savoyarde. De la chute de Napoléon en 1815 à l’émancipation unificatrice italienne des années 1860, Nice se retrouve incluse au sein de la maison de Savoye. En effet, jusqu’en 1860, la ville de la Côte d’Azur appartenait au Piémont-Sardaigne avant que Napoléon III ne réclame la ville en échange de l’aide apporté aux partisans de l’unité italienne. Au grand dam, du héros du Risorgimento Giuseppe Garibaldi niçois de naissance, Nice devient française en 1860. Néanmoins de par la culture et la proximité géographique, la ville de la Côte d’Azur reste quelque part sous influence italienne. C’est pour cela qu’arrive le propriétaire de la Roma, Franco Sensi qui rachète le club en perdition. L’entrepreneur romain place alors une équipe italienne aux commandes de l’administration du club. Trois dirigeants italiens arrivent aux commandes du club : Silvio Rotunno, Paolo Taveggia et Federico Pastorello. C’est ce dernier qui va faire venir Sandro Salvioni à l’orée de la saison 2000/2001. Ancien joueur professionnel ayant davantage joué en Serie B qu’en Serie A, Sandro Salvioni a alors une modeste carrière d’entraineur derrière lui. Son expérience sur le banc se concentre surtout sur un passage de six saisons en tant qu’entraineur de l’équipe réserve de l’AC Parma.

Sandro Salvioni, le héros du Risorgimento niçois

Avec cette direction administrative et sportive totalement italienne, l’OGC Nice souhaite retrouver l’élite du football français. Club historique du football français, l’OGC Nice a connu de grandes heures que cela soit en championnat ou en Coupe d’Europe. Son heure de gloire remonte aux années 1970, époque où le club de la Côte d’Azur était le principal rival de l’AS Saint-Etienne. La dichotomie entre les deux équipes se retrouvaient à la fois dans le style de jeu avec une opposition entre le beau jeu à la niçoise et le jeu « culture Manufrance et usine » de l’ASSE ainsi qu’au niveau social puisque Nice représentait le côté « bling-bling » de la Côte d’Azur face à l’esprit ouvrier de Saint-Etienne. Malheureusement cette idée du beau au niveau footballistique s’est totalement perdue ces dernières années à Nice. Sandro Salvioni a la mission de parvenir à faire remonter les Aiglons en D1. Malheureusement la première saison de l’ancien joueur de Parme sur le banc niçois n’est pas une franche réussite puisque le club finit à la 15ème place de la D2. Il faut attendre la saison suivante 2001/2002 pour que la sauce italienne prenne du côté du Stade du Ray. L’OGC Nice réalise alors une remarquable saison en D2 en finissant à la 3ème place du classement synonyme de monter en D1. La mission de Sandro Salvioni est réussie et ce dernier devient alors le Garibaldi de l’OGC Nice après cette remontée. Un travail qui est à deux doigts de s’effacer lorsque la DNCG envoie le club en National suite à des manquements financiers avant de valider la montée de l’OGC Nice. Malheureusement après plusieurs menaces dont une en 2001, Franco Sensi lâche le club en raison du refus de la mairie de Nice de construire un nouveau stade. En réaction l’homme d’affaire italien ne lâche plus aucun sou dès 2001 avant de vendre définitivement le club en 2002. De son côté, Sandro Salvioni retourne en Italie pour entrainer Cosenza.

Hugo Ledroit



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