CALCIOSTORY : Quand le Napoli et Arsenal s’affrontaient dans le groupe la mort

Par Nicolas Soldano publié le 10 Avr 2019

Demain soir, le Napoli et Arsenal se retrouvent pour la troisième fois de l’histoire dans un match au sommet en quart de finale d’Europa League. Les deux premières fois, c’était lors de la fameuse phase de groupe de l’édition 2013/2014 de Champions League. Retour sur une double confrontation aussi serrée que frustrante pour les italiens.

le onze titulaire napolitain lors du match retour à Naples

Le traditionnel groupe de la mort

Lorsque le tirage au sort de la phase de poule de la C1 se termine fin août 2013, le staff napolitain a un peu mal au crâne. Effectivement, le Napoli vient de tirer du lourd : le Borussia Dortmund, vice-champion de Bundesliga et finaliste de Champions League, Arsenal, et l’Olympique de Marseille, vice-champion de Ligue 1. Pour son deuxième retour en Champions League après le come-back du club dans l’élite du football italien, ce sera un deuxième groupe de la mort après celui de 2011 avec le Bayern Munich, Manchester City et Villarreal. Le Napoli, initialement membre du troisième chapeau, s’était vu rétrogradé au sein du quatrième à cause des qualifications en barrages du FC Bâle, du Zénith saint Pétersbourg et… d’Arsenal.

Les résultats du tirage au sort de l’édition 2013/2014 de C1 pour les groupes E, F, G et H

Le match aller pour les Gunners

La première opposition entre les deux équipes a lieu lors de la deuxième journée de la phase de groupe à l’Emirates stadium de Londres. Lors de la première journée, elles se sont toutes les deux imposées et sont pour l’instant première du groupe à égalité parfaite. Le Napoli a dominé Dortmund au San Paolo 2 buts à 1 (Higuain 29è, Insigne 67è contre Zuniga csc 87è) pendant qu’Arsenal est allé s’imposer au stade Vélodrome sur le même score (Walcott 65è, Ramsey 84è contre J. Ayew 90è). Ce match a tout du choc puisqu’en plus de la première place du groupe, les deux clubs sont en pleine bourre dans leurs championnats respectifs : Arsenal est solide leader de Premier League et le Napoli est deuxième à deux petits points de l’AS Roma en Serie A.

Côté tactique, Wenger jouait durant cette période en 4-3-3 avec deux faux ailiers plutôt milieux offensifs centraux de formation avec pour mission de repiquer dans l’axe pour dicter les phases d’attaques. Dans ce rôle, on retrouve ce soir là le tchèque Rosicky et la nouvelle recrue fraîchement débarquée de Madrid pour 50 millions d’euros, Mezut Özil. En pointe on retrouve Giroud, au milieu Arteta, Ramsey puis Flamini, et en défense Sagna, Mertesacker, Koscielny et Gibbs.Côté azzurro, Benitez a disposé son équipe dans son 4-2-3-1 traditionnel, mais il doit composer avec deux grosses absences, celles d’Higuain, recrue phare du mercato estival, et Maggio, l’arrière droit taulier et vice capitaine du club. Ils sont remplacés respectivement par Pandev et Mesto. Insigne et Callejon sur les Ailes, Hamsik en 10, la doublette suisse au milieu (Inler et Behrami),  Zuniga, Albiol et Britos derrière, le reste de l’équipe réserve peu de surprise.

Dès les premières minutes de jeu les Gunners exercent un pressing incessant sur la défense napolitaine qui se retrouve asphyxiée et qui n’arrive pas à ressortir le ballon. A la huitième minute, Giroud dévie habilement pour Ramsey, qui déboule sur l’aile droite. Le Gallois pénètre dans la surface puis sert en retrait Özil. D’un plat du pied placé, l’allemand crucifie Reina. Puis, suite à une nouvelle perte de balle en zone défensive des partenopei au quart d’heure de jeu, Özil récupère le ballon après un relais avec Giroud, accélère dans la surface avant de redonner le ballon au joueur français, qui, du plat du pied, trompe Reina à bout portant. Par la suite Arsenal va baisser en intensité jusqu’à la fin du match, se contentant de gérer son résultat, bien aidé par des napolitains maladroits offensivement (11 tirs pour un seul cadré). Grâce notamment à un Özil en feu, les north-londoners sont propulsés en tête du groupe F.

L’insaisissable Özil au milieu de trois napolitains 

Le retour en faveur des napolitains mais…

Pour le second match de cette confrontation anglo-italienne, les enjeux sont tout autres. Il a lieu lors du dernier match de poule et ressemble comme deux gouttes d’eau à un seizième de finale déguisé. Le Napoli et Dortmund sont deuxièmes avec 9 points chacun, pendant qu’Arsenal est toujours premier avec 12 points. Les trois équipes sont dos au mur, aucune n’est certaine d’être qualifiée à cause de la règle de la différence de but particulière. Le Borussia doit gagner face à l’OM tout en espérant une défaite d’Arsenal pour finir premier alors que les napolitains doivent gagner par plus de 2 buts d’écarts ou espérer un faux pas de Dortmund pour passer. Les calculatrices sont de sorties, aucune erreur n’est permise.

Côté tactique, Benitez choisi le même onze qu’à l’aller, à quelques exceptions près : Higuain et Maggio sont de retour, par contre, Hamsik est blessé et Insigne sur le banc. Ils sont suppléés par Pandev et Mertens. Wenger quant à lui change son système en optant également pour un 4-2-3-1, avec Özil en 1o, Rosicky à droite et Cazorla à gauche, épaulés par le double pivot Ramsey-Arteta au milieu. Les azzurri débutent le match tambour battant et acculent les anglais dans leur moitié de terrain mais les londoniens vont tenir bon jusqu’à l’heure de jeu. Dans l’autre match Marseille a égalisé face à Dortmund, il suffit donc d’un petit but aux napolitains pour se qualifier ! Et c’est à ce moment là que le match s’emballe. Aux 18 mètres, Higuain transmet à Callejon dos au but qui lui remet en une touche à l’entrée de la surface. Le une-deux est parfait, et la frappe placée du droit de l’Argentin finit au fond. Trois minutes plus tard Arteta est expulsé à la suite d’un mauvais tacle sur Callejon. Le San Paolo est en transe, les tifosi napolitains croient plus que jamais en l’exploit. Sauf que dans l’autre match, à 3 petites minutes du coup de sifflet final, Mandanda se troue et propulse Dortmund en tête du groupe (et Marseille dans l’histoire avec son fameux « zéro pointé » en poule). Le but – splendide – de Callejon dans les arrêts de jeu n’y changera rien, le Napoli est éliminé sur le gong. Les larmes d’Higuain feront le tour du monde des chaînes de télévision et le Napoli deviendra le seul club de l’histoire de la compétition à être éliminé en comptabilisant 12 points. Cruel.

Nicolas Soldano

Rédacteur



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