CALCIOSTORY : Quand l’AS Roma allait en finale de la Coupe de l’UEFA 1991

Par Yacine Ouali publié le 18 Fév 2021
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Ce soir, l’AS Roma lance la phase éliminatoire de sa campagne d’Europa League avec un déplacement à Braga, au Portugal. La Louve essaiera de faire forte impression pour pourquoi pas lancer une folle épopée dont elle a le secret, comme cette demie de C1 en 2018 ou, pour rester dans la C3, la finale de la Coupe de l’UEFA 1990-1991.

Le retour chez les grands

À la fin des années 1980, l’AS Roma peine à retrouver le niveau qui l’a menée en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions de 1984. Préoccupé par les performances des équipes comme le Napoli, la Juventus ou le Milan AC, qui lancent l’âge d’or du calcio, le président romain Dino Viola décide de virer Luigi Radice et de nommer Ottavio Bianchi sur le banc.

L’entraîneur légendaire du Napoli trouve une bonne équipe, mais dont le problème est avant tout mental. Il se base alors sur Rudi Völler, à peine couronné champion du monde, pour relancer l’AS Roma. Et, à la fin de la saison, le pari sera réussi : si l’AS Roma finit 9ème de Serie A, son pire classement depuis 1979, le club glane la Coppa Italia et atteint la finale de la Coupe de l’UEFA.

La C3, une bouffée d’air frais

En 1990-1991, l’AS Roma galère comme jamais en championnat. Le club finira avec seulement 11 victoires en 34 matches. Par la force des choses, les giallorossi se tournent vers la Coupe et l’Europe pour sauver leur saison, et ça marche du tonnerre.

Entre le 19 septembre et le 3 octobre 1990, l’AS Roma débute sa campagne européenne contre l’ogre du Benfica. Alors que le club perd deux matches de championnat sur 3 dans cette période, il survole la confrontation contre les portugais (deux fois 1-0). Par la suite, les giallorossi matent les oppositions avec une facilité déconcertante : ce sont Valence, Bordeaux (7-0 au cumulé), Anderlecht (6-2 en tout) et Brondby qui passent à la trappe.

La finale, une histoire italiano-allemande

Quand l’AS Roma atteint la finale de la Coupe de l’UEFA, elle se retrouve opposée à l’Inter. À l’époque, la finale qui se joue en double confrontation met aux prises deux clubs italiens à la touche allemande. Encore sous l’arrêt Bosman, les équipes ne peuvent recruter d’étrangers à tout va et n’achètent que la crème de la crème. En 1990, cette qualité est allemande.

Le 8 mai 1991, la Louve se rend donc à San Siro avec confiance. De l’autre côté, l’Inter présente une équipe au trio dévastateur : Brehme, Matthäus, Klinsmann. Les nerazzurri menés par… Trapattoni savent faire. Leur entraîneur est rompu aux grandes joutes européennes et les joueurs savent gagner des grands titres.

En face, les giallorossi sont moins expérimentés mais, dirigés par un Bianchi qui a su faire passer un cap au Napoli, ils savent que tout peut arriver. Avec Thomas Berthold qui verrouille derrière et Völler qui plante devant, rien n’est impossible.

Dans l’atmosphère surchauffée du Meazza, Trapattoni et Bianchi pénètrent ensemble sur le terrain, discutant tranquillement du match. Mais sur le terrain, l’opposition est féroce. Sous un bruit presque assourdissant, les romains ne se laissent pas impressionner. En première mi-temps, ils passent même près d’ouvrir le score à la suite d’une percée magnifique de Völler sur le côté gauche, qui se défait de quatre joueurs de l’Inter avant de buter sur Zenga.

Mais en deuxième mi-temps, l’Inter sort les crocs. Elle qui n’a presque rien proposé en première période donne une leçon de réalisme à l’allemande aux adversaires. En 10 minutes, le match est plié. À la 55ème, Matthaüs convertit un pénalty en force. À la 66ème, alors que Berthold a raté une belle occasion juste avant, Klinsmann déboule sur le côté gauche et sert sur un plateau un Nicola Berti étrangement seul. 2-0, rendez-vous à l’Olimpico.

Au retour, l’Olimpico se dresse de ses meilleurs atours. En réponse à l’ambiance du Meazza, les tifosi romains mettent littéralement le feu en allumant une myriade de fumigènes. Le ton est donné. Mais malheureusement pour les joueurs de Bianchi, le résultat est aux antipodes de leurs ambitions. Pendant la majeure partie du match, les compagnons de Völler ne trouvent pas la clé du verrou de l’Inter. Ce n’est qu’à la 81ème minute que, sur un ballon fuyant dans la surface, Rizzitelli trouve le fond des filets.

Avec une dizaine de minutes restantes, l’Olimpico s’enflamme une nouvelle fois, mais rien n’y fait. L’Inter verrouille encore plus le match, et Klinsmann va se procurer un corner en roublard. Le ballon, mollement centré, retombe dans les pieds romains qui lancent une dernière contre attaque. Derrière le but, un certain Francesco Totti, jeune et inconnu ramasseur de balles, les encourage à tue-tête, mais l’arbitre siffle la fin du match, et l’Inter soulève la Coupe.

Finalement, la saison 1990-1991 de l’AS Roma aura été de très bonne facture, avec cette finale et la Coppa Italia. 30 ans après, il incombe aux giallorossi actuels d’honorer l’héritage de leurs prédécesseurs en réalisant une belle campagne européenne. Tout commence à Braga, dans le même pays d’où les romains ont lancé leur épopée en 1990. Espérons que ce soit un signe du destin.

Yacine Ouali



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