CALCIOSTORY : Quand Diego Simeone dirigeait Papu Gómez à Catania

Par Ben Soffietti publié le 01 Avr 2020

Avant d’être le leader de l’Atalanta, équipe sensation en Europe cette année, Alejandro Gómez a joué pendant trois saisons en Sicile, au Catania Calcio. Avec les Rossazzurri, ‘’Papu’’ a surtout joué le maintien. En 2011, lorsque Catania flirte encore avec la zone rouge, le président Pulvirenti fait appel à un jeune entraîneur argentin pour se maintenir, Diego Simeone.

Alors que Papu Gómez et Diego Simeone auraient dû tous les deux voir les quarts de finale de la Champions League sans la crise sanitaire, Calciomio revient sur les six mois que les deux Argentins ont partagé en Sicile.

Qui pour sauver le club ?

Sous l’impulsion de son président Antonino Pulvirenti, qui arrive en 2004, le Catania Calcio obtient sa promotion en Serie A à l’issue de la saison 2005-2006. Les Rossazzurri retrouvent l’élite qu’ils avaient quitté en 1984 et s’y installent pour huit saisons.

La particularité du club est sa colonie argentine qui s’élève à douze joueurs à l’été 2010, au moment où Alejandro Gómez quitte San Lorenzo pour découvrir l’Europe. Giampaolo est alors à la tête de l’équipe. Or, les Rossazzurri n’enregistrent que cinq victoires sur la phase allée et entament 2011 avec trois points d’avance sur la zone rouge. A domicile, la défaite contre l’Inter et le nul face au Chievo coûtent la tête de Giampaolo.

Pulvirenti fait alors appel à Diego Simeone, 40 ans, qui après une victoire en tournoi de clôture avec River Plate, sort d’une saison moyenne avec San Lorenzo, où il a connu Gomez. Lorsqu’il débarque en Sicile, l’entraîneur argentin bénéficie de deux avantages : ayant joué sept saisons en Serie A, entre Pisa, l’Inter et la Lazio, il connaît bien le championnat et maîtrise l’italien. De plus, il arrive dans un effectif composé de treize Argentins, car au mercato hivernal, Bergessio et Schelotto rejoignent le 17ème de Serie A, pour compenser les départs de Barrientos et du meilleur buteur du club dans l’élite, Giuseppe Mascara.

Pas de révolution et une prise en main difficile

Aujourd’hui à l’Atletico depuis huit ans, Diego Simeone a pu façonner son équipe et développer ce que les spécialistes appellent le Cholismo, c’est-à-dire un bloc défensif très-bas, des contre-attaques ultra-rapides et une forte intensité tout au long du match.

Or, en débarquant en Sicile, avec un effectif déjà établi et dans un climat d’urgence, Simeone n’a pas le temps d’imprimer réellement sa patte. De plus, les résultats peinent à venir. Catania passe quatre matchs sans le moindre succès, en s’inclinant notamment contre Parma et le Milan AC. Le technicien argentin tente plusieurs schémas de jeu, passant d’un 4-3-1-2 contre Milan à un 4-2-3-1 contre Bologna. Au début, ‘’Papu’’ Gómez se retrouve en meneur de jeu, derrière l’attaquant ou les attaquants, dont Maxi Lopez, qui est le meilleur buteur de Catania à l’arrivée de Simeone avec six réalisations. Mais ensuite, il basculera sur l’aile gauche pour effectuer les allers-retours que son entraîneur lui demandera.

Au final, après les quatre premiers matchs d’El Cholo, les Rossazzurri ne possèdent plus qu’un point d’avance sur Brescia, premier relégable, soit deux de moins qu’au départ de Giampaolo.

Une fin de saison remarquable

Arrivé le 19 janvier, Simeone doit attendre le 13 février pour enregistrer son premier succès. Un succès précieux car le Catania Calcio affronte ce jour-là une autre équipe du bas de tableau : Lecce. Les Rossazzurri sont menés mais grâce à deux sublimes coup-francs de la patte gauche de Francesco Lodi, ils s’imposent (3-2) et prennent un peu d’air sur la zone rouge, en doublant le club des Pouilles.

Cette victoire lance une série de succès consécutifs à la maison. Après Lecce, le Genoa, la Sampdoria et surtout Palermo sont battus à l’Angelo Massimino. Sans Gomez, mais avec une triplette offensive Bergessio – Lopez – Ricchiuti, les Rossazzurri surclassent le voisin rosanero (4-0) dans le derby de Sicile. Loin de ses bases, Catania a du mal à engranger des points. Pourtant, après deux défaites, les coéquipiers du gardien Andujar décrochent deux nuls, à Bari et surtout contre la Juventus. Menés de deux buts à dix minutes du terme, Catania arrache un point précieux en marquant deux fois en fin de match, par Gomez et Lodi, deux hommes forts de Simeone.

La semaine suivante, il atteint son objectif. En s’imposant 2-0 contre Cagliari, ses joueurs assurent leur maintien à trois journées du terme. Silvestre et Bergessio marquent contre les Sardes et ce sont eux qui apportent aussi la seule victoire à l’extérieur de la saison le weekend suivant à Brescia (1-2). Les Siciliens finissent en beauté devant leurs tifosi face à la Roma, renversant encore la situation. Menés à la pause, les Rossazzurri obtiennent le scalp de la Louve quand au bout du temps additionnel, Papu Gomez trompe Doni (2-1).

La défaite anecdotique contre l’Inter en clôture de la Serie A ne gâche pas l’excellente deuxième partie de saison de Catania qui termine treizième, avec un total de 46 points. Il s’agit alors du record de points du club dans l’élite. Simeone a réussi à redonner confiance à ses joueurs en s’appuyant sur une colonne vertébrale solide autour d’Andujar, Silvestre, Ledesma, Lodi et Bergessio. Gomez a réussi rapidement à s’adapter aux attendus tactiques de la Serie A en partie grâce à Simeone.

Après ce maintien, Simeone a quitté la Sicile, a remporté la Liga, l’Europa League, a connu une finale de Champions League. Papu Gómez est lui devenu le capitaine de l’Atalanta et avec ses coéquipiers, ils ont surclassé Valence en pratiquant un jeu très différent de l’Atletico. Pendant ce temps, en Sicile, Catania végète en Serie C, la troisième division italienne et le temps de la colonie argentine lui paraît bien loin…

Ben Soffietti

Rédacteur



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