CALCIOSTORY : Manchester United – Milan AC 2010, le jour de la raclée

Par Killian Picaud publié le 18 Mar 2021
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Calciomio vous emmène au début de la décennie précédente, une ère où le Milan AC et Manchester United avait encore une carrure tout autre qu’aujourd’hui à l’heure où, ce soir, les deux équipes vont s’affronter pour le compte des huitièmes de finale de l’Europa League. A l’époque, aller en C3 était une anomalie pour ces deux équipes qui étaient des protagonistes récurrents de l’élite européenne. A eux deux, ils composent les trois dernières finales de C1 qui se sont jouées jusqu’alors. Seulement voilà, dans ce derby des Diables, nous avons les Diables Rouges au sommet de leur art, emmenés par Sir Alex Ferguson en train de devenir un mythe. Tandis que de l’autre côté, les Diables Rouges et Noirs commencent doucement à perdre de leur superbe, avec à leur tête un entraîneur dont la carrière n’égalera jamais, et de loin, son passé de joueur. Retour sur un fiasco européen des Rossoneri, face à des Mancuniens sans pitié.

Mission : remonter d’une défaite 3-2 à domicile

La qualification n’est déjà pas à portée de main. Lors du match aller, les Milanais se sont inclinés sur le score de 3-2, à San Siro et après s’être procurés les meilleures occasions. Le match retour s’annonce délicat, sachant qu’Alexandre Pato et Alessandro Nesta sont absents, et que la hiérarchie des gardiens venait d’être remodelée, avec Abbiati qui prend la place de titulaire de Dida. Huntelaar et Bonera remplace respectivement l’attaquant brésilien et le défenseur italien. Dès les premières minutes, Manchester est déjà d’attaque avec Nani qui se joue d’Ignazio Abate sur son côté gauche et provoque les premières frayeurs des Milanais. La première grosse occasion du match est pourtant pour le Milan. Sur un coup-franc lointain d’Andrea Pirlo, Ronaldinho reprend le ballon de la tête et manque de peu le cadre. Edwin van der Sar, les pieds cloués au sol, n’aurait rien pu faire. Mais avec une défense composée du duo Vidic-Ferdinand dans l’axe, et de Patrice Evra et Gary Neville sur les côtés, Manchester se montre très solide à l’arrière.

L’insatiable Wayne Rooney frappe encore

L’arrière droit anglais est d’ailleurs très remuant sur son côté. Ronnie ne fait pas les efforts défensifs et lui laisse le loisir d’avancer, tandis que Marek Jankulovski se trouve débordé entre les montées de l’Anglais et les courses de Park Ji-Sung. Neville profite alors des espaces qui lui sont offerts et offre un centre parfait à Wayne Rooney qui gagne son duel aérien contre Bonera et marque d’une superbe tête. Déjà 1-0 à la 13ème minute. Il faut maintenant marquer trois buts pour espérer une qualification côté milanais. Malheureusement, le jeu reste statique et personne n’offre de réelles propositions. Huntelaar reçoit un beau ballon dans la profondeur, se retrouve face à Van der Sar mais manque sa reprise et laisse le ballon filer. A part une magnifique ouverture de Pirlo pour Abate, on aura peu de choses à se mettre sous la dent. Le latéral milanais reprend tout de même bien le ballon et tente un centre mais Nani veille au grain.

On entre dans la deuxième mi-temps et Leonardo veut se montrer audacieux. Bonera sort et Clarence Seedorf, qui a fait une bonne entrée à l’aller, va jouer les 45 dernières minutes du match. C’est donc Ambrosini qui va reculer d’un cran en défense centrale. Et même pas une minute de jeu que la catastrophe s’abat sur les Milanais. Thiago Silva loupe complètement son contrôle sur une longue passe de Pirlo. Nani, opportuniste, prend le ballon et part en contre. Le Portugais lâche une magnifique passe de l’extérieur du pied droit pour Rooney qui trompe parfaitement Abbiati. Comme au match aller, Rooney y va de son doublé et les Red Devils exultent. Leonardo, quant à lui, est abattu sur son banc.

Le duo Ronaldinho-Seedorf, la lumière dans l’obscurité

Les joueurs milanais ne restent pas de marbre pour autant, ça joue d’ailleurs plutôt bien avec un Seedorf qui fait pas mal la différence dans l’entrejeu. En compagnie de Ronaldinho, les deux maestros font joujou avec le ballon et parviennent deux fois à amener le danger. Malheureusement, Borriello et Huntelaar sont trop justes à la finition. De son côté, Nani continue de s’amuser avec la défense adverse et rate de peu le 3-0 sur un centre-tir côté gauche, bien sauvé par Abbiati. Le Milan veut prendre le contrôle du match, joue tout pour l’attaque, mais un contre éclair mené par Valencia va les calmer. L’ailier colombien décale pour Scholes qui fait une passe lumineuse pour Park Ji-Sung. Le Coréen gagne son face-à-face contre Abbiati et met le but du 3-0 à l’heure de jeu.

Pour les Milanais, les espoirs sont maintenant complètement éteints. L’entrée de David Beckham fera plus de bien au public mancunien qui ne manque pas de lui faire une standing ovation, plutôt qu’à ses propres coéquipiers. Le jeu se liquéfie, les adversaires attaquent comme ils veulent et des fautes sont commises par simple frustration. Leonardo envoie Inzaghi au casse-pipe. Entre quelques chants de haine du public envers la famille Glazer, Darren Fletcher, complètement oublié par la défense, met le quatrième but de la tête, sur un centre spontané de Rafael.

Si le match aller était très disputé voire à l’avantage des Milanais malgré la défaite, le retour aura été vraiment cuisant pour Leonardo et ses troupes. Des légendes sur le déclin, des jeunes qui n’ont pas assuré et un coach pas à la hauteur… Cette fin de campagne européenne laissait déjà présager un avenir assez trouble au Milan AC.

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Killian Picaud



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