CALCIOSTORY : Manchester United-AS Roma : une soirée dans le théâtre des cauchemars

Par Ben Soffietti publié le 30 Mai 2020

Mythique stade anglais et antre de Manchester United, Old Trafford, est souvent appelé le Théâtre des Rêves. En effet, les Red Devils ont souvent fait passer de magnifiques soirées aux 75 000 spectateurs qui s’y massent régulièrement. Et ils sont tout autant nombreux ce 10 avril 2007 à admirer le potentiel offensif des leurs joueurs favoris. Face à eux, se présente l’AS Roma, solide vainqueur du match aller (2-1). Mais la Louve va vivre une soirée traumatisante, une des pires de son histoire, transformant l’arène de Manchester en théâtre des cauchemars. Calciomio vous amène dans l’enfer d’Old Trafford.

Qualification en poche et victoire de prestige

Cinquième de Serie A, la saison précédente, l’AS Roma se retrouve miraculeusement en Champions League suite à l’affaire du Calciopoli. Une aubaine pour le club de la Capitale qui en profite pour sortir second du groupe D, derrière Valencia. Les hommes de Luciano Spalletti vivent une belle première partie de saison. En effet, même si l’Inter caracole en tête du championnat et que la Lazio a giflé la Roma dans le derby (3-0), la Louve est solidement ancrée à la seconde place de la Serie A et elle a le plaisir de continuer son aventure européenne. Une aventure prolongée après la qualification obtenue contre l’Olympique lyonnais (0-0 / 0-2). Pourtant, les Giallorossi ne partaient pas favoris contre des Gones qui restaient sur trois qualifications consécutives à ce stade de la compétition. À Gerland, Totti puis Mancini envoient la Roma en quart de finale, une première depuis la saison 1983-1984 et la finale perdue contre Liverpool.

Au programme, ce sera un autre club du nord de l’Angleterre : Manchester United, vainqueur de la Champions League en 1999, qui est venu à bout de Lille au tour précédent sans réellement briller. La Roma ne part pas favorite, mais elle réalise un très bon match aller. Dans un 4-5-1 solide, les Giallorossi profitent de l’expulsion de Scholes en première période pour s’imposer (2-1). Mancini, comme contre Lyon, est dans tous les bons coups : il centre pour Taddei qui ouvre le score, puis la lourde frappe de l’ailier brésilien oblige Van der Sar à renvoyer le cuir plein axe où Vucinic, tout juste sorti du banc, peut le fusiller, pour redonner aux siens l’avantage après le but mancunien de Rooney.

Vingt minutes en enfer

L’équipe de Spalletti s’envole pour l’Angleterre et se prépare à défendre ce but d’avance. Le mister ne change pas sa défense, autour de Méxès et d’un Chivu masqué suite à sa mésaventure avec Fred au tour précédent, mais les absences de Perrotta et Taddei l’obligent à opérer quelques modifications. Pizarro remplace le champion du monde et devant Vucinic est titularisé, soutenu par une ligne de trois, Wilhemsson-Totti-Mancini. En face, Sir Alex Ferguson s’appuie sur ses deux jeunes étoiles, Rooney et Ronaldo et sur l’expérience des grandes soirées de Giggs.

Devant conserver son but d’avance, la Roma commence dès le début du match à jouer très bas. Et ce choix s’avère vite désastreux. Si les passements de jambes ont fait briller Mancini contre Lyon, cette fois-ci, c’est Ronaldo qui initie une action avec ce geste technique, pour trouver ensuite Carrick plein axe, qui intelligemment, lobe un Doni trop avancé. 1-0, puis 2-0 au terme d’une action d’école, tout à une touche de balle et Smith double la mise. La Roma est totalement désorganisée et les Red Devils profitent des boulevards pour inscrire un troisième but. Le match n’a commencé que depuis 19 minutes…

Un long calvaire

Avant de rentrer aux vestiaires, Ronaldo ajoute un quatrième but. Les Romains sont totalement désorganisés, ils se jettent innocemment dans les duels et se font éliminer comme des plots sur un terrain d’entrainement. Sur les trois derniers buts des Red devils, les actions sont parties du camp de Manchester et quelques passes verticales ont suffi à renverser le bloc giallorosso.

Spalletti est en panne d’idée. Sur son banc, à l’exception de Matteo Ferrari, il n’y a que des joueurs qui ont 21 ans ou moins. Donc, il ne fait aucun ajustement à la pause et tente de ressaisir ses hommes pour stopper l’hémorragie et préserver un semblant d’honneur.

Sauf que ce discours est insignifiant devant la furie offensive des locaux. Juste après la pause, Ryan Giggs délivre son quatrième caviar de la soirée pour Ronaldo qui n’a plus qu’à pousser le cuir au fond des filets. 5-0 et il reste 40 minutes à jouer. Ferguson en profite pour faire tourner, ce qui ne déstabilise pas son équipe qui ajoute un sixième but par Carrick. Déjà très inspiré sur l’ouverture du score, le milieu britannique a toute la tranquillité imaginable pour envoyer une frappe depuis l’extérieur de la surface qui file dans la lucarne d’un Doni totalement abandonné.

Une mince éclaircie viendra pour la Louve via ses deux enfants, avec un centre de Totti pour un but inutile, mais néanmoins joli, signé De Rossi d’une reprise du droit. Toutefois, le calvaire n’est pas terminé car même Patrice Evra participe à la fête … La Roma a encaissé sept buts. Spalletti fait une sorte de cadeau empoisonné aux jeunes Faty, Okaka et Rosi en les faisant rentrer en fin de match.

Dès le premier but de Carrick, l’AS Roma a vacillé et paniqué. Les qualités défensives démontrées à Gerland ont volé en éclat et jamais la Roma n’aura été capable de stopper les velléités offensives des Red devils. L’accumulation de petites erreurs individuelles n’aura fait qu’accélérer la déroute qui était la plus lourde défaite de l’histoire de la Roma en Champions League, jusqu’à ce que le Bayern vienne aussi inscrire sept buts au stadio Olimpico en 2014…

Ben Soffietti

Rédacteur



Lire aussi