CALCIOSTORY : L’Italie à la World Cup 94

Par Hugo Ledroit publié le 20 Nov 2018

En marge de la rencontre amicale face aux Etats-Unis de ce soir, Calciomio vous emmène à faire un retour 24 ans en arrière pour revivre le parcours de la Nazionale lors de la World Cup 94 au pays de l’oncle Sam…Nostalgie et frissons garantis !

Des débuts compliqués

Après avoir échoué à qualifier la Nazionale pour l’Euro 92, Arrigo Sacchi réussi à emmener l’Italie à la World Cup 94 en terminant premier d’un groupe de qualification comprenant notamment le Portugal et la Suisse deux nations émergeantes du football mondial à l’époque. Néanmoins malgré cette qualification en Coupe du monde, la Nazionale connaît certaines tensions internes notamment entre Sacchi et sa star Roberto Baggio fraîchement élu ballon d’or 93. L’Italie se retrouve alors dans le groupe E qui est composé de l’Irlande, de la Norvège et du Mexique. Les frictions débutent lors du premier match contre l’Irlande qui se soldera par une défaite (0-1). En effet à la 21ème minute de jeu, Gianluca Pagliuca est expulsé et Sacchi doit alors faire un choix crucial en sortant le numéro 10 de la Juventus qui déclarera après : « Dans les mêmes conditions est-ce que Maradona serait sorti, lui ? ». Ambiance… Le match d’après contre la Norvège s’annonce décisif pour la Squadra Azzurra. Le sélectionneur italien décide alors d’écarter Baggio pour ce deuxième match de poule. La rencontre semble indécise et l’on se dirige alors vers un 0-0 qui n’arrange pas les affaires de la Nazionale vient se rajouter à cela la blessure de Franco Baresi qui doit sortir à la 49ème minute. C’est alors que les italiens obtiennent un coup franc excentré à la 69ème minute de jeu. Giuseppe Signori se charge de le frapper et trouve Dino Baggio qui d’une tête trompe le gardien norvégien et inscrit ainsi le but de la victoire. L’Italie engrange de la confiance avant d’affronter le Mexique emmené par un Hugo Sanchez en fin de carrière. La première mi-temps se solde par un score nul et vierge mais deux minutes après le début de la seconde période, Demetrio Albertini effectue une ouverture splendide pour Daniele Massaro qui contrôle le ballon de la poitrine avant de le reprendre d’une demi-volée de grande classe et ouvre la marque pour la Nazionale. Malheureusement 9 minutes plus tard, Giuseppe Signori, héros face à la Norvège, loupe son tacle face à Marcelino Bernal qui prend la ballon et décroche une frappe croisée imparable qui trompe Luca Marchegiani. Résultat final 1-1 et scénario improbable pour le classement final de ce groupe avec les quatre équipes qui finissent la phase de poule avec quatre points dont trois l’Irlande, l’Italie et la Norvège qui finissent avec la même différence de buts ! Malgré cela l’Italie termine troisième devant la Norvège grâce à la confrontation directe et se trouve même parmi les meilleurs troisièmes de la phase poule synonyme de qualification pour les 8ème de finale.

La via ferrata vers le Rose Bowl de Pasadena

La Squadra Azzurra se retrouve donc face au Nigeria qui est arrivé premier de son groupe devant l’Argentine. La rencontre s’annonce encore une fois compliquée pour les italiens. Le match a lieu sous une chaleur étouffante en plein après-midi à Foxborough et cela démarre plutôt mal pour la Nazionale puisqu’à la 25ème minute suite à un corner nigérian, Paolo Maldini surpris par un rebond ne peut dégager la balle qui arrive sur Amunike qui n’a plus qu’à tromper Marchiegiani et ouvre la marque pour le Nigeria. Les hommes d’Arrigo Sacchi sont mis en difficulté et la situation s’aggrave encore plus à la 75ème minute de jeu lorsque Gianfranco Zola suite à un penalty non sifflé s’en prend au défenseur nigérian…L’arbitre sort le rouge et l’Italie se retrouve à 10 contre 11 et menée à 15 du terme de la rencontre. Mais à deux minutes de la fin du temps réglementaire, Alessandro Costacurta tente une percée sur le côté droit et transmet la balle à Roberto Baggio qui, d’une frappe croisée à l’entrée des 18 mètres, égalise et permet d’accrocher la prolongation. Le magicien de la Juventus, jusqu’à présent transparent dans cette World Cup, ne va pas s’arrêter là. En effet, au bout de la dixième minute de la prolongation, Antonio Benarrivo obtient un penalty que transforme Baggio. Victoire finale 2-1 pour la Nazionale qui retrouvera l’Espagne dans le même stade en 1/4 de finale. Le match débute parfaitement pour l’Italie lorsque dès la 25ème minute Roberto Donadoni trouve en retrait Dino Baggio qui décroche une frappe pleine lucarne et ouvre le score pour la Squadra Azzurra. Malgré l’égalisation de José Caminero à la 58ème minute Roberto Baggio, sur une passe lobée de Giuseppe Signori ,dribble Zubizarreta et marque le but du 2-1 synonyme de qualification pour le dernier carré de la compétition américaine. Prochain rendez-vous la Bulgarie du futur ballon d’or 94 Hristo Stoichkov qui est la grosse surprise de ce tournoi. Les italiens jouent presque à domicile puisque la 1/2 finale a lieu à New-York où se trouve une très forte communauté italienne. Le show Roberto Baggio débute à la 20ème minute lorsque le numéro 10 à l’interception d’une touche sur le côté gauche dribble toute la défense bulgare et frappe à l’entrée de la surface pour marquer le but du 1-0. Cinq minutes plus tard, Benarrivo trouve Albertini qui d’une passe lobée atteint Baggio celui-ci décroche une demi-volée croisée. L’Italie mène 2-0 et malgré un penalty transformé par l’inévitable Stoichkov, va en finale de la Coupe du monde et s’apprête à affronter le Brésil…

Roberto Baggio, le héros maudit

Italie-Brésil, une finale de rêve avec des stars des deux côtés et six titres mondiaux réunis au Rose Bowl de Pasadena. On ne pouvait espérer mieux pour les Etats-Unis qui voulaient « convertir » sa population au soccer par l’intermédiaire de l’organisation de cette Coupe du monde. L’homme qui a amené l’Italie au sommet se nomme Roberto Baggio. Auteur de cinq buts, la star turinoise s’apprête à disputer sa première finale de Coupe du monde avec l’idée en tête de décrocher la quatrième étoile de l’Italie. Une destinée à la Paolo Rossi 12 ans après l’épopée des hommes d’Enzo Bearzot ? L’Italie en rêve mais en face se retrouve le Brésil qui n’a plus rien à avoir avec le légendaire Brésil des Pelé, Garrincha et Tostao. Ce Brésil made in Europe se présente avec comme homme fort son capitaine Dunga et il est emmené en attaque par le duo Bebeto-Romario. Côté italien Franco Baresi fait son grand retour après sa blessure contractée au début du mondial. Il ne se passe pas grand chose lors des 90 minutes du temps réglementaire si ce n’est une frappe anodine de Mauro Silva relâchée par Pagliuca sur le poteau. On se dirige alors vers la prolongation où le match va s’emballer puisque Roberto Baggio va tenter une frappe lointaine repoussée d’une claquette par Caludio Taffarel. Les hommes d’Arrigo Sacchi tremblent lorsque Romario rate un but tout fait en taclant le ballon sur un centre à ras de terre de Cafu. Les deux géants du football mondial n’arrivent pas à se départager en 120 minutes, on va alors assister à la première finale de Coupe du monde se jouant aux tirs aux buts. En bon capitaine Franco Baresi s’élance en premier et rate complètement son tir par chance Marcio Santos rate lui aussi sa tentative. Côté italien Albertini et Evani réussiront leur tir de même côté brésilien pour Romario et Branco. Malheureusement Daniele Massaro rate sa tentative et Dunga la transforme, Roberto Baggio est alors obligé de marquer pour faire encore espérer toute la péninsule italienne. Le héros italien s’élance…et loupe sa frappe qui s’envole dans le ciel de Los Angeles… Le Brésil est champion du monde pour la quatrième fois de son histoire. L’ange Roberto Baggio redescend sur Terre à l’instar de toute la Nazionale qui a longtemps cru au rêve américain…

 

 

Hugo Ledroit



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