CALCIOSTORY : les années lyonnaises de Fabio Grosso

Par Ben Soffietti publié le 17 Mar 2020

Alors que l’opposition entre la Juventus et Lyon a été reportée à une date inconnue, Calciomio revient sur le passage de Fabio Grosso à l’OL, club qu’il a connu avant … la Juventus.

Durant ses belles années, l’Olympique Lyonnais est devenu un club important sur la scène européenne. Dans ce contexte, le club rhodanien a accueilli plusieurs joueurs étrangers, parmi lesquels le champion du monde Fabio Grosso. Ce visage, quasiment inconnu du grand public avant le Mondial 2006, s’est véritablement fait connaître grâce au parcours de la Squadra Azzurra en Allemagne. Buteur en demi-finale, puis auteur du tir au but vainqueur lors de la finale face à la France, la joie de Grosso est restée dans les mémoires de tous ceux qui suivent la Nazionale. Un an plus tard, l’OL le fait venir en Ligue 1.

Un champion du monde à l’Olympique lyonnais

Durant la saison post-Coupe du Monde 2006, l’OL se fait surprendre en Champions League par l’AS Roma et les passements de jambes de Mancini. Mais dans le même temps, les Gones survolent la Ligue 1 en écrasant la concurrence, attirant le regard de nombreux clubs européens. Lyon perd plusieurs cadres à l’été 2007, parmi lesquels Eric Abidal, qui quitte le Rhône pour rejoindre Barcelone. Pour le remplacer, Jean-Michel Aulas se tourne vers l’Italie.

Joueur de Palermo lorsqu’il a soulevé la Coupe du Monde, Fabio Grosso évolue depuis à l’Inter. Malgré un Scudetto avec les Nerazzurri, il ne s’impose pas sous les ordres de Roberto Mancini, ne disputant que 23 matchs de Serie A, à cause de la concurrence avec Maxwell. Alors qu’il approche des 30 ans, le natif de Rome accepte de rejoindre la France et s’engage avec l’OL. L’Inter récupère une indemnité de 7,5 millions d’euros.

Une mise en route difficile…

Grosso débarque dans un club qui vient de remporter les six dernières Ligue 1, mais qui démarre un nouveau cycle. Alain Perrin succède à Houiller et dispose d’un effectif renouvelé avec Keita, Bodmer et Grosso : il choisit le numéro onze qu’il portait déjà à Perugia, Palermo puis à l’Inter.

Remplaçant pour sa première échéance lors du Trophée des Champions face à Sochaux, le latéral gauche entre en jeu à la fin du match (2-1), remportant son premier titre. Il devient ainsi le premier joueur italien de l’histoire de l’OL. Une semaine plus tard, Grosso débute en Ligue 1 contre Auxerre (2-0) : il ne quittera quasiment plus son couloir gauche, écrasant totalement la concurrence de Nadir Belhadj, qui partira au mercato hivernal.

Toutefois, l’équipe manque de repères et de cadres après les longues blessures de Cris et de Coupet. Grosso met donc plusieurs semaines à s’intégrer au groupe, même s’il fait rapidement l’effort d’apprendre la langue de Molière.

Le début de saison est compliqué, tant en Ligue 1 qu’en Europe, où les Lyonnais sont balayés deux fois de suite par Barcelone (3-0) et par les Glasgow Rangers (0-3). Sur le banc contre les Catalans, l’Italien prend en revanche part à la claque encaissée à Gerland. Les prestations de Grosso sont pointées du doigt, le défenseur n’arrivant pas à afficher le visage qu’on lui connaît en Nazionale.

…Pour une saison pleine de succès

A l’image de son équipe, Grosso démarre véritablement sa saison à l’approche de l’hiver. Lyon termine champion d’automne et se qualifie pour les huitièmes de finale de Champions League en allant s’imposer à Glasgow dans une finale pour la deuxième place (0-3). Grosso livre une prestation solide et brille avec une ouverture sublime à destination de Benzema sur le deuxième but. Son jeu long deviendra une arme du jeu lyonnais.

Lyon connaît un nouvel échec dès les huitièmes de finale de la Champions League contre Manchester United (1-1 puis 0-1), où Grosso contient difficilement le déjà redoutable Cristiano Ronaldo. Malgré cette élimination prématurée, les Gones écrivent une nouvelle ligne de leur histoire en réalisant un doublé Ligue 1-Coupe de France inédit, en battant le PSG au stade de France (1-0 a.p). Pour sa première saison en France, l’international italien est indiscutable, rafle trois trophées, soit autant que depuis le début de sa carrière (un Scudetto et une SuperCoppa avec l’Inter, une Serie B avec Palermo), jouant au passage 43 matchs et inscrivant un but de la tête contre Strasbourg. Une saison pleine pour le Champion du monde.

Une saison difficile avant le retour en Italie

Grosso prend part à trois des quatre matchs de la Nazionale à l’Euro 2008 avant de rentrer à Lyon où sa saison sera décevante. L’ancien nerazzurro, comme Govou et Cris, rate son tir aux buts, qui offre le Trophée des Champions à Bordeaux. Les Girondins mettent également fin au règne de Lyon en championnat.

Grosso n’est pas indiscutable aux yeux du nouvel entraîneur Claude Puel et connaît de petites blessures, notamment en début de saison où il rate le match contre le Bayern. Il ne dispute que 22 parties en championnat mais joue six des huit matchs européens. Il connaît d’ailleurs un retour triomphal en Italie : l’OL surprend la Fiorentina pour aller en huitièmes (1-2). En revanche, comme l’année précédente, l’Italien, comme ses coéquipiers, ne résiste pas devant le futur vainqueur de l’épreuve, Barcelone, qui passe six buts aux Lyonnais en deux rencontres.

La chute est difficile pour l’OL qui finit troisième en championnat. Malgré une saison moyenne, Grosso reçoit une offre venue de la Juventus, deuxième de Serie A. Il rejoint les Bianconeri qui finalisent l’arrivée d’un autre champion du monde, Fabio Cannavaro.

Après deux saisons en France, le bilan de Grosso est globalement positif, au regard des titres remportés. Cependant, son niveau de jeu aura manqué de régularité, parfois décevant, suscitant même des critiques dans la presse sportive française. Mais quoi qu’il en soit, l’histoire de Fabio Grosso s’est écrite en Juillet 2006, et cela, personne n’est prêt à l’oublier.

Ben Soffietti

Rédacteur



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