CALCIOSTORY : Le jour où Ronaldinho a débarqué au Milan AC

Par Ben Soffietti publié le 04 Août 2021
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Chaque été, alors que les championnats sont arrêtés et que les équipes reprennent le chemin des terrains d’entraînement ou partent en stage, le mercato anime les unes de la presse sportive italienne. Des officialisations aux rumeurs les plus folles, le marché des transferts occupe une large partie des nouvelles parues dans les quotidiens. Si actuellement, le marché semble plutôt calme en Serie A, il y a treize ans, le Milan AC signé un superbe coup en enrôlant le ballon d’or 2005, Ronaldinho. Calciomio revient sur cette arrivée en fanfare en Lombardie.

Dans une impasse en Catalogne

Déjà talentueux et champion du monde lorsqu’il évolue au Paris Saint Germain, Ronaldinho explose aux yeux du monde au moment où il rejoint le FC Barcelone de Frank Rijkaard. Il passe cinq ans en Catalogne, remporte deux Liga et surtout, il soulève la Champions League, titre que les Blaugranas n’avaient plus remporté depuis 1992. Il est décisif tout au long du parcours victorieux du Barça avec sept buts et également une sublime passe décisive pour Giuly, en demi-finale, contre le Milan AC : il reçoit logiquement le ballon d’or et sa clause de départ est fixé à 125 millions d’euros par le club catalan. Après une nouvelle saison réussie avec 21 buts en Liga, Ronaldinho est rattrapé par ses vieux démons, qui avaient précédemment entaché son aventure en France. Pourtant trois fois capitaine en début de saison, Ronnie est critiqué pour son rendement en baisse : celui-ci s’explique par des sorties nocturnes répétées et une hygiène de vie qui se dégrade. Cela ne passe pas auprès de Rijkaard et tandis que le Brésilien s’enlise dans une spirale négative, le jeune Messi porte le FC Barcelone sur ses frêles épaules. Plusieurs fois écarté du groupe, puis blessé, Ronaldinho finit son aventure en Catalogne sur une blessure longue de deux mois, le privant de toute la fin de saison. En méforme physique, les médecins du club le déclarent même inapte à la pratique du football.

Un monument en quête de renouveau

Après trois finales de Champions League en l’espace de cinq éditions, dont deux victorieuses en 2003 et 2007, le Milan AC manque la qualification pour participer à la plus prestigieuse compétition européenne à l’issue de la saison 2007-2008. Si les champions du monde Pirlo, Gattuso, Inzaghi, complétés de l’éternel Seedorf et du magistral Kaka’ avaient porté l’équipe jusqu’au sacre d’Athènes face à Liverpool, la saison d’après, les Rossoneri terminent cinquième de Serie A, à 21 points du rival interiste, qui remporte le Scudetto. Après les départs à la retraite de Cafu et Serginho, la fin de contrat de Ronaldo et la vente de Gilardino, le duo Berlusconi-Galliani cherche à donner un nouveau souffle à l’équipe. Les arrivées de Zambrotta et Flamini n’emballent pas les tifosi qui espèrent un gros coup.

Ce capolavoro de la direction arrive finalement le 15 juillet 2008. Après plusieurs semaines de tractations et des contacts avancées entamés depuis le printemps, l’arrivée de Ronaldinho au Milan AC est officialisée par la presse italienne et catalane. Au micro de la Sky, Berlusconi confirme : « il est des nôtres, il sera demain à Milan« . Le transfert est estimé à 22,5 millions d’euros.

Un accueil triomphal

Malgré une dernière année décevante en Espagne, Ronaldinho possède une énorme côte de popularité en Italie si bien qu’après l’officialisation de sa venue, le Milan AC voit le nombre d’abonnés pour la saison à venir grimper en flèche. 3000 abonnements sont vendus en moins d’une heure. Le lendemain, ils sont même 4000 devant Milanello pour réserver un magnifique accueil à leur nouveau joueur, si bien que deux voitures de carabiniers sont nécessaires pour arriver à destination. Le 17 juillet, 30 000 personnes se massent dans les gradins de San Siro pour la présentation en grandes pompes du Brésilien, étonné de voir tant de monde : « Je ne m’attendais pas à tant d’affection, c’est très émouvant, je suis tellement heureux. »

Ce transfert est une bénédiction pour Carlo Ancelotti, très heureux d’accueillir un joueur de ce calibre dans son effectif : « Ronaldinho apporte énormément d’enthousiasme et justement, l’enthousiasme est un élément essentiel pour commencer au mieux la saison. » En effet, avec Kaka’ et le jeune Pato arrivé l’hiver précédent, le mister possède des éléments offensifs de qualité et peut se mettre à rêver de titre. En tout cas, les objectifs sont clairs pour la direction puisqu’au lendemain de la signature de Ronnie, Galliani affiche les belles ambitions d’Il Diavolo : « L’objectif principal est le Scudetto, mais nous aimerions beaucoup aussi l’Europa League, nous ne l’avons jamais gagné« . Un Milan AC ambitieux qui n’a pas terminé de faire plaisir à ses tifosi en rapatriant de Chelsea un autre ancien ballon d’or, Andrei Shevchenko, légende du club entre 1999 et 2006.

Avec cette équipe armée jusqu’aux dents, les Rossoneri vivront toutefois une saison décevante. Sheva ne marquera pas le moindre but en Serie A, l’équipe sera éliminée par le Werder Brême en seizième de finale d’Europa League, elle terminera à dix points de l’Inter. Malgré des performances irrégulières, Ronaldinho sera redevenu un joueur de football durant cette saison. Une passe décisive pour son premier match, un but salvateur pour son premier derby della Madonnina, 36 matchs toutes compétitions confondues. L’année suivante, de retour au plus haut niveau, il éclaboussera la Serie A de sa technique et remportera au passage le titre de joueur de la décennie décerné par le magazine World Soccer. Malheureusement, l’arrivée du pragmatique Allegri remettra totalement en cause la place de Ronnie qui quittera le club à la mi-saison, ne participant pas au 18ème Scudetto d’Il Diavolo.

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Ben Soffietti

Rédacteur



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