CALCIOSTORY : Le jour où Buffon a complètement écoeuré l’Olympique lyonnais !

Par Boris Abbate publié le 26 Fév 2020
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Il y a pratiquement 4 ans, après deux bourdes spectaculaires lâchées en l’espace de quelques rencontres, dont une monumentale contre l’Espagne avec la Nazionale, Gianluigi Buffon était critiqué de toutes parts et prenait alors le chemin d’une bien triste fin de carrière… Et puis, un soir de Champions League, Gigi a posé ses valises à Lyon. La veille du match, il a visité la ville en toute sérénité, et s’est préparé comme à son habitude pour la rencontre. Le grand soir enfin venu, Gigi a alors subitement retrouvé son talent.

L’Italien le plus classe de la planète a tout d’abord étalé son mètre 92 sur la fraiche pelouse du Parc OL pour stopper un pénalty de Lacazette, puis il a récidivé à deux reprises, en signant deux arrêts réflexes tout simplement hallucinants. Oui, ce jour là, Gigi Buffon a surement réalisé l’un des plus beaux matchs de sa carrière. Pour clouer le bec à tous ses détracteurs, pour renvoyer toutes les infamies qu’il avait reçu sur une autre galaxie, et, surtout, pour prouver qu’il était et qu’il resterait encore le gardien numéro 1, pour les décennies et les décennies à venir !

Une erreur incroyable contre la Roja, puis une grossière faute de main face à l’Udinese

Tout commence le 6 octobre 2016. Nous sommes alors dans un Juventus Stadium plein à craquer, fabuleux lieu de cet Italie-Espagne qui rentre dans le cadre des qualifications pour la Coupe du Monde 2018. Dans un groupe compliqué (celui qui enverra l’Italie dans ces dramatiques barrages contre la Suède…), la Nazionale doit alors obligatoirement gagner pour espérer terminer première du groupe. Seulement, le match devient rapidement difficile. Les Espagnols ne lâchent pas le ballon, multiplient les passes et les Italiens n’ont alors pas une miette offensive à se mettre sous la dent. Et puis arrive l’improbable. Sur un ballon en profondeur vraiment anodin, Buffon tergiverse et sort comme un forcené hors de sa surface. On se dit alors que Gigi a bien lu la trajectoire et qu’il va violemment botter ce ballon en touche. Mais rien ne se passe comme prévu. Le beau Gigi tacle, mais rate lamentablement le ballon. Et derrière, Vitolo n’en demande pas autant pour ouvrir le score…

Après cette énorme « papera », comme on aime bien dire en Italie, Buffon reçoit alors des tonnes et des tonnes de critiques. Et sa place de titulaire en sélection devient rapidement remise en question. Heureusement pour lui, le week-end suivant, il est de retour sur le terrain avec la Juventus. L’occasion rêvée pour effacer rapidement cette bévue. Mais malheureusement, dans un Juve-Udinese de la 8ème journée de Serie A, l’ancien prodige de Parma commet une autre boulette. Sur une frappe là aussi anodine de Jankto, Gigi se troue une nouvelle fois, laisse passer le ballon sous ses mains, et la balle finit au fond des filets… Buffon fait alors les gros yeux, Chiellini et Dybala baissent la tête, et tout l’ensemble du Juventus Stadium assiste à la deuxième bourde du portier italien en l’espace d’une semaine. Gigi Buffon a alors bientôt 38 balais, un contrat qui arrive à sa fin, et tout le monde pense bien assister à la fin de la chevauchée exceptionnelle du gardien bianconero, avec une fin de carrière quasiment certaine.

L’un des plus beaux matchs de la carrière de Buffon

Arrive alors ce fameux Lyon-Juventus en Champions League. En Italie, on a passé la semaine entière à enterrer Gigi et à lui trouver un remplaçant aussi bien à la Juve qu’en Nazionale. Mais cette soirée doit obligatoirement être celle de Buffon. Il y a comme un parfum familier qui plane au dessus du Parc OL. Ce parfum qui rappelle les grands matchs et qui évoque les grandes performances du passé. Et ce parfum là, Gigi l’a bien évidemment senti pendant l’échauffement. Visiblement affecté par les critiques, avec sa barbe négligée de trois jours et ses rides marquées sur le visage, l’Italien va ainsi réaliser un match incroyable. Dans une rencontre où la Juve est en difficulté et rapidement réduite à 10, Buffon va alors endosser son costume de sauveur préféré. En première temps, il stoppe tout d’abord parfaitement un péno de Lacazette. Puis en deuxième, il sort deux arrêts de dingues, face à Fekir et Tolisso. Le premier est une gargantuesque manchette sur un tir dévié à la dernière seconde, tandis que le deuxième est un subtil récital de placements et de réflexes. Les supporters lyonnais sont abasourdis, et Fekir lève alors les yeux au ciel comme pour trouver une aide divine. Mais ce soir-là, le divin était surement coté italien.

« Ils peuvent organiser mes funérailles s’ils le veulent, mais il n’y aura personne là-bas »

« Les parades de Buffon sont les tournants du match » acquiescera alors l’entraineur des gones à la fin de la rencontre. Car oui, Buffon a au final sauvé la Juventus a lui tout seul, et au passage fait taire toutes les récentes critiques ! « Après ses erreurs il n’avait pas besoin d’être défendu par qui que ce soit, il est tout simplement différent des autres » poursuivra face à la presse Genesio. Buffon, quant à lui, dans la foulée de ses exploits, en profitera pour rappeler au monde entier qu’il était et qu’il serait toujours au niveau : « Beaucoup de choses stupides ont été dites, mais je fais moi-même mon autocritique et je suis très sévère, je n’ai pas besoin des critiques des autres. Après, ils peuvent organiser mes funérailles s’ils le veulent, mais il n’y aura personne là-bas ! ». Une bonne manière de remettre les points sur les « i » et de rappeler à tous à ce moment précis, qui est le numéro 1 ! Eternel Gigi !

Boris Abbate

Rédacteur



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