CALCIOSTORY : L’Atalanta version Coupe UEFA

Par Nicolas Segura publié le 30 Mar 2020

Ces dernières saisons, l’Atalanta vit une période de rêve. Les épopées européennes se multiplient, il y a bien longtemps que le club n’avait pas vécu cela. Il y a trente ans, après avoir disputé une demi-finale de Coupe des Coupes, la Dea parvient à se qualifier pour les éditions 1990 et 1991 de la Coupe UEFA. À la suite d’une saison 1988-1989 terminée à la sixième place, l’équipe s’offre une place en C3. Un an auparavant, elle évoluait en Serie B. Calciomio vous emmène à l’autre époque dorée du club bergamasque.

1989-1990 : la Dea ne fait pas long feu

Après la C2, c’est désormais la C3 qui attend l’Atalanta. Amenée par Strömberg, Caniggia ou encore Evair, c’est l’une des bonnes surprises de la saison d’avant. Emiliano Mondonico est la tête de cette équipe depuis 1987. C’est lui qui a fait remonter l’équipe et qui a emmené l’Atalanta en demi-finale de Coupe des Coupes. Bonne nouvelle, il conserve tous ses hommes forts. Parmi eux, Glenn Strömberg, le capitaine, qui a tout vécu avec la Dea, de la Serie B aux rencontres européennes. En ce mois de septembre de l’année 1989, les Soviétiques du Spartak Moscou se dressent sur la route des Lombards au premier tour. Au match aller, à Bergame, les deux équipes se séparent sur un match nul et vierge.

Tout reste donc à faire. Au stade Central Lénine (aujourd’hui Loujniki), le match retour se passe mal pour l’Atalanta. Fedor Cherenkov marque en première mi-temps et permet au Spartak de mener. Pendant une bonne partie du match, le score est de 1-0 pour les locaux. La Dea garde un espoir de qualification. Si elle marque, le club se qualifie. Mais en fin de match, le Spartak fait le break par l’intermédiaire de Sergey Radionov. Les espoirs s’envolent. Comme un symbole, le capitaine Glenn Strömberg est expulsé en même temps qu’un joueur adverse – Viktor Pasulko – pour des gestes d’humeur. Les Bergamasques sont éliminés prématurément. Mais, grâce à une septième place obtenue en Serie A, elle se qualifie pour la prochaine édition. Le club pleure la mort de son président Cesare Bortolotti au mois de juin 1990. Il décède à seulement 39 ans lors d’un accident de la route. Les Bortolotti cèdent la présidence à Antonio Percassi (déjà lui !) avant la saison 1990-1991).

1990-1991 : une belle épopée

Si cette saison de championnat est moyenne (dixième place), c’est surtout le parcours en Europe qui attire l’oeil. Ce n’est plus Mondonico sur le banc. Bruno Giorgi a pris sa place en tant qu’entraîneur. Au premier tour, l’Atalanta rencontre le Dinamo Zagreb. Au match aller, la Dea joue sans Evair ni Strömberg. La rencontre, assez terne et marquée par des affrontements entre les ultras, se termine sur un nul 0-0. Aucun club ne sort vainqueur du match retour en Yougoslavie. Finalement, Evair délivre les Bergamasques sur un pénalty à l’heure de jeu. Score final : 1-1. Ils décrochent une qualification grâce à ce but marqué à l’extérieur.

Au prochain tour, le club devra affronter Galatasaray. La double-confrontation tourne totalement à l’avantage de l’Atalanta qui, dès le match aller, prend une option avec une victoire 1-0 à l’extérieur. Au retour, c’est une véritable fessée pour les Turcs, submergés 4-1. C’est la première fois que la Dea inscrit quatre buts dans une compétition européenne. Cologne est la prochaine victime des Lombards. Lors du match aller en Rhénanie, les Allemands dominent une bonne partie du match. Mais les visiteurs réussissent à ramener un nul. À Bergame, Eligio Nicolini délivre ses coéquipiers. Voilà l’Atalanta en quarts de finales, où elle affrontera les voisins nerazzuri : l’Inter. Comme souvent avec la Dea lors de cette édition, les deux équipes n’arrivent pas à se départager lors du match aller. Mais à San Siro, l’Inter met un terme à l’épopée de l’Atalanta. Elle n’aura pas réussi à créer la surprise face à la troupe de Trapattoni, qui remportera le titre. Cette édition 1990-1991 aura souri aux clubs italiens : quatre des huit équipes présentes en quarts de finale viennent de Serie A. Après cette épopée, c’est la fin d’un cycle. Evair quitte le club à la fin de la saison. Strömberg prend sa retraite en 1992, tandis que Caniggia s’en va à l’AS Roma. En 1994, l’Atalanta est de nouveau reléguée en Serie B.

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Nicolas Segura



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