CALCIOSTORY : la première de l’Udinese en Champions League

Par Ben Soffietti publié le 06 Avr 2020

Aujourd’hui retombée dans l’anonymat de la deuxième partie du classement de Serie A, l’Udinese Calcio a connu une période bien plus faste dans son histoire. Après la Coppa UEFA dans les années 1990, le club basé dans le Frioul a découvert, il y a tout juste quinze ans, la Champions League. Calciomio profite de cette période pour vous raconter la première participation des Zebrette à la plus prestigieuse des compétitions européennes.

Été mouvementé et qualification en poche

Lors de la saison 2004-2005, comme souvent, les grandes écuries d’Italie se disputent le Scudetto et les places européennes. La Juventus remporte le titre, devant les deux équipes de Milan. En revanche, à la quatrième position du classement, on ne trouve ni l’AS Roma, ni la Lazio. Cette quatrième place revient à l’Udinese qui s’offre un ticket historique pour le troisième tour préliminaire de la Champions League.

Cette saison a mis en lumière le travail de l’entraîneur Luciano Spalletti et de son effectif. Sauf que ces succès ont attiré l’œil de clubs plus riches. Ainsi, le mister quitte le Frioul, direction la Roma. Jankulovski, Krøldrup ou encore David Pizarro partent aussi. Toutefois, le trident offensif des Bianconeri, Di Michele – Iaquinta – Di Natale, 35 des 56 buts inscrits en championnat, reste dans le Nord-est de l’Italie. Dans le sens des arrivées, Zapata, Candela ou encore Natali signent. Et pour diriger cette campagne, le président Soldati fait appel à Serse Cosmi, tout juste auréolé d’une promotion en Serie A avec le Genoa.

L’Udinese démarre sa campagne au Portugal, le 10 août 2005. Les Zebrette s’imposent contre le Sporting, sur un pénalty de Iaquinta (0-1) puis ils confirment au stadio Friulli (3-2). Les tifosi de l’Udinese déploient un magnifique tifo sur lequel est inscrit en noir sur un fond blanc ‘’Udine’’, surmonté des couleurs du drapeau italien. Iaquinta et Natali trompent deux fois le gardien portugais. Le Sporting revient dans la partie mais Paulo Barreto, arrivé de Trevisa, achève le succès des Frioulans dans une chaude ambiance (3-2). Le but lisboète de Pinilla dans le temps additionnel ne change pas la destinée de Cosmi et ses hommes : l’Udinese participera à la phase de groupes de la Champions League.

Tirage mitigé et entrée en matière réussie

Pour sa première participation à la phase de groupe de la Champions League, l’Udinese se retrouve logiquement dans le dernier chapeau et doit affronter des équipes qui ont un vécu européen supérieur au sien. Les Frioulans héritent du champion d’Espagne, le FC Barcelone. Le Werder Brême et le Panathinaikos complètent le groupe C.

Les Italiens sont d’abord aux prises avec les Grecs au stadio Friulli. Dans un 4-4-2 solide en défense et qui se projette vite vers l’avant grâce à un milieu complet à l’image de Muntari, l’Udinese surclasse le Pana (3-0). Iaquinta offre aux 25 000 tifosi présents ce soir-là un triplé, avec un but de la tête et un de chaque pied. Le baptême du feu est réussi et les Zebrette prennent la première place du groupe, à égalité avec le FC Barcelone.

Classe d’écart et manque d’expérience

Après une première sortie parfaite, l’Udinese se déplace au Camp Nou. Le futur vainqueur du ballon d’or, Ronaldinho, écoeure les Bianconeri. De Sanctis encaisse quatre but dont trois du Brésilien qui fait redescendre de leur nuage les hommes de Cosmi (4-1). Mais, le match suivant est réellement plus important, face au Werder, concurrent direct pour la deuxième place. Toujours dans leur système, les Zebrette accueillent la bande à Klose : ils encaissent un but contre leur camp auquel Di Natale répond (1-1). Sans performance en Allemagne, la qualification sera compliquée.

Conscients de devoir faire un résultat au Weserstadion, les Bianconeri déjouent en première période, montrent de grandes largesses défensives, encaissent deux buts, puis un troisième au retour des vestiaires. On se dit que c’est cuit, mais le match devient fou. Après le but de Micoud, Di Natale inscrit un doublé et la pression change de camp. La pression qui pousse Schulz a marqué contre son camp. L’Udinese est revenu à 3-3 en neuf minutes. Sauf que le Werder connaît mieux cette compétition et son expérience va être fatale à l’Udinese qui encaisse un quatrième but (4-3). Une défaite cruelle, qui condamne l’Udinese à un petit exploit.

Dernier espoir, pas de miracle

En Grèce, les Frioulans ne doivent pas se rater. Et pour s’imposer, Cosmi lance le trio offensif qui avait tant fonctionné la saison passée. Pourtant, à la pause, c’est bien le Pana qui est devant et il faut attendre les dix dernières minutes pour voir les Zebrette s’imposer. Iaquinta égalise et Candela marque sur une frappe sublime des 25 mètres : l’Udinese prend trois points et la deuxième place du groupe.

Or, pour la dernière journée, l’Udinese doit affronter les Catalans et espérer un faux pas du Werder. Un nul suffit aux Zebrette pour être sûrs de rester second. Déjà qualifé, le Barça aligne certains de ses remplaçants habituels et l’Udinese tient le nul jusqu’à cinq minutes du terme. Moment choisi par Ezquerro puis Iniesta pour crucifier De Sanctis et les derniers espoirs frioulans (0-2). Le futur vainqueur de la compétition finit facilement en tête. Large vainqueur du Pana (5-1), les Allemands doublent l’Udinese sur la ligne d’arrivée et mettent fin à la première aventure en Champions League des Zebrette.

Quelques mois plus tard, en Coppa UEFA, l’Udinese passera un tour contre Lens mais sortira en huitièmes de finale contre le Levski Sofia. Elle finira la saison avec deux changements d’entraîneurs et une onzième place en championnat. Le stadio Friulli n’a depuis plus revu la phase de groupe de la Champions League.

Sur la photo : Zenoni, Sensini, Candela, Felipe, Bertotto, Iaquinta (en haut de gauche à droite), Muntari, Obodo, Di Natale, Di Michele, De Sanctis.

Ben Soffietti

Rédacteur



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