CALCIOSTORY : Juventus-Napoli 2007, le jour où les deux équipes s’affrontaient en Serie B

Par Ben Soffietti publié le 07 Avr 2021

Cet été, l’Italie fêtera le quinzième anniversaire de son quatrième sacre mondial. Nous étions en 2006 et la Squadra Azzurra était sur le toit du monde. Un bonheur immense qui succédait à la sulfureuse affaire du Calciopoli qui avait fait trembler le football italien quelques mois plus tôt, envoyant la Juventus en deuxième division. C’est au purgatoire que la Vecchia Signora rencontrait sur sa route à destination de l’élite un Napoli en totale reconstruction. À quelques heures du match en retard de la troisième journée opposant les deux clubs, Calciomio vous ramène en 2007, lorsque Bianconeri et Partenopei se disputaient le titre en Serie B.

Une deuxième division relevée

Lorsque le tribunal sportif italien rend son verdict en 2006, la Juventus est déchue de ses Scudetti de 2005 et 2006 et surtout, elle est reléguée en Serie B. Logiquement, les stars du club quittent le Piémont, à l’image du capitaine de la Nazionale, Fabio Cannavaro, qui s’envole pour Madrid. Mais la Vecchia Signora peut compter sur un noyau de joueurs qui décident de rester au club, à l’image des champions du monde Buffon, Del Piero et Camoranesi et du ballon d’or 2003, Nedved. Une ossature ultra-talentueuse qui doit permettre à la Juventus de remonter dans les plus brefs délais, malgré une pénalité de -9 points au coup d’envoi de la saison. Mais cette Serie B est relevée, avec 22 clubs. Il y a Bari, l’Hellas, le Brescia de Marek Hamsik, Bologna et deux promus de Serie C, qui sont des clubs historiques, le Genoa et le Napoli.

En Serie B depuis 1998, le club de Campanie est déclaré en faillite en 2004 et perd son nom de SSC Napoli. Le producteur de cinéma Aurelio De Laurentiis, originaire de la ville, reprend le club, avec l’objectif ambitieux de ramener le Napoli en Coupe d’Europe en cinq ans. Au bout de deux ans, le club remonte en Serie B et retrouve son nom originel : Società Sportiva Calcio Napoli. S’appuyant sur les hommes forts de sa remontée comme Grava et Calaiò et sur des recrues intelligentes comme Paolo Cannavaro et Domizzi, les Partenopei sont bien décidés à retrouver l’élite.

Un duel pour le titre

Si la Juventus se prend les pieds dans le tapis Rimini pour la première journée, elle enclenche ensuite la machine avec huit succès consécutifs jusqu’au match aller. Dans une enceinte chauffée en blanc, la Juventus et le Napoli s’affrontent pour la première fois de la saison. Si Del Piero éteint le San Paolo, il est rallumé par Bogliacino qui permet aux locaux d’obtenir le nul (1-1). Le coude à coude peut commencer.

Car si la Juventus possédait un point d’avance à l’issue du match aller, les mois suivants prouvent que les Azzurri sont des promus conquérants. Durant l’hiver, les hommes d’Edoardo Reja rattrapent leur retard et s’emparent à plusieurs reprises du fauteuil de leader. Mais la bande à Deschamps, jouant sur la qualité de son effectif, reprend son bien et ne le lâche plus à partir de mars. Le 10 avril, à cause de la pénalité que les Bianconeri avaient reçu, ils ont seulement trois points d’avance sur le Napoli, qui débarque dans le Piémont avec l’envie de faire un coup. En 4-4-2, avec ses tauliers et aussi deux joueurs qui incarneront les Scudetti de l’ère Conte, Chiellini et Marchisio, la Juventus accueille des Partenopei en 3-5-2.

Les Campioni del Mondo avalent le Napoli

La rencontre pour la remontée en Serie A et le titre de champion débute. Sosa montre la voie au Napoli mais il manque de précision. Une précision dont fait preuve en revanche Nedved : à la sortie d’un numéro de soliste, il dépose un centre rentrant vers le second poteau. Trezeguet est court mais pas Camoranesi dont la tête trompe Iezzo. Affamés, les Bianconeri ne se contentent pas de gérer et repartent à l’assaut du but adverse, mais ni le Ballon d’or 2003, ni Del Piero ne trouve le break. Il faut dire qu’en plus du manque de réalisme turinois, Gennaro Iezzo est brillant et si le Napoli terminera meilleure défense de Serie B, son gardien n’y est évidemment pas pour rien.

Mais personne ne peut arrêter les Champions du Monde au retour des vestiaires : Camoranesi adresse un ballon par-dessus la défense à son capitaine Del Piero, qui d’un subtil extérieur, double la mise. Joie démonstrative pour Il Pinturrichio qui célèbre son seizième but de la saison, lui qui terminera meilleure gâchette du championnat. Alors que tout semble parfait, Marchisio est exclu par M. Ayroldi, pour un second jaune, suite à une faute en retard sur Gatti. Une décision qui relance la rencontre et les Napolitains jusque-là dominés, montrent enfin les crocs. Si Buffon ne tremble pas sur une reprise de Trotta, il est sauvé deux fois par ses montants, d’abord sur un missile sol-air de Domizzi puis en face-à-face avec Sosa. Mais le futur champion résiste et l’emporte.

Ce succès de la Juventus est bonifié un mois plus tard. Sur la pelouse d’Arezzo, les hommes de Deschamps l’emportent facilement (1-5) et valident la remontée et le titre de champion. De son côté, le Napoli retrouve aussi l’élite, lors de la dernière journée, à la faveur d’un nul à Gênes (0-0). Et depuis cette lutte en Serie B, la Juventus et le Napoli ont largement démontré leur importance dans le paysage footballistique italien. Et la rencontre de ce soir, avec comme principal enjeu la qualification en Champions League, sera passionnante à suivre.

Ben Soffietti

Rédacteur



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