CALCIOSTORY : Italie-République Tchèque 2006, mission accomplie

Par Sébastien Madau publié le 12 Avr 2020

Toutes les victoires, y compris les plus prestigieuses, se jouent souvent sur des détails et s’atteignent par petits pas. Lors du Mondial 2006 en Allemagne, il n’y aurait pas eu cette historique demi-finale contre l’Allemagne, ni même cet haletant sacre contre la France aux tirs aux buts en finale sans… cette victoire du 22 juin à Hambourg contre la République Tchèque (2-0) qui comptait alors dans ses rangs des joueurs de talent tels Cech, Rozenhal, Jankulovski, Poborsky, Rosicky, Nedved ou Baros.

Un match de poule à quitte ou double

Il faut dire que, sur ce coup, les Azzurri s’étaient eux-mêmes mis en difficulté dans leur poule alors que ce match aurait pu se jouer pour l’honneur et permettre au sélectionneur Marcello Lippi de faire tourner son effectif, en vue des huitièmes de finale. Mais comme à l’accoutumé en Coupe du Monde, la Squadra Azzurra ne sait pas se faciliter la tâche. Elle se bonifie même, dirait-on, dans l’adversité. En témoigne ce faux pas réalisé contre les Etats-Unis (1-1) et qui avait rebattu les cartes après la sereine victoire du premier match face au Ghana (2-0). Aussi, au coup d’envoi de cette rencontre, chacun était en mesure de se qualifier… ou de faire ses valises dès le premier tour. Désastre que l’Italie n’avait plus connu depuis…1974.
Pour ce match, Fabio Grosso fait son apparition en remplacement de Cristian Zaccardo, auteur d’un malheureux but contre son camp face aux USA. Zambrotta, Cannavaro et Nesta complètent le secteur défensif. Au milieu, Camoranesi, Perrotta, Pirlo et Gattuso se partagent bien les rôles tandis que sur le front de l’attaque Totti et Gilardino ont pour mission de faire trembler les filets de Cech.
Heureusement, les joueurs italiens sauront être à la hauteur de l’événement. Rien ne fut simple, surtout lors de l’entame de match. Gigi Buffon s’emploie à plusieurs reprises pour repousser quelques assauts tchèques et ainsi éviter le pire. Finalement, la victoire italienne fut une histoire de coaching gagnant. Malgré un coup dur initial. En effet, à peine le quart d’heure de jeu passé, et voilà Alessandro Nesta qui se blesse (17e). Le défenseur central du Milan AC est alors remplacé par celui de l’Inter Marco Materrazzi, décrié par la presse (et pourtant …). Dix minutes plus tard, sur un corner, le grand défenseur saura se dresser plus haut que tout le monde pour ouvrir le score de la tête et mettre la Nazionale sur la bonne voie (26e). A ce moment, l’Italie a peut-être fait le plus dur. Mais n’a pas encore rempli tout son contrat.

Et Pippo Inzaghi s’en alla à la limite du hors-jeu…

Au retour des vestiaires, l’Italie est face à un dilemme : tenter d’enfoncer le clou pour définitivement assurer sa qualification ou conserver ce petit but d’avance qui suffit à la qualifier. Les Azzurri seront aidés dans leur réflexion par leurs adversaires du jour, incapables d’inverser sérieusement la tendance et de prendre le jeu à leur compte, malgré la menace grandissante d’élimination et alors que l’Italie rate une série d’occasions franches qui aurait pu lui coûter cher.
Au cours de ce match, Alberto Gilardino n’aura pas eu l’occasion de jouer du violon, manière à lui qu’il avait de fêter ses buts. Il laissera sa place à la 61e minute à Inzaghi qui, lui, fera du « Pippo » comme les tifosi aimaient tant. A la 87e minute, sur un contre tonitruant, Simone Perrotta lance Inzaghi en profondeur à la limite du hors-jeu. L’avant-centre italien se retrouve en compagnie de son équipier Simone Barone à 2 contre 1 face à Petr Cech. Va-t-il passer le ballon ? Ma…! Inzaghi fait du « Pippo » et dribble le portier tchèque. 2-0 ! Barone lui court après pour le féliciter même si tout le monde sait que dans 99% des cas, il aurait reçu une passe pour mettre le ballon au fond. Mais c’était Inzaghi… L’Italie est soulagée, l’Italie est qualifiée, l’Italie est lancée vers les huitièmes de finale où elle affrontera l’Australie. Pour d’autres péripéties et frayeur, mais ça, c’est une autre histoire.

Sébastien Madau



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