Calciostory : Inter-Barcelone 2009/2010 – Phase de groupes de Champions League

Par Enzo Ferretti publié le 24 Oct 2018

Calciomio vous emmène au beau milieu de ce duel mythique que se sont livrés l’Inter et le FC Barcelone lors de l’édition 2009/2010 de la Champions League. Tout le monde a peut-être subitement en tête la demi-finale et son dénouement à couper le souffle mais revenons plutôt sur les prémices de ce duel entre ces deux géants du football lors des phases de poules de la compétition. (On garde la demi-finale pour le 5 novembre !)

Un contexte favorable aux espagnols

À cette époque, le football est récemment dominé par le phénoménal FC Barcelone mené par Pep Guardiola. Les Blaugranas restent sur une saison 2008/2009  bouclée par un triplé à la clé. L’escouade catalane est alors considérée comme l’équipe la plus forte du monde sans aucune contestation. De son côté, les Nerazzurri continuent de dominer outrageusement leur championnat tout en enchaînant les désillusions sur la scène européenne. Justement, pour la saison 2009/2010, le tirage au sort des phases de groupes de Ligue des Champions voit les deux clubs se retrouver ensemble dans le groupe F en compagnie des Russes du Rubin Kazan et des Ukrainiens du Dynamo Kiev. A priori, ce groupe paraît être une voie royale pour les deux clubs et il semble évident que la première place du groupe se jouera lors des deux confrontations à Milan puis à Barcelone.

Inter-Barcelone 0-0 : le calme avant la tempête.

Le 16 septembre 2009, en ouverture du Groupe F, l’Inter reçoit donc le FC Barcelone. Comme souvent dans les matchs de début de saison, le rythme est lent, les automatismes sont encore balbutiants et les joueurs sont un peu juste physiquement. Pourtant, tout est programmé pour vivre une soirée riche en émotions : 83 000 personnes au stade, temps idéal,  équipe-type alignée de part et d’autre sans oublier que ce match sera marqué par le retour d’Ibrahimovic à Milan. De quoi vivre une soirée électrique dans une atmosphère unique dont seul San Siro a le secret. Malheureusement, les joueurs ne semblent pas enclin à nous proposer du spectacle. 90 minutes d’observation entrecoupées par un éclat de Messi, une frappe lointaine de Stankovic, une passe lumineuse d’Iniesta. Sinon, rien à se mettre véritablement sous la dent dans ce match terne. Néanmoins, tout le monde sent la peur dans les yeux des joueurs de l’Inter. Le Barça est entré sur le terrain pour gagner, l’Inter pour ne pas perdre. Chaque crochet de Messi fait retenir le souffle des 80 000 interistes présents au stade. Le match est équilibré car l’Inter sait défendre, mais la supériorité barcelonaise dans la vivacité et la technique se ressent sur toutes les prises de balle, sur toutes les initiatives des espagnols. Le match se termine sur un 0-0 qui ne restera pas dans les annales. L’Inter a obtenu ce qu’elle était venue chercher. Les Barcelonais rentrent quant à eux en Espagne avec le sentiment d’avoir dominé les débats et probablement dans l’idée de donner une leçon de football aux Italiens quand ces derniers viendront au Camp Nou. L’Inter fait alors une entrée timide en C1, timidité qui se confirmera lors des matchs allers puisque les Nerazzurri n’obtiendront pas mieux que trois matchs nuls consécutifs et entament donc la phase retour avec seulement 3 petits points.

Barcelone-Inter : 2-0. L’ouragan catalan se déchaîne.

Contre toute attente, malgré une entrée en matière ratée, les Nerazzurri pointent tout de même à la première place du groupe avant son déplacement à Barcelone grâce notamment à sa victoire sur le fil en Ukraine (1-2) et au faux-pas invraisemblable des hommes de Guardiola à domicile face au Rubin Kazan (1-2). Les Espagnols sont alors dans l’obligation de s’imposer à domicile face à l’Inter si ils veulent prendre les rennes du groupe F et passer donc devant son adversaire du soir. Ni une ni deux, Messi et son équipe mettent le bleu de chauffe et entrent sur leur pelouse dans l’optique d’écraser son adversaire. Dès les premières minutes, les Blaugranas s’accaparent le ballon, jouent vite entre les lignes, se trouvent les yeux fermés et multiplient les situations aux abords du but de Julio Cesar. Le Barça est dans un grand soir, rien ne peut leur arriver cette fois-ci. Dixième minute de jeu, corner en faveur du Barça. Xavi tire au premier poteau et trouve la tête d’Henry qui prolonge jusqu’à Gerard Piqué qui, en s’extirpant du marquage de Thiago Motta, vient propulser le ballon dans le but interiste d’une reprise de volée de l’intérieur du pied. 1-0 pour Barcelone, le début de la fin pour les Nerazzurri dans ce match. À peine un quart d’heure plus tard, le Barça continue encore et toujours à se projeter vers l’avant. Iniesta balle au pied aux 40 mètres transmet latéralement à Xavi qui d’une passe lumineuse sans contrôle lance directement Dani Alves parti comme une fusée sur son côté droit pour prêter main forte à son attaque. La passe est parfaite, ce qui permet au défenseur brésilien d’enclencher à une touche de balle un centre lobé au deuxième poteau pour Pedro qui d’une reprise pied gauche crucifie Julio Cesar à bout portant. Net et sans bavure, l’Inter n’y est pas et le match se poursuivra en seconde mi-temps par une série d’occasions pour les Espagnols. Fin du match : 2-0 Barcelone, mais l’addition aurait pu être infiniment plus salée. L’Inter n’a tout simplement pas existé dans ce match et finira par arracher la deuxième place du groupe au Rubin Kazan lors du dernier match. Une Inter poussive dans cette poule qui porte à croire que cette année 2009/2010 n’est toujours pas la bonne pour le club milanais en Champions League. Et pourtant … Rendez-vous le 5 novembre pour la suite !

 

 

 

Enzo Ferretti



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