CALCIOSTORY : Giuseppe Giannini le prince de Rome

Par Yan Ruder publié le 30 Sep 2018

Quand on évoque l’AS Roma, un nom vient immédiatement à l’esprit, celui de Francesco Totti. Le capitano est devenu l’emblème de la Louve. Aujourd’hui encore, pas un match ne peut se dérouler au Stadio Olimpico sans que les caméras ne s’arrêtent en tribune sur celui qui a fait l’intégralité de sa carrière avec les giallorossi. Difficile d’imaginer aujourd’hui qu’avant Totti, les tifosi romanisti ont vibré pour un autre capitaine, un certain Giuseppe Giannini.

Un Romain pur jus

Giuseppe Giannini à la Roma, c’est d’abord 75 buts de 436 matchs de 1981 à 1996. Des chiffres qui posent tout de suite le bonhomme dans la cour des grands, de ceux qui marquent un club de leur passage. Mais à Rome peut être plus qu’ailleurs, on aime voir un gamin du cru devenir un grand. Le jeune Giuseppe né à Rome en 1964 va commencer à taquiner le cuir dès son plus jeune âge, avec des équipes paroissiales, puis en 1978 à l’ALMAS Roma, l’équipe évolue alors en Serie C2. Il est alors repéré par la Roma qui le recrute à l’âge de 16 ans. Giannini débute officiellement en équipe première en 1982, pour un match seulement, et aucun l’année suivante, celle du titre de 1983. Le vrai décollage se produira pour lui pendant la saison 1984/1985, le mythique Nils Liedholm en fait un titulaire indiscutable, la légende est alors en marche. Le trequartista romain joue 26 matchs pour 4 buts en 84/45, il intègre les espoirs italiens, puis la Nazionale en 1986. Les années 80 et le début des années 90 sont fastes pour la Roma avec 2 coupes d’Italie et des championnats de haute volée. Un soir de 1993, lors des finales aller retour de coupe d’Italie contre le Torino,  Giannini inscrit un triplé lors d’une victoire 5 à 2. Un exploit sans précèdent depuis Angelo Domenghini en 1963, avec l’Atalanta contre… le Torino. Un parcours exceptionnel pour l’enfant de la ville éternelle qui ira presque jusqu’au toit de l’Europe. En 1991, il aura fallu le grand Inter des Mathaüs et Klinsman pour priver la Roma de Giannini de la victoire en coupe de UEFA.

L’Autre capitano

Un autre évènement marquant survient en 1987 et participe à faire de Giannini une légende de la Roma. Cette année là, il prend le brassard de capitaine et succède à Carlo Ancelotti. Il gardera le capitanat jusqu’en 1996, personne ne fait mieux dans l’histoire romaine … à l’exception bien sûr de Totti. Mais plus que pour les statistiques ou les titres, Giannini est resté dans la mémoire des tifosi pour son style de jeu et son élégance . Le numéro 10 romain savait mieux que personne organiser le jeu de son équipe, mais aussi faire basculer un match à lui tout seul. Des qualités qui lui ont valu un surnom « Il principe ». Le prince de Rome a pourtant connu une fin difficile avec la Louve. Un soir de derby, le 6 mars 1994, la Roma s’incline face à la Lazio. Ce soir là, Giannini rate un penalty. Dans une période où le club est au plus mal, car sans victoire depuis décembre 1993, les choses vont dégénérer. Le bouillant président Franco Sensi, en poste depuis 1993 tire à boulets rouges sur ses joueurs et en particulier sur le capitano. Sensi ira jusqu’à dire que Giannini ne doit plus faire partie de la Roma. Ce clash marqua le début de la fin, certains tifosi allant même jusqu’à afficher leur hostilité envers le meneur de jeu. Malgré tout, après cet épisode calamiteux, Giannini joue encore 2 saisons pour la Roma avant de s’exiler en Autriche. Avec 15 ans au club dont 9 comme capitaine, Giannini a marqué son époque et l’histoire de la Roma comme très peu ont pu le faire.  Un souvenir gravé dans la mémoire de Francesco Totti « Il Principe, c’était mon idole quand j’étais petit. Même si nous avions des rôles différents, je me suis identifié à lui en tant que capitaine. Je l’ai connu et il m’a appris beaucoup de choses.  »

Yan Ruder



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