CALCIOSTORY : Antonio Conte à l’Atalanta, querelles et déceptions

Par Nicolas Segura publié le 11 Jan 2020

À l’occasion du match Inter-Atalanta, il est temps de revenir un peu plus de dix ans en arrière. Antonio Conte débarque sur le banc de la Dea en remplaçant Angelo Gregucci en ce 21 septembre 2009. Une autre époque : Conte n’en est qu’à ses débuts en tant qu’entraîneur. La saison d’avant, il avait remporté le titre de Serie B avec le club de Bari. Auréolé de la récompense de meilleur coach de Serie B, il arrive donc en cours de saison. Son objectif est d’obtenir le maintien avec l’Atalanta.

De bons débuts, sans suite…

Antonio Conte commence cette saison 2009-2010 sans club. L’Atalanta débute très mal le championnat avec quatre défaites d’affilée (Lazio, Genoa, Sampdoria, Bari). Le lourd revers 4-1 face au promu Bari (coïncidence ?) scelle le départ d’Angelo Gregucci, après seulement quatre matchs. Le natif de Lecce reprend donc un club en méforme et signe un contrat d’un an. Très vite, Antonio Conte montre son fort caractère : il est exclu dès le premier match face à Catania (0-0). Ses débuts sont plutôt encourageants, il enchaîne cinq matchs sans défaite, dont deux victoires. Pourtant, il n’obtiendra que 3 victoires en 13 matchs sur le banc de la Dea. À cette époque, l’Apulien n’a pas encore la recette pour briller dans l’élite.

Conte et Doni, des rapports compliqués

Entre l’idole de l’époque et le nouvel entraîneur, ce n’est pas la grande histoire d’amour. Conte fustige son manque d’implication. Pour cette raison, il n’a que très rarement fini les matchs. Dans son autobiographie, l’entraîneur raconte une anecdote dans le vestiaire, après un match perdu face à Livourne. Tandis que Cristiano Doni donne un coup de poing de dépit dans une porte, le coach bergamasque imite le geste et ajoute : « On sait tous en donner, des coups de poing ! » Le numéro 72 ne se laisse pas faire et riposte, alors que quelques coéquipiers essayent de le retenir : « Tu crois que tu me fais peur ? » Conte, avec son cran habituel, répond du tac au tac : « Et toi, tu crois m’intimider avec cette attitude ? » Il faudra que des joueurs et des dirigeants les séparent pour revenir au calme. L’attitude du joueur se ressent lors des matchs : il n’a pas marqué pendant le mandat de Conte. Le capitaine emblématique n’inscrira que deux buts lors de cette saison.

Une fin agitée

Les fans ne gardent pas un très bon souvenir de la période Conte. Le match perdu 2-0 contre le Napoli cristallise le désamour entre supporters et entraîneur. Les tifosi de l’Atalanta accueillent avec des injures les joueurs et l’entraîneur à la sortie du stade. Si les joueurs ne se montrent pas violents, Antonio Conte, lui, s’énerve ! Heureusement, les forces de l’ordres sont là pour l’empêcher d’en découdre avec les supporters.

Après seulement 13 matchs avec l’Atalanta, Conte démissionne le lendemain de ce match contre le Napoli, le 7 janvier 2010. À la fin de la saison, l’Atalanta sera finalement rétrogradée en Serie B. Le président de l’époque, Alessandro Ruggieri, était en colère après la décision de Conte : « Un entraîneur ne peut pas s’en prendre aux tifosi, qui sont un patrimoine du club. Son comportement est inadmissible. » Il retrouvera finalement un club : Siena en Serie B. Malgré ce bref passage manqué à Bergame, il permettra à son nouveau club de rejoindre l’élite lors de la saison 2010-2011, en finissant deuxième, derrière justement l’Atalanta.

Nicolas Segura



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