CALCIOSTORY 2006 : Italie-Ghana, l’ouverture de l’opéra victorieux

Par Christophe Mazzier publié le 04 Avr 2020

En attendant l’Euro, cette trêve, imposée par le Coronavirus, va nous permettre de nous pencher sur la Squadra Azzurra. Calciomio vous propose un retour sur la Coupe du Monde 2006. Une épopée qui aura soulagé une génération d’amateur de football, bercée par les échos antiques de l’épopée de 1982, et aura biberonné les plus jeunes au son de « Seven Nation Army ». Retour sur le premier match de la compétition : Italie-Ghana.

Une attente interminable

Comme à chaque compétition de sa Squadra Azzurra, chaque tifoso retient son souffle. Comme à chaque compétition, on nous le prédit : l’Italie de par son histoire fait partie des favorites mais elle va nous faire souffrir. Même si elle ne possède pas le plus beau jeu du monde, l’ensemble de ses supporteurs le savent : elle va donner tout son cœur.

A la veille de son entrée en lice, Lippi le sélectionneur, qui avait succédé à Trapattoni après la débâcle à l’Euro 2004 au Portugal, affirme en conférence de presse que Totti sera bel et bien le titulaire de l’équipe face au Ghana. Tout un peuple retenait son souffle depuis le 19 février de la même année. A la suite du match face à l’Empoli, le joueur a dû se faire opérer pour une fracture du péroné. De gros doutes entouraient la présence de la star au Mondial. Mais lui et Nesta, qui était également incertain, seront bien au rendez-vous.

De débâcles… à l’espoir ?

Les deux dernières compétitions internationales de l’Italie n’avaient guère été encourageantes. Battue de manière énigmatique face à la Corée en 2002, et sortie au 1er tour à l’Euro 2004, la malédiction risquait de nouveau de s’abattre sur la Squadra Azzurra qui avait sevré des générations, de trophées internationaux, des joueurs de classes mondiales tels que Maldini, Giannini, Baggio et autres Vialli.

Cette coupe du monde est la dernière chance pour des joueurs d’exception. La der’ pour Materazzi (33 ans), Peruzzi (36 ans), Del Piero (32 ans), Totti (30 ans). Mais ces chants du Cygnes ajoutés à la volonté de revanche des impactés du Calciopoli ainsi qu’au drame de la tentative de suicide de Gianluca Pessotto, allaient constituer un alliage subtile de volonté et de solidarité, avec d’autres joueurs au sommet de leur art tels que Nesta, Cannavaro, Pirlo, Gattuso, De Rossi et Camoranesi.

Un match de toute beauté

Le premier match lors de cette compétition a lieu à Hanovre face au Ghana. Jusqu’à présent l’Italie s’en était toujours bien sortie face aux équipes africaines (Nigéria 2-1 en 1994 ; Cameroun 3-0 en 1998). Pour poursuivre cette bonne dynamique, Lippi retrouve, donc, Nesta en défense, qu’il accompagne de Buffon, Zaccardo, Cannavaro et Grosso. Au milieu, il aligne De Rossi, Pirlo et Perrotta qui relègue Gattuso sur le banc. En attaque le duo Gilardino-Toni devra être pourvu de ballons par un Totti, pas au mieux de sa forme.

Il fait très chaud ce 12 juin 2006. Lors de cette rencontre, Pirlo fait tourner le ballon comme de coutume. Le Métronome est omniprésent et distille de sublimes passes à ses coéquipiers. Ou trop court, ou malchanceux, le duo d’attaque est imprécis. Mais les azzurri sont bien en jambes, bien organisés et laissent peu d’espaces aux adversaires. De l’autre côté, les Ghanéens ont du mal à entrer dans leur match comme tétanisés par l’enjeu.

Pirlo lance le Mondial de l’Italie

Il était écrit que l’un des plus grands joueurs des années 2000 allait délivrer la nation italienne, sa diaspora et ses tifosi. A la 40ème minute, à l’entrée de la surface, Pirlo met une frappe dont il a le secret. Petit filet. But. Le peuple ghanéen souffre. Sans doute se disent-ils qu’un but concédé face à l’Italie, historiquement, est très difficile à surmonter. Toutefois les Blacks Stars ne s’avouent pas vaincus et un excellent Essien bute à plusieurs reprises sur Buffon.

Et puis… Et puis Totti se tient la cheville après un tacle appuyé de Paintsil, et puis l’Italie plie, et puis un penalty aurait pu être sifflé contre elle surtout aujourd’hui avec la VAR, et l’histoire aurait peut-être été différente. En attendant, sur un contre, Iaquinta marque le second but du soulagement. Et l’Italie entame, de la plus belle des manières, sa compétition.

Christophe Mazzier



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