CALCIOSTORY : 13 mars 1972, le Sampdoria-Torino qui coûte le titre aux granata ?

Par Florian Giunta publié le 22 Sep 2019
Sampdoria Torino une 72

Début septembre 2019, le Torino et ses supporters étaient parmi les plus actifs pour fêter sur les réseaux sociaux le 126ème anniversaire du Genoa. Cette amitié est née après le drame de la Superga quand les Genoani ont envoyé « seulement » leur primavera affronter un Torino décimé en mai 1949. Mais un autre épisode a renforcé cette proximité : le sentiment des granata de s’être fait voler le match contre la Sampdoria donc le scudetto 1972 d’un point face à la Juventus. Que s’est-il passé ce jour de mars 1972 au Marassi et le titre s’est-il réellement envolé à Gènes avec une erreur d’arbitrage ?

Deux points à tout prix, l’objectif du Torino

13 mars 1972. 21ème journée d’un championnat à 16 équipes, sixième journée des matchs retour. Plus de 21 000 spectateurs pour voir les hommes de Gustavo Giagnoni affronter ceux d’Heriberto Herrera. Le Paraguayen est à la tête d’une Sampdoria de milieu de tableau qui cherche une victoire de prestige en cet après-midi pluvieux de fin d’hiver. Le Torino, lui, enchaîne les victoires et les deux points sont essentiels pour rester au contact de la Juventus de Fabio Capello et du Milan de Gianni Rivera. Tout commence pour le mieux pour le Torino. Paolo Pulici, seulement 21 ans, trompe dès la sixième minute le portier Génois Pietro Battara. La réaction des locaux ne se fait pas trop attendre et les Doriani renversent la vapeur en trois minutes grâce à Cristin et Salvi (18ème et 21ème minutes).

L’arbitre cède à la pression des blucerchiati

Conscients de l’enjeu, les joueurs du Torino pressent fort dès la reprise. A sept minutes du terme, Sala est à la manoeuvre et sert Aldo Agroppi qui, dans un paquet de joueurs, met la tête. Le Doriano Marcello Lippi repousse le ballon. Les protagonistes lèvent tous le bras, l’arbitre Barbaresco tend le sien vers le rond central. Sous la forte pression des hommes d’Herrera auprès du juge de touche, il finit par l’invalider. Pourtant, le ballon a franchi entièrement la ligne… Ce jour là et les suivants, les hommes en noir n’en démordront pas, ils ont pris la bonne décision. Interviewé quarante ans après les faits, l’arbitre du match se repent : « Il y a quelques mois sur internet, j’ai vu une vidéo. Ce n’était pas mon angle de vue à l’époque. Les images montrent bien que le ballon était rentré complètement. Les joueurs du Torino avaient raison, je suis désolé« . Si le championnat a été faussé au détriment du Torino cet après-midi là, le Milan AC a lui aussi été victime de l’arbitrage. En effet, le Cagliari de Gigi Riva a bénéficié d’un pénalty imaginaire à quatre minutes de la fin qui donne la victoire aux Sardes (2-1). Le Torino et le Milan ont donc chacun bien perdu un point cet après-midi là. La Juventus termine avec 43 points (goal-average de +24), le Milan et le Torino derrière avec 42 points. Mais avec un goal-average respectivement de + 19 et + 14 à la fin de la saison, la tête d’Agroppi n’aurait pas changé le palmarès de la Serie A.

Nul doute que cette journée là a donné du grain à moudre à ceux qui pensent que la Juventus a été, est et sera avantagée par le corps arbitral. Chez les granata, cette belle saison marquée par cet épisode vécu comme une terrible injustice au profit des cousins sera néanmoins fondateur de l’ambition retrouvée. Sala et Pulici gagneront le scudetto quatre plus tard.

Florian Giunta



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