Calcio Catania, la fin des Rossazzurri : de la naissance à la première période en Serie A dans les années 1960 (1/3)

Par Ben Soffietti publié le 06 Jan 2022
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Alors que les douces émotions liées aux fêtes de fin d’année commençaient à envahir de nombreux foyers en Italie, les habitants de Catane, et plus encore, les tifosi du Catania Calcio, ont appris une bien triste nouvelle : la mise en faillite par la justice italienne d’un club centenaire, figure forte du football en Sicile. Ainsi, après Messina puis Palermo, une nouvelle società régionale disparaît du monde professionnel. À cette occasion, Calciomio revient en trois volets sur l’histoire des Elefanti, en commençant par la création du club jusqu’à son arrivée en Serie A.

Les premiers émois

Si l’équipe de la Pro Patria Calcio est mise sur pied en 1908, sous l’égide du baron Gaetano Ventimiglia, il faut attendre la fin des années 1920 pour que cela devienne un véritable club. En 1929, en pleine période de professionnalisation du Calcio dans la Botte, la Società Sportiva Catania voit le jour grâce à la fusion de l’U.S Catanese et de la Juventus Catania. Son père fondateur se nomme Ruggero Albanese, journaliste né à Catane, impliqué dans le football local depuis l’époque de la Pro Patria. Les couleurs choisies sont le rouge, pour la lave de l’Etna, volcan qui domine la ville, et le bleu clair, pour le ciel : les Rossazzurri sont nés.

Cependant, au tournant des années 1930, le football peine à se développer en Sicile malgré la présence de Palermo en Serie A. Albanese est obligé d’aller chercher du matériel hors d’Italie : « Avec son bateau à vapeur, mon grand père allait jusqu’à Malte pour acheter, à ses frais, les maillots, les crampons et les shorts. » Catania prend part à des championnats régionaux, puis, en 1934, grâce à sa première place dans la poule H de Prima Divisione, accède à la Serie B.

La refonte au lendemain de la guerre

En 1943, la Sicile est le premier territoire européen libéré par les Alliés au cours de la Seconde guerre mondiale. Le débarquement provoque l’exclusion de Catania des phases finales de son championnat. L’année suivante, le club devenue à la veille de la Seconde guerre mondiale Associazione Fascista Calcio Catania, disparaît en même temps que le régime de Mussolini. Une disparition temporaire puisqu’en 1946, un nouveau club naît au pied de l’Etna : la fusion du Virtus Catania et du Catanese Elefante permet de ressusciter le Calcio Catania et ses couleurs rossazzurre.

Au bout de trois ans, retour en Serie B, avec notamment au milieu Enzo Bearzot, sélectionneur de la Nazionale durant le Mondial victorieux de 1982 . Cinq saisons plus tard, Gli Elefanti atteignent l’élite mais n’y restent qu’une seule saison. Si les Siciliens sont à la hauteur sur le terrain, ils plongent pour une affaire de corruption d’arbitre, révélée par le journaliste Giulio Sterlini. Ce n’est qu’un au revoir.

Stabilisation dans l’élite

Après ce bref passage en Serie A en 1954-1955, Gli Etnei reviennent au plus haut niveau du football italien en 1960. Troisième derrière le Torino et Lecce, Catania retrouve l’élite et s’y installe confortablement pour six saisons, sous les ordres Carmelo Di Bella, qui restera à la tête de l’équipe première jusqu’en 1966. À trois reprises, le club sicilien termine huitième, soit sa meilleure performance en Serie A. Durant cette glorieuse période, on retrouve plusieurs figures emblématiques du club comme le capitaine Mario Corti, qui dispute plus de 190 matchs avec les Rossazzurri. Il y a également les attaquants Adelmo Prenna, cinquième meilleur buteur de l’histoire du club avec 48 buts et l’Argentin Toto Calvanese. Ils participent tous deux à la spectaculaire victoire contre le Milan AC (4-3).

Dans leur stadio Cibali, les hommes de Di Bella terrassent aussi l’Inter lors de la dernière journée (2-0), permettant à la Juventus de s’offrir le Scudetto au détriment des Nerazzurri : cette victoire surprise des Siciliens contre un prétendant au titre donne naissance à la célébre expression radiophonique « Clamoroso al Cibali » (stupeur/surprise au Cibali) prononcé durant l’émission Tutto il Calcio minuto per minuto. Une véritable revanche pour les joueurs de Catania, balayés 5-0 au match aller à San Siro et qualifiés « d’employés des services postaux » par Herrera, l’entraîneur de l’Inter.

Cependant, malgré quelques coups d’éclats, le palmarès national de Catania reste vierge. Gli Elefanti n’arrivent même pas à battre Palermo dans le derby di Sicilia en quatre confrontations en Serie A (quatre nuls). En 1966, le club retourne en Serie B. C’est le début d’une longue période de montagnes russes.

À retrouver aussi :

Épisode 1 – De la naissance à la première période en Serie A dans les années 1960
Épisode 2 – Quarante ans de montagnes russes
Épisode 3 – L’apogée du club dans les années 2000

 

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Ben Soffietti

Rédacteur



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