Calcio Catania, la fin des Rossazzurri : L’apogée du club dans les années 2000 (3/3)

Par Ben Soffietti publié le 14 Jan 2022

Le 23 décembre dernier, les tifosi du Calcio Catania ont appris une bien triste nouvelle : la mise en faillite par la justice italienne d’un club centenaire, figure forte du football en Sicile. Pour terminer ce dossier sur Gli Elefanti, Calciomio revient sur la glorieuse période du Calcio Catania en Serie A, au courant des années 2000-2010.

Retour dans l’élite

Après quatre montées en neuf saisons, le retour en Serie B est plus délicat. Catania use plusieurs entraîneurs et termine 17ème, synonyme de relégation. Mais un miraculeux recours devant la justice portant sur la présence irrégulière d’un joueur de Siena lors de la rencontre contre les Toscans (Caso Catania), permet aux Rossazzurri de rester en Serie B. L’année d’après, Catania voit, comme en Serie C quelques années auparavant, ses deux voisins accéder à l’élite. Palermo et Luca Toni lui infligent même une gifle dans le derby di Sicilia (5-0).

Le nouveau président, Antonino Pulvirenti, arrive en 2004. C’est un entrepreneur né à Catane. Il nomme l’année suivante Pasquale Marino, ancien joueur du club, à la tête de l’effectif professionnel et engage deux attaquants : Giuseppe Mascara, originaire de la province de Catane, et Gionatha Spinesi. Auteurs de 37 buts à eux deux, plus de la moitié des buts catanesi, ils portent les Rossoazzurri à la deuxième place du championnat. Catania est de retour en Serie A, 24 ans après et le président Pulvirenti savoure : “Nous sommes promus en Serie A, maintenant, voyons ce qu’il va se passer !”

L’apogée du club

Quelques semaines après le sacre de la Nazionale en Allemagne, Gli Elefanti retrouvent l’élite et initient la plus longue période du club en Serie A : huit saisons, le précédent record de longévité étant de six (1960-1966). Pulvirenti fait venir Juan Vargas et Izco d’Argentine, Morimoto du Japon et quelques Italiens d’expérience comme Colucci ou Falsini. Toutefois, la saison est délicate, Catania est balayé par Palermo dans un derby spectaculaire (5-3), puis par l’AS Roma (7-0), l’Inter (2-5) et même la Reggina (1-4). Deuxième pire défense du championnat, les Siciliens se sauvent à l’ultime journée en triomphant du Chievo dans un duel à mort, grâce à Rossini et Melini (2-0).


La saison suivante est tout aussi difficile avec un 17ème place en Serie A mais elle est marquée par la première victoire des Rossazzurri contre Palermo en Serie A (3-1) et par un magnifique parcours en Coppa Italia qui les amènent jusqu’en demi finale. Le Milan AC et l’Udinese tombent devant Catania mais le futur vainqueur de la compétition, la Roma, réduit à néant les rêves de finale.

Finalement, sur ses huit saisons en Serie A, Catania ne terminera qu’une seule fois dans la première partie de tableau. En 2012-2013, Gli Elefanti, amenés par Rolando Maran, décrochent une huitième place et égalent le record de leurs aînés datant des années 1960. Si cette saison porte Catania aux portes de l’Europe, la suivante est un cauchemar. Maran est limogé après huit matchs, rappelé après 20 puis remplacé à six rencontres de la fin. Le rêve prend fin et Catania subit deux descentes consécutives, s’enfonçant dans les méandres de la Serie C depuis 2016, jusqu’à la décision judiciaire qui prononce la faillite du club en décembre dernier.

La diaspora albiceleste

Durant ses années dans l’élite, Catania s’est distingué par l’accueil d’un grand nombre d’Argentins. Si l’éphémère Zavagno lors de la remontée en Serie A n’a pas marqué les esprits, en revanche, l’arrivée d’Izco en 2006 est un tournant. Premier Argentin à évoluer en Serie A avec Catania depuis Morra (Italo-argentin) en 1982, le milieu est une légende rossazzurra avec 269 matchs, le troisième plus haut total de l’histoire du club. Il est rejoint l’année d’après par quatre compatriotes comme Bizzarri ou Silvestre.

Lors de la saison 2010-2011, Diego Simeone est appelé à la rescousse du club par Pulvirenti et n’est pas dépaysé en arrivant en Sicile, l’effectif comptant treize Argentins, dont Andujar, Maxi Lopez et Spolli ! Lors du derby brillamment remporté en 2011 (4-0), huit Argentins débutent la partie et deux entrent en cours de jeu. Bergessio, prolifique avec ce maillot, inscrit le deuxième but, Ledesma le troisième.

Quatorze Argentins vivent la dernière saison en Serie A, puis ce nombre se réduit comme une peau de chagrin avec la double relégation. Et actuellement, dans l’obscurité qui accompagne la mise en faillite du Calcio Catania, une lueur issue du pays du Tango demeure : Izco. Revenu au club en 2020, il pourrait prendre part à la reconstruction de Catania. Ça ne sera pas la première fois que Gli Elefanti reviendront du cimetière.

À retrouver aussi :

Épisode 1 – De la naissance à la première période en Serie A dans les années 1960
Épisode 2 – Quarante ans de montagnes russes
Épisode 3 – L’apogée du club dans les années 2000

 

Ben Soffietti

Rédacteur



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