Cagliari: un maintien acquis à domicile

Par Sébastien Madau publié le 20 Avr 2019

Pour le compte de la 33e journée de championnat de Serie A, Cagliari reçoit en ce samedi pascal Frosinone à la Sardegna Arena. Un match qui s’avère décisif pour les Sardes. En effet, une victoire face aux Gialloblù et le maintien serait mathématiquement assuré pour Cagliari qui rejoindrait à cette occasion le fatidique seuil des 40 points.

L’entreprise semble plus que dans les cordes des joueurs de Rolando Maran. Certes, du fait de la position quasiment désespérée de l’adversaire du jour, mais surtout parce que depuis le début de la saison, Cagliari a réussi à faire de la Sardegna Arena une quasi forteresse d’où seuls la Juventus, Naples et l’Atalanta ont réussi à repartir avec les 3 points de la victoire. Et certains qui pensaient avoir fait le plus dur (Roma, Empoli) ont dû subir des égalisations sardes dans les ultimes instants. Le but de Marco Sau à la 95e minute face à la Roma (qui avait mené 2-0 jusqu’à la 83e minute) en est l’exemple le plus symptomatique de cette saison 2018-2019.

Costauds à domicile, fragiles à l’extérieur

La taille moyenne de cette Arena (16.000) s’est retournée en avantage dans la mesure où le stade présente un taux de remplissage (et donc d’ambiance) parmi les plus fort d’Italie : 89% (saison 2017-2018).
Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Sur les 37 points acquis jusqu’à aujourd’hui par Cagliari, 27 l’ont été à domicile (1,69 point par match) et 10 à l’extérieur (0,63 point par match). Au classement « domicile », les Sardes figurent en 9e position, contre une médiocre 17e place au classement « extérieur ». Hors de ses bases (2 victoires, 4 nuls, 10 défaites), Cagliari n’a marqué que 11 buts et en a encaissés 28. Fort heureusement à domicile (7 v, 6 n, 3 d), grâce notamment à son buteur Leonardo Pavoletti (12), les Rossoblù ont fait trembler les filets à 20 reprises (16 encaissés).

En attendant le nouveau stade

Cagliari a donc toutes les cartes en main pour faire de son stade un lieu de succès, alors que ce dernier a fait la Une des journaux début avril pour le comportement inacceptable de certains de ses tifosi ayant lancé des cris racistes au juventino Moise Kean.
Pour autant, la formule magique de la Sardegna Arena est -quoi qu’il en soit- vouée à se stopper dans les saisons à venir. Par la force des choses. En effet, dès sa construction en matériel démontable, en seulement 4 mois, l’enceinte sportive n’avait qu’une destinée : servir de transition entre le vétuste Sant’Elia, en phase de destruction et le futur nouveau stade de 30.000 places qui s’édifiera sur les ruines du Sant’Elia justement. Si elle continue à être le terrain béni des Rossoblù, la Sardegna Arena sortira donc par la grande porte une fois son intérim terminé. Pour laisser place à ce stade tant attendu qui pourrait enfin mettre fin à une quinzaine d’années de précarité, de projets morts-nés, de spéculations et face à face entre milieux sportifs et politiques.
Sur le plan sportif, l’effet Sardegna Arena ne sera toutefois pas suffisant sur le moyen et long termes, si Cagliari entend rehausser d’un cran ses prétentions, à savoir viser une installation durable dans la première moitié de tableau et -pourquoi pas- obtenir un ticket pour l’Europe. Pour ce faire, le club sarde devra non seulement continuer à faire de son stade une forteresse mais surtout améliorer sensiblement ses résultats et prestations à l’extérieur. Sans parler du grand nombre de matchs nuls (10) qui cloue le club en deuxième partie de tableau et l’empêche de basculer vers la première. Le fossé entre domicile et extérieur est flagrant, depuis trop longtemps. On ne peut se prévaloir d’ambitions fortes en ne glanant des points qu’un match sur deux. Le haut niveau d’exigence de la Serie A ne le permet pas.

Sébastien Madau



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