Cagliari : l’histoire d’une renaissance en défense

Par Sébastien Madau publié le 08 Déc 2019

Le début de saison de Cagliari enchante bon nombre de tifosi et les observateurs du Calcio s’accordent à dire que l’équipe est une des sensations de ce début de saison. Evidemment, le recrutement y est pour beaucoup, notamment au milieu de terrain (Rog, Nandez, Nainggolan). Tout comme l’efficacité offensive de Joao Pedro et Giovanni Simeone avec respectivement 9 et 4 buts inscrits. Pourtant, un tel début de saison n’aurait pas été possible sans également une solide assise défensive. L’arrière-garde est certes actuellement au rendez-vous, mais le pari n’était pas gagné d’avance tant les saisons précédentes avaient été calamiteuses; faisant de Cagliari le client préféré des attaques adverses. De maillon faible, la défense est ainsi passée à acteur majeur du renouveau. Les 3 buts encaissés lundi à la Sardegna Arena contre la Sampdoria (victoire 4-3) ont quelque peu pondéré les statistiques d’une équipe qui reste toutefois 6e défense de Serie A (2e à l’extérieur derrière la Juventus).

Statistique sur les 5 dernières saisons jouées en Serie A (en 2015-16, le club était en Serie B).

Une formule à 4 derrière

Actuellement, une dizaine de joueurs composent le secteur défensif: Walukiewicz, Ceppitelli, Klavan, Pisacane, Pellegrini, Lykogiannis, Faragò, Mattiello, Cacciatore et Pinna. Quatre tirent leur épingle du jeu et obtiennent régulièrement les faveurs de l’entraîneur Rolando Maran: Ceppitelli, Klavan, Pisacane, Pellegrini. Sans oublier Lykogiannis, Faragò et Cacciatore qui ont eu aussi un temps de jeu notable.

L’organisation défensive au sein d’un 4-3-2-1 repose sur deux défenseurs centraux rapprochés (Ceppitelli – Pisacane ou Klavan – Pisacane) tandis qu’il est demandé aux latéraux de se situer un cran au-dessus et de participer aux actions offensives pour créer le surnombre. Un exercice qui plaît à Luca Pellegrini sur son côté gauche. Les deux passes décisives contre la Sampdoria sont là pour le confirmer. A la relance, beaucoup d’actions partent de derrière en lien avec les milieux de terrain pour relais. En effet, il n’est pas rare, en position défensive, de voir le bloc arrière se resserrer et accueillir un 5e élément (Rog, Nandez) en soutien et ainsi opposer un 5-3-2 aux adversaires.
Jusque-là les choix sont gagnants. Des matchs, notamment à l’extérieur, contre le Napoli (vidéo ci-dessous) ou la Roma tiennent lieu de référence.

Outre les qualités propres à chaque défenseur aligné, il est clair que la qualité du milieu de terrain sarde a aussi son importance. En effet, de manière quasi mécanique, le fait d’avoir dans l’entre-jeu des teignes tels Rog, Naingollan ou Nandez a pour conséquence directe de freiner les assauts adverses qui ont du coup plus de difficultés à s’approcher du rideau défensif.

Luca Pellegrini en révélation

A titre individuel, le défenseur latéral gauche Luca Pellegrini (20 ans) est la véritable révélation de ce début de saison. Prêté la saison dernière à Cagliari par la Roma, il a insisté pour revenir sur l’île cette saison encore (cette fois prêté par la Juventus) afin de continuer à engranger du temps de jeu et pourquoi pas pousser la porte de la Nazionale, dont le sélectionneur Robert Mancini semble ouvert à donner sa chance à la jeune génération.

Une nouvelle fois prédestiné au banc de touche (le premier choix de Maran étant le duo Ceppitelli-Klavan), le Napolitain Fabio Pisacane (33 ans) a encore une fois reconquis une place de titulaire en défense centrale. Parfois laborieux, mais toujours rugueux sur l’homme, Pisacane, conscient de ses limites, ne ménage pas ses efforts. Une glissade à domicile ayant coûté un but face à l’Hellas (1-1) aurait pu lui faire perdre ses moyens. Au lieu de ça, il a rebondi et a même inscrit un but contre la Fiorentina (5-2).

Autre défenseur-buteur: Luca Ceppitelli (30 ans). Auteur d’un doublé face à Parme (3-1), il est le métronome de la défense cagliaritaine. Dommage qu’une blessure au pied soit venue l’écarter des terrains depuis fin octobre. Heureusement pour les Sardes, l’Estonien Ragnar Klavan (34 ans), auteur d’une saison passée en demi-teinte, est non seulement venu suppléer Ceppitelli mais il est en train d’apporter expérience et sérénité à la ligne défense rossoblù. Qualités qui faisaient défaut par le passé.

En baroudeur, Fabrizio Cacciatore (33 ans) fait lui aussi plus que le boulot sur son côté droit. Après avoir baroudé dans divers clubs de province (Reggiana, Triestina, Varese, Hellas, Chievo, etc), Cagliari s’avère être son expérience sportive la plus relevée.

Rien n’est jamais définitivement acquis

Le Serie A demeure un championnat des plus ardus. Et de tels résultats ne s’obtiennent pas sans efforts. Non, la défense de Cagliari n’est pas devenue miraculeusement un mur infranchissable l’espace d’un été. On l’a dit, le fait que le milieu de terrain sarde se soit musclé contribue activement à ce que la défense soit moins sollicitée. Encore que. Car Cagliari a tout de même subi 143 tirs (en 14 matchs) depuis le début de la saison. Soit plus de 10 par matchs. C’est là qu’un autre acteur entre en piste: Robin Olsen (29 ans). Si de ces 143 frappes, seules 17 se sont transformées en buts (14 encaissés par Olsen et 3 par Rafael), le gardien de but suédois n’y est pas étranger. Loin s’en faut. Il est l’un des portiers ayant réalisé le plus d’arrêts en Serie A (Cagliari est 6e à ce classement). Le choix de se le faire prêter par la Roma pour palier à la longue blessure du titulaire Alessio Cragno s’est avéré judicieux. D’ailleurs, ce ne peut-être pas le fruit du hasard si l’équipe a encaissé 3 buts contre la Samp en son absence. Le remplaçant brésilien Rafael (37 ans) est en partie fautif sur 2 des 3 buts génois. D’où l’immédiat recours déposé par les dirigeants sardes pour tenter de faire diminuer la suspension de 4 matchs infligée à son gardien après son exclusion face à Lecce.

Pour la première fois depuis plusieurs saisons, Cagliari a la chance d’avoir à sa disposition un effectif lui permettant qualitativement et quantitativement de pouvoir prétendre à des objectifs en hausse. Pourquoi pas aux accents européens. Pour ce faire, il faudra que l’ensemble des lignes soient à la hauteur du défi. Au vu de ce qu’il démontre depuis le début de saison, le secteur défensif a visiblement l’intention d’apporter sa pierre à ce bel édifice en construction.

Source: www.transfermarkt.it

Sébastien Madau



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