Cagliari : Joao Pedro-Simeone, le duo gagnant

Par Sébastien Madau publié le 09 Août 2020

La saison de Serie A conclue, l’heure des bilans est arrivée. Pour faire le point mais également tracer des perspectives d’avenir. A Cagliari, la saison a été à double visage. Sensationnelle lors des matchs aller (4e), laborieuse pour la phase retour (14e). Il y a toutefois un motif de satisfaction réel chez les dirigeants sardes : leur duo d’attaque, formé par le Brésilien Joao Pedro et l’Argentin Giovanni Simeone, qui a fait trembler les filets à 30 reprises.

Le record de Riva et Boninsegna égalé

Ces dernières années, Cagliari avait connu des duos prolifiques (Muzzi/Dely Valdez ; Muzzi/M’Boma; Suazo/Esposito ; Zola/ Esposito: Acquafresca/Matri, etc.) mais pas à un tel niveau d’efficacité en Serie A. Avec respectivement 18 et 12 buts (et 4 passes décisives chacun) Joao Pedro et Simeone ont tout simplement égalé le record historique du duo le plus redoutable en Sardaigne sur une saison. En effet, lors de l’exercice 1968-1969, les bombers Gigi Riva (21) et Roberto Boninsegna (9) avaient marqué eux aussi 30 buts. A remarquer tout de même qu’ils l’avaient fait en 59 matchs, contre 73 matchs pour Joao et Simeone.

Au-delà des statistiques, ce résultat permet de voir en ces deux joueurs des références et d’éviter le phénomène de dépendance vis-à-vis d’un seul homme comme ce fut le cas avec Marco Borriello ou Leonardo Pavoletti. A noter, en revanche, que les deux hommes doivent encore progresser dans leur complémentarité. Ils n’ont pas fait preuve d’efficacité de manière conjointe, ce qui a pu tempérer le rendement offensif de l’équipe. En effet, Joao Pedro a marqué 16 de ses 18 buts avant le confinement contre seulement 2 après le retour sur les terrains. Quant à El Cholito, il en a inscrit 6 avant et 6 après. Un des enjeux majeurs sera d’assurer une régularité sur une saison. Il n’était, en effet, pas rare, lorsqu’ils ne marquaient pas, de voir Joao ou Simeone passer à travers leurs matchs. Si Cagliari veut atteindre des objectifs plus ambitieux, il ne peut se permettre le moindre passage à vide. L’expérience de cette saison l’a démontré amèrement.

Di Francesco : l’envie d’un tridente avec Pavoletti ?

La solution pour muscler le secteur offensif viendra peut-être en interne en la personne de Leonardo Pavoletti, de retour sur les terrains contre le Milan AC après un an d’absence pour deux ruptures des ligaments dans la même saison (août 2019 et janvier 2020). Aujourd’hui, peu sont en capacité de dire s’il est mesure de revenir à son meilleur niveau. Celui qui lui a permis d’inscrire 27 buts en deux saisons en Sardaigne. On peut penser que Eusebio Di Francesco, porté sur le jeu offensif, ne se privera pas de tels éléments. Même si, raisonnablement, c’est le duo Joao-Simeone qui tient la corde pour débuter les rencontres. « Je veux divertir les tifosi et j’aimerais repartir d’un 4-3-3 avec Joao Pedro sur le côté gauche à l’attaque » a d’ores et déjà annoncé le nouveau coach lors de sa première conférence de presse. Habitué aux changements de rôles (10, avant-centre, etc.), Joao Pedro -6e meilleur buteur de l’histoire du club avec 57 buts- n’aurait pas de mal à s’adapter à un tel emploi de ses capacités.

Reste tout de même à s’assurer que l’effectif repartira à l’identique. El Cholito n’a pas caché son envie de franchir un palier dans quelques saisons (il rêve de l’Atletico de son père Diego) mais a fait part de son désir de rester en Sardaigne la saison prochaine. Idem pour Joao Pedro. Mais la réalité économique du club le permettra-t-elle ? Les belles performances de la saison écoulée ont inévitablement attirée les regards des autres clubs. Le PSG, le Torino la Fiorentina mais surtout Monaco se sont renseignés sur le Brésilien, sous contrat jusqu’en 2023. Bologna sur Simeone. Il faudra débourser environ 15 millions pour s’en emparer. A ce stade, on ne voit aucun des deux quitter Cagliari, dont le président Tommaso Giulini a fait part de ses envies d’Europe, pour un club du même standing. Il serait plus difficile de résister si un club plus huppé mettait l’argent qu’il faut sur la table.

Sébastien Madau



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