Buongiorno Manolas, ciao Diawara

Par Rémi Falvo publié le 03 Juil 2019

Konstantinos Manolas et Amadou Diawara n’ont pas dérogé à la règle des fameux adieux présentés à leurs clubs respectifs. L’un comme l’autre se sont servis de Twitter. Manolas « remercie les entraîneurs, coéquipiers, et tous les supporters qui ont toujours été proches de moi ces années-là, et m’ont soutenu« , et il conclue par un très beau « Ciao, et merci Roma!!« . Diawara est un peu plus philosophe : « Toutes les aventures ont un début et une fin, il était temps que je fasse mes adieux. J’ai vécu trois années intenses et belles, faites de batailles, joies, déceptions. Tout restera gravé dans ma mémoire. Je veux remercier le peuple Napolitain de m’avoir accueilli, et fait sentir un vrai napolitain. Je remercie le club, tout le staff, et le président de m’avoir donné la possibilité de jouer pour cette splendide ville. Aurevoir Napoli. » Voilà pour les adieux, mais au-delà de ces formalités, intéressons-nous à ces transferts de plus près.

« Une charnière de Scudetto!« 

Quel tifoso sensé ne jubilerait pas devant la perspective d’une telle charnière centrale? Manolas Koulibaly ! L’emblématique champion d’Italie Bruscolotti fait partie de ceux-là : « charnière de Scudetto! » Il est vrai que peu d’équipes, tous continents confondus, peuvent dire avoir une charnière centrale plus sûre. Le scepticisme pousserait à se dire que tout de même, la somme des deux palmarès ne représente pas grand chose. Koulibaly a une Supercoppa et une Coppa Italia, Manolas n’a carrément rien gagné avec l’AS Roma. Pas de quoi faire pâlir Chiellini et Bonucci. Certains, mais ceux-là sont particulièrement pessimistes, regrettent déjà la charnière Koulibaly Albiol. Une histoire de complémentarité, qui serait moins satisfaite par Manolas que l’Espagnol. Mais mettons ces oiseaux de mauvais augure en cage quelques temps, et laissons le peuple Napolitain savourer : il vient de réaliser un gros coup sur ce mercato. A peine 15 millions dépensés, puisque Diawara vient amortir la dépense du club azzurro. Le jeune milieu Guinéen a été sacrifié, mais c’était de toute manière la meilleure décision à prendre pour lui. A vingt-deux ans, avoir un rôle de doublure dans un bon club Européen ne peut pas durer éternellement. Il fallait, comme lui même le dit, que Diawara change un peu d’air, alors si ça peut faire partie de l’accord pour se payer les services de Manolas… Tous en sortent gagnants.

Manolas, en mission

Ce que les tifosi reprochaient le plus à De Laurentiis, c’est sa froideur lors des périodes de mercato. « On veut un grand nom! » peut-on entendre dans la ville mère de la Campanie. Bon, Manolas n’est pas Maldini, mais Maldini n’aurait pas signé à Naples. Le Napoli avait besoin d’un défenseur central digne de ce nom pour épauler l’inamovible Koulibaly. Car aussi bien le vieillissant Raùl Albiol, que le couteau-suisse Maksimovic n’étaient à la hauteur, bien que bons footballeurs. C’est maintenant chose faite. Les deux joueurs de vingt-huit ans vont avoir comme seule consigne de trouver une entente l’un avec l’autre, pour que les talents de l’un viennent combler les lacunes de l’autres, et ainsi, peut-être devenir la plus belle charnière d’Italie. Nous ne serons pas dans un cas de figure où l’un va au charbon, et l’autre relance, mais bien dans une situation où les deux stoppeurs ont des caractéristiques très comparables. Même rage de vaincre dans les duels, même présence physique, et même aptitude à prendre des décisions folles, comme monter balle au pied, et aller jusqu’au bout de son action. Depuis l’ère Mazzarri, c’est la défense qui a toujours été pointée du doigt, à Naples. Jamais les joueurs offensifs, secteur où les azzurri ont toujours excellé. Manolas arrive dans ce club pour mettre fin à une petite dizaine d’années de « disette », pour changer les choses, et permettre aux partenopei d’être de taille à lutter pour le Scudetto, avec l’ennemi public numéro un : la Juventus

Rémi Falvo

Rédacteur



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