Brienza, celui qui est resté

Par Rémi Falvo publié le 13 Déc 2018

C’est sur un carton rouge, et une gigantesque confusion qu’il a lui-même créée que Franco Brienza termine sa première saison sous les couleurs biancorosse, l’an dernier. C’était pour le compte des play-off pour la montée en Serie A. A l’époque, pas question de faillite, on ne pense qu’à retrouver l’élite. L’expulsion de Brienza arrive à la dernière minute d’une prolongation, d’un match complètement fou qui s’est terminé deux buts partout face à Citadella. La fin de match en eau de boudin de Bari arrive comme un signe avant coureur du chaos qui va suivre. La faillite les propulsant en Serie D, pour simplifier l’histoire. La quasi totalité de l’effectif, l’entraineur Fabio Grosso compris, met les voiles. Aucun intérêt à rester dans un club qui risque de se retrouver dans un championnat équivalent au district en France. Franco Brienza n’est pas de ceux-là. A trente-neuf ans, il n’a pas envie de se lancer dans une nouvelle aventure, ailleurs qu’à Bari. Il reste une saison de plus. Et dans la capitale des Pouilles, on apprécie le geste. Le milieu offensif a droit à son ovation de la dizaine de milliers de personnes venus au stade San Nicola à chaque fois qu’il est remplacé. Un respect mutuel.

Un fantaisiste à Bari

Quand on est au fond du trou, il faut trouver un motif d’espoir pour essayer d’en sortir, peu importe le temps que ça prendra. Les tifosi baresi l’ont en quelque sorte trouvé avec Brienza. Quel autre club de Serie D peut se vanter de compter dans ses rangs un joueur ayant disputé presque trois cent matchs de Serie B et quasiment cinq cent de Serie A? C’est vraiment ça, le motif de la fierté des supporters, parce que statistiquement parlant, il n’y a pas de quoi sauter au plafond : cette saison Brienza n’a été l’auteur que d’une passe décisive en neuf rencontre. Maigre bilan. Mais cela n’a rien d’étonnant. Brienza n’est pas le genre de joueur décisif. C’est un joueur qu’on a coutume de qualifier de « fantaisiste » en Italie. Un créateur, un joueur qui, quand il a le ballon dans les pieds, peut faire n’importe quoi. Un peu comme un Fabio Quagliarella. Il fait vivre le ballon, il participe au jeu, il se sort de situations compliquées de façons invraisemblables, comme on jonglant et en tentant deux coups du sombrero d’affilés. Quoiqu’il en soit, sa vision de jeu et ses inspirations sont loin de dénoter avec les performances plus qu’encourageantes du club dans lequel il évolue.

Le globe-trotteur pose ses valises

En Serie D, Bari n’a pas vocation à y rester. Outre le fait que c’est un grand nom du football Italien, un rapide coup d’œil au classement confirme que le bébé de De Laurentiis n’est pas à sa place : déjà neuf points d’avance sur le second Turris, au bout de quatorze matchs. Mais même dans le meilleur des cas, Franco Brienza ne reverra pas la Serie A. Si le club montait chaque année d’une division, il aurait quarante-deux ans quand les biancorossi retrouveraient l’élite. Mais après avoir fait le globe-trotteur à travers toute l’Italie, Palermo, Siena, Atalanta, Bologna pour ne citer qu’eux, Brienza semble avoir trouvé à Bari ce qu’il cherchait. Du moins ce dont il avait besoin à ce moment précis de sa vie. Et au terme de sa carrière de joueur, le trequartista a déjà une place de dirigeant quasiment garantie au sein de la SSC Bari. Un peu sa façon à lui de remercier des tifosi, pour le moins fidèles, parmi lesquels certains lui ont même écrit des dizaines de lettres de soutien, au cours de l’été 2018. Laissons donc Brienza prendre son pied encore pendant au moins une demi-saison dans un club et une ville qu’il aime, et qui l’aime.

Rémi Falvo

Rédacteur



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