Bologna, le maintien à portée de main

Par Aurélien Bayard publié le 13 Mai 2019

En début de saison, Bologna fait un pari en embauchant Pippo Inzaghi. Malheureusement les résultats escomptés n’arrivent pas et les Rossoblù s’empêtrent dans la zone de relégation. Une défaite cinglante 4-0 face à Frosinone marque la fin de la collaboration entre Inzaghi et les Felsinei. Pour sauver Bologna, Sinisa Mihajlovic est appelé en pompier de service. Il lui restait alors 17 journées pour sauver le club du président Saputo.

Venezia bellisima

Lors de l’exercice 2014-2015, les rossoneri sont déjà plongés dans un marasme ambiant. La direction annonce alors l’arrivée de « l’homme né hors-jeu » d’après Sir Alex Ferguson. Les Milanais cèdent à une mode lancée par Barcelone : appeler une ancienne gloire pour reconstruire le club. L’expérience est un échec et Il Daviolo termine à une piteuse 10ème place. Inzaghi se retrouve viré et attend un an avant de reprendre un club : le Venezia Football Club. Se basant sur un 3-5-2, Super Pippo réalise deux superbes saisons : une promotion en Serie B et une participation aux Play-Off pour la Serie A. Après cette expérience concluante, l’idée de retourner entraîner dans l’élite italienne semble logique. Bologna rafle donc la mise et embauche notre renard des surfaces préférés. Le deal semble gagnant-gagnant : Inzaghi peut de nouveau faire ses preuves en Serie A et semble faire des miracles avec peu de moyens.

L’importance du mercato

N’était-ce finalement pas un cadeau empoisonné ? Inzaghi pourra toujours se poser la question. En effet, le mercato estival voit les Rossoblù perdre 4 de ses 12 joueurs les plus utilisés : le meilleur buteur du club Simone Verdi, Antonio Mirante, Adam Marisa et Federico Di Francesco. Pour les remplacer, Lukasz Skorupski, Federico Santander, Diego Falcinelli et Mitchell Dijks débarquent en Emilia-Romagna. Le pedigree n’est pas tout à fait le même. Le paraguayen n’a pas laissé un souvenir impérissable en France et a réussi à se relancer au FC Copenhagen. Falcinelli sort d’un prêt raté à la Fiorentina et le néerlandais n’a jamais été vraiment titulaire à l’Ajax. Retrouver Bologna à la 18ème place est donc une demi-surprise. Face à la grogne des supporters, Saputo promet du sang neuf. Le 4 janvier, 2 joueurs estampés Squadra Diaspora arrivent en prêt : Nicola Sansone et Roberto Soriano. En plus des deux inséparables germano-italiens, Lyanco est prêté par le Torino pour rajeunir une défense vieillissante et perméable. Malgré ces 3 recrues de qualité, Inzaghi n’y arrive toujours pas. Comme lors de son éviction du Milan AC, Mihajlovic le remplace.

Retour aux bases

Exit le 3-5-2 d’Inzaghi, le serbe repasse en 4-3-3 ou en 4-2-3-1 avec Soriano au cœur du jeu. Lors de son premier match, les Felsinei renouent avec la victoire en s’imposant 1-0 contre l’Inter. L’espoir renaît comme à chaque fois mais Bologna retombe vite dans ses travers. 4 nouvelles rencontres sans succès laissent les bolognesi à la 18ème place. Mihajlovic décide donc de s’attarder sur le mental de ses troupes. Au lieu d’infliger des séances d’« hair dryer » pour haranguer ses joueurs, l’ancien sociétaire de la Lazio les emmène… au cinéma ! Sans juger ses goûts, les Rossoblù visionnent Alexandre d’Oliver Stone et Le Vol du Phénix de John Moore. Les enseignements sont les suivants : comment gagner une bataille et comment s’en sortir face à une situation complexe. A la suite de ce visionnage, Bologna l’emporte 2-0 face à Crotone. Cette-fois-ci la série est en marche. En 7 matchs, ils ne se sont inclinés que face à la séduisante Atalanta. Une victoire face à un Milan AC malade aurait permis de valider officiellement le maintien mais les milanais ont réussi à s’imposer. C’est donc partie remise ce soir face à Parma !

Aurélien Bayard



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