Bilan de la saison 2015-16 : Udinese

Par Gilbert Simonutti publié le 25 Mai 2016

Udinese

L’Udinese a fini sa saison par une fête. Celle consacrée à Antonio Di Natale (et un peu à Domizzi et à Pasquale) qui quitte donc le club après 12 années. Toutefois, cette parenthèse finale, aussi belle et émouvante soit-elle, ne peut et ne doit faire passer sous silence la médiocrité du championnat réalisé par les Bianconeri. Cet exercice est tout simplement le plus mauvais depuis le retour en Serie A en 1995. Une 17eme place synonyme de maintien mais surtout de souffrance et de suffisance. Sans la faiblesse de l’Hellas et le réveil tardif des bizuts Carpi et Frosinone, le résultat aurait été sans appel. L’Udinese aurait retrouvé la Serie B. Le seul point positif de la saison est finalement le nouveau stade, un petit joyau. Pour le reste on repassera.

LA SAISON DE L’UDINESE

Udinese 2015-2016

-17eme de Serie A

-Éliminée en 8eme de finale de Coppa Italia par la Lazio

-41 matchs, 12 victoires, 9 nuls, 20 défaites, 42 buts inscrits, 64 buts subis.

L’EQUIPE TYPE

Meilleur buteur : Cyril Théréau, 11

Meilleur passeur : Antonio Di Natale, 5

Joueur le plus utilisé : Karnezis, 3510

LES +

CYRIL THEREAU

Meilleur buteur du club avec 11 réalisations, le natif de Privas a pris en main l’attaque des Zebrette. Di Natale étant en bout de course et Zapata ayant passé plusieurs mois à l’infirmerie, tout reposait sur les épaules de Cyril Théréau. Il a fait le job avec sérieux et talent mais il n’est pas un vrai buteur, juste un bon deuxième attaquant.

FELIPE

De retour au club, l’Italo-brésilien a au moins le mérite d’avoir essayé de montrer aux autres l’importance d’avoir ce maillot sur le dos. Il aime l’Udinese et ça se voit. Quelques erreurs mais aussi beaucoup de bonne volonté. Le futur capitaine c’est lui.

EMMANUEL BADU

Des buts et beaucoup d’énergie comme à son habitude. Meme s’il a baissé de regime en fin de saison, le Ghanéen a été une valeur sure dans la grisaille ambiante qu’a connu le club cette saison.

LES –

DANILO

À 32 ans, le défenseur central a peut-être fait la saison de trop à Udine. Nerveux, imprécis, il n’aura été que la pale copie de l’excellent défenseur qui avait tapé dans l’œil d’Antonio Conte il y a trois ans. Il quittera le club d’autant plus que sa relation avec les tifosi s’est fortement dégradée après l’accrochage post Roma.

EDENILSON

Le Brésilien avait plutôt bien débuté sa saison et l’idée de voir Widmer finir sur le banc avait germé dans l’esprit de Colantuono. L’ancien du Genoa n’aura finalement été qu’un feu de paille et il s’est vite éteint au fil de la saison. La greffe sur le flanc gauche n’a jamais pris et il a fini sa saison sur le banc avec le nouvel entraineur.

ORESTIS KARNEZIS

Le gardien grec fait partie des déceptions cette année. Avec des stats terribles pour lui, il encaisse tout ce que sa défense n’arrive pas à arrêter. Dommage car du talent il en a.

LES AUTRES

Alex Meret : Bien caché sur le banc, le talentueux gardien frioulan pourrait soit être prêté soit devenir titulaire l’année prochaine.

Rafael Romo : Il a passé sa saison assis lui aussi. En fin de contrat, il quittera le club.

Thomas Heurtaux : Il devait quitter le club l’été dernier puis en janvier mais l’ancien caennais est resté. Longtemps blessé, il n’est jamais réellement revenu à son meilleur niveau.

Molla Wague : Les qualités sont là mais il est encore inconstant. A revoir la saison prochaine.

Ivan Piris : Très bon la saison précédente avec Stramaccioni, le Paraguayen n’a pas confirmé. Un joker mais pas de luxe.

Maurizio Domizzi : Plusieurs blessures et un rapport loin d’être excellent avec Colantuono auront eu raison de sa dernière saison en Bianconero. Son expérience a été appréciée en fin de championnat.

Sylvan Widmer : Mis de coté au début, il s’est ressaisi au fil de la saison. Fin de championnat intéressante avec l’arrivée de De Canio qui a su le remettre en selle.

Giovanni Pasquale : Souvent laisser aux oubliettes malgré son expérience et sa connaissance du club. Vraiment incompréhensible vu le niveau des concurrents directs.

Ali Adnan : A jamais le premier irakien en Serie A. L’adaptation au championnat et à la culture italienne est difficile mais il a des qualités.

Pablo Armero : Un but à San Siro contre le Milan AC avant de s’éclipser comme à son habitude.

Zdravko Kuzmanovic : Venu pour apporter son expérience et son exemplarité, Kuzma a tenu parole. Il est très vite devenu un élément important du vestiaire malgré des prestations pas toujours au top. Les dirigeants tenteront de la garder.

Emil Hallfredsson : L’excellent milieu de terrain admiré du coté de Vérone les saisons passées n’est pas arrivé à grand chose à Udine. Condition physique pas tip-top ce qui a influé sur son rendement. Décevant.

Francesco Lodi: Arrivé de dernière minute à la fin de l’été, il a pris en main l’équipe pendant la phase aller. Celle du retour a été plus compliquée pour lui mais aussi pour l’équipe. Une simple coïncidence ?

Bruno Fernandes : L’éternelle promesse bloque toujours au même niveau. Des coups d’éclats suivis par de longues absences, il est tant de muscler son jeu. Dernière chance l’année prochaine.

Andrija Balic : Futur Modric ou Pirlo, pour l’instant il n’a montré son talent qu’à l’entrainement.

Antonio Di Natale : Mal géré, plusieurs petites blessures et une condition physique qui n’est plus celle d’avant ont eu raison de la dernière danse de Toto. Un rôle à la Altafini (15-20 minutes à chaque match) aurait été une bonne solution. Dommage.

Duvan Zapata : Il aurait du être l’homme fort de l’attaque mais une vilaine blessure l’a tenu éloigné des terrains plusieurs mois. Il a tout de même inscrit 8 buts. Vu le contexte ce n’est pas rien.

Ryder Matos : Arrivé en janvier, il s’est montré au début avant de disparaitre. Paye le fait d’être un ailier dans une équipe qui évolue en 352

Stipe Perica : Avant-centre puissant mais encore acerbe. Devrait progresser la saison prochaine.

LES ENTRAINEURS

La famille Pozzo avait confié les reines à Stefano Colantuono en début de saison pour relancer la dynamique après la période Stramaccioni. En passant du stratège « cool » au sergent de fer, l’idée était de mettre la pression sur un groupe qui manquait de caractère. L’ancien coach de l’Atalanta a échoué dans sa mission étant donné qu’il n’a pas donné du caractère à son équipe et encore moins donné une trame de jeu efficace. Pire, il s’est tout de suite mis les sénateurs à dos et avec eux la majeure partie des tifosi. Il a été remercié a neuf journées de la fin après une défaite à domicile contre l’AS Roma. La mission sauvetage a été confiée à Luigi De Canio, un ancien de la maison, qui l’a mené à son terme. Sans réellement améliorer quoi que ce soit en terme de jeu mais en s’appuyant sur des leviers simples.

LA SAISON PROCHAINE

L’Udinese n’a pas tergiversé trop longtemps pour choisir un nouveau coach. La mission de De Canio s’est terminée avec l’obtention du maintien et c’est Giuseppe Iachini qui prendra l’équipe en main à la reprise. Habitué au 352, il ne devrait rien chambouler tactiquement. Le départ des anciens risque de laisser un vide dans un vestiaire en manque de repères et la lourde tache du nouveau coach sera de recréer un groupe avec des joueurs de confiance. Pozzo a promis que la leçon a été comprise mais entre la théorie et la pratique, il y a un pas qui sera difficile à franchir.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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