Bilan des joueurs italiens : Nicolò Barella

Par Sébastien Madau publié le 22 Mar 2020

La Serie A ne reviendra qu’au début du mois de mai à cause de l’épidémie de Covid-19 qui frappe actuellement le monde. En attendant, la rédaction de Calciomio vous propose un bilan individuel des internationaux italiens aux deux tiers de la saison. La rédaction se penche sur le milieu de l’Inter, Nicolò Barella.

Ce qu’on attendait de lui avant le début de saison

Après des mois de négociations, Nicolò Barella a finalement fait le grand saut à l’été 2019. Il a quitté Cagliari, son club de formation, pour rejoindre l’Inter qui lorgnait sur le jeune milieu de terrain sarde (23 ans) depuis plusieurs saisons. Officiellement, le joueur appartient toujours au club sarde, n’étant que prêté au club lombard. Mais il ne s’agit qu’un tour de passe-passe visant à jouer sur les mots des règlements… et les trésoreries. L’avenir de Nicolò Barella se situe bel et bien en nerazzuro. Le milieu faisait partie des priorités de l’entraîneur Antonio Conte qui avait déjà tenté de se l’approprier du temps où il coachait en Premier League à Chelsea. Succédant à Luciano Spalletti (qui avait également demandé Barella à ses dirigeants), Antonio Conte est l’un des artisans du chantier de reconstruction engagé à l’Inter. Et il compte sur Barella pour y contribuer. Un choix qui peut aujourd’hui être considéré comme logique mais qui était loin d’être gagné d’avance, tant ces dernières saisons les faveurs des clubs ont parfois penché sur les joueurs étrangers bien « vendus » par leurs agents plutôt que sur les jeunes espoirs transalpins. Nicolò Barella était attendu au tournant. On espérait de lui qu’il apporte sa fougue et joue le rôle de véritable métronome entre l’entre-jeu et l’attaque interiste. On lui demandait toutefois -c’est en effet un réel bémol chez lui- que le joueur sache canaliser son énergie et tâche de tempérer ses protestations et ses statistiques « cartons ».

La situation aujourd’hui

Si Antonio Conte a pleinement confiance en Nicolò Barella, il refuse en revanche de lui faire porter sur les épaules tout le « projet Inter » ; conscient du manque d’expérience de son joueur au plus haut niveau, notamment lors des difficultés de l’Inter en Champions League. Ainsi, en conférence de presse, à l’issue de la défaite à Dortmund (3-2) qui avait laissé transpirer une fragilité mentale certaine de son équipe, Antonio Conte s’était quelque peu irrité sur le fait que ses dirigeants puissent laisser penser que le recrutement de jeunes joueurs avait réglé tous les problèmes techniques et tactiques du club. « Nous, nous ne pouvons rien faire de plus que travailler, mais peut-être que certains dirigeants pourraient aussi venir parler. On parle d’un groupe de joueurs qui, mis à part Godín, n’a rien gagné. Il y a des situations difficiles à gérer, à qui je demande ? À Barella, recruté à Cagliari ? À Sensi, recruté à Sassuolo ? ». Le coach avait alors mis les pieds dans le plat.

Loin des polémiques, Nicolò Barella a continué à s’impliquer dans le schéma de jeu interiste. Il vante aujourd’hui 20 matchs en Serie A (sur 25 journées), 1 but et 4 passes décisives (4 matchs et 1 but en Champions League; 3 matchs en Europa League). Des statistiques qui témoignent de l’intégration réussie du joueur pour sa première expérience dans un club de haut de tableau. Il est un des acteurs du départ tonitruant de l’Inter en championnat, malgré une blessure au genou qui l’a éloigné des terrains durant 1 mois et demi à l’automne.

Notes d’indispensabilité en Nazionale

6,5/10: Nicolò Barella fait pleinement partie des plans de Roberto Mancini. Une situation de « reconstruction » quelque peu identique à celle qu’il connaît en club. Le sélectionneur italien n’avait d’ailleurs pas attendu qu’il rejoigne Milan pour le sélectionner. C’est, en effet alors qu’il jouait encore à Cagliari que Barella avait été titularisé pour la première fois. Aujourd’hui, après 12 sélections, le milieu a déjà inscrit 3 buts. Il fait partie du 11 de départ de la Nazionale et devrait y oeuvrer -s’il poursuit sur cette progression- durablement. A commencer par le prochain Euro.

Sébastien Madau



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