Bilan des joueurs italiens : Manuel Lazzari

Par Michaël Magi publié le 29 Mar 2020
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La Serie A, momentanément suspendue, pour cause de crise sanitaire liée au COVID-19, nous en profitons pour dresser les bilans individuels des internationaux italiens cette saison. Aujourd’hui, c’est le tour du milieu droit de la Lazio, Manuel Lazzari.

Ce qu’on attendait de lui en début de saison

Il serait sans doute exagéré d’affirmer que les attentes autour du Vénétien de 26 ans étaient démesurément élevées en début de saison. Chacun avait bien conscience que, révélé tardivement, quittant le cocon de la SPAL à l’intersaison après 6 saisons passées en Emilie- Romagne, il s’agissait avant tout pour lui de passer un cap et de démontrer qu’il était capable d’exprimer ses qualités dans un des gros clubs de Serie A. Ce qui, combiné aux 11 millions investis sur son profil par la Lazio – et l’insistance d’Inzaghi auprès des dirigeants pour le faire venir à Rome – était sans doute suffisant pour faire peser son petit lot de pression sur ses épaules.

A un an (à l’époque) de l’Euro, Lazzari, justifiant d’une seule sélection en Nazionale (contre le Portugal en Ligue des Nations) se donnait cependant les moyens de montrer à Mancini qu’il pouvait constituer un choix crédible, pour intégrer un groupe à l’orée d’une grande compétition internationale. Un véritable défi pour un joueur qui ne justifiait alors que de deux saisons en Serie A et ne disposait guère que d’un seul atout dans sa manche : les neuf passes décisives délivrées la saison précédente. Trop léger pour éviter de se fracasser sur la réalité du très haut niveau ?

La situation aujourd’hui

S’il y a bien un club qui doit se mordre les doigts d’avoir été stoppé dans son élan par le Covid-19, c’est bien la Lazio. Avant de devoir suspendre ses activités, le plus ancien des deux clubs romains restait sur une étourdissante série de 21 matchs sans la moindre défaite en championnat (17 victoires, 4 nuls). Un rythme de potentiel champion qui lui permet à ce jour de se situer à une longueur d’une Juve au jeu déliquescent. La situation serait même plus favorable si l’équipe n’avait pas connu un gros retard à l’allumage, n’enregistrant que 3 victoires sur les 8 premières journées.

La saison de Manuel Lazzari est à l’image de ce début de saison mitigé. Peu recherché par ses coéquipiers, hésitant, la nouvelle acquisition de la Lazio a mis du temps avant de convaincre ses coéquipiers qu’il méritait de faire partie de l’équipe. Aligné titulaire à seulement 5 reprises sur les 10 premières journées, il ne s’est toutefois pas laissé happer par le doute et a fini par gagner son statut d’indiscutable au sein du onze Laziale. Les statistiques sont moins clinquantes que la saison précédente (3 passes décisives en Serie A et un but en Europa League), mais elles ne disent pas tout. Elles ne disent pas, par exemple, que sans l’activité de Lazzari à la 72ème minute de la dernière Supercoppa, le but vainqueur de Lulic n’aurait jamais vu le jour.

Stoppé en plein élan, à l’instar de toute son équipe, Manuel Lazzari semblait avoir réussi son pari. Ce qu’il reconnaissait, enthousiaste, début février : « Jouer dans cette équipe est magnifique. Je peux me démener, car je sais que tôt ou tard le ballon finira par arriver, que Luis Alberto ou Milinkovic me mettront le ballon à l’endroit exact où je le veux. Dans cette Lazio, vous vous amusez de la première à la dernière minute. Je suis fier de faire partie de ce groupe. »

Note d’indispensabilité en Nazionale

4,5/10 : Hélas, en dépit de ses qualités (réelles) et de sa montée en puissance, Lazzari risque de payer son manque d’expérience au plus haut niveau. Plus inquiétant pour lui : le schéma tactique préférentiel de Mancini – qui l’obligerait à jouer soit plus bas, soit plus haut que sa position la plus naturelle – ne semble pas idéal pour lui permettre de s’exprimer pleinement. Il serait toutefois bien dommage de se priver d’un profil aussi atypique…

Michaël Magi



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