Berardi entre dans la discussion pour l’Euro

Par Cesco publié le 02 Fév 2020

Relégué au rang d’espoir qui n’a jamais percé, Domenico Berardi cette saison s’affirme dans la durée avec Sassuolo. Dans un rôle d’ailier droit intérieur, le fantasque italien pourrait être une alternative très crédible à un Chiesa loin d’être étincelant cette saison malgré quelques éclairs.

Au service du collectif

Longtemps, il lui a été reproché sa logique individualiste et son caractère trop fougueux. Domenico Berardi est un enfant terrible du foot italien. On ne compte plus les cartons rouges qu’il a pris pour excès d’engagement ou de protestations. Cette saison, il n’a pas dérogé à sa règle, de se faire exclure après être entré face au Genoa en fin de match. On ne se refait pas. Outre ce tempérament brulant sur le terrain, qu’il semble contrôler de plus en plus, d’année en année (il tournait à 10 cartons jaunes de moyenne entre 2013 et 2016. Aujourd’hui il est à 5). il faut parler également de ses prestations, qui sont le nerf de la guerre en cette période d’Euro qui approche. Loin d’être défaillant, Berardi se retrouve aujourd’hui en meneur confirmé dans une équipe qui tente de porter un projet de jeu ambitieux.

Si la patte De Zerbi est loin d’être exempte de tout reproche, Berardi est comme un poisson dans l’eau dans un système qui lui permet de jouer, de se projeter et de faire parler sa technique. Hier encore, face à l’AS Roma il est impliqué sur deux buts avec une superbe ouverture en pivot pour provoquer le 1-0 de Caputo, puis la passe décisive sur le 3-0 de Djuricic. Une performance qui même si elle est masquée par les 4 buts marqués par ses coéquipiers, est remarquable dans l’investissement collectif. Et c’est là qu’il se démarque. Berardi décroche souvent, porte le ballon et ne reste pas collé sans cesse à sa ligne de touche pour forcer le un contre un. Sa maturation dans l’organisation du jeu est un élément clef de la bonne saison qu’il réalise au sein des Neroverdi.

Impact player

D’imprévisible, Berardi passe donc à décisif. Un joueur capable de faire la différence et d’être le monsieur plus de son équipe. Alors oui, Sassuolo ne lui permet pas d’avoir les projecteurs sur lui en permanence mais l’ailier italien brille cette saison avec régularité. Et c’est bien cette régularité qu’on lui réclamait depuis des années. Déjà auteur de 9 buts et 3 passes décisives en 17 matchs, il a les meilleurs statistiques pour un ailier de la botte (Chiesa étant à 3 buts et 5 passes décisives en 18 matchs). Il réalise une de ses meilleures saisons sur le plan comptable et sa présence dans le jeu est une arme, bien plus que les chiffres qu’il laisse apparaitre.

En Nazionale, entouré d’un Verratti, de Barella et épaulé par un Immobile, sa technique et son style pourrait être précieux. Roberto Mancini devrait y songer avec plus de sérieux afin d’apporter une touche d’imprévisibilité et de variété à une Italie qui parfois en manque. Berardi pourrait être le 12ème homme de cet Euro 2020 non ? Car déloger Chiesa, l’espoir italien sur qui les Transalpins fondent tous leurs espoirs, et encore plus depuis la rumeur d’un transfert à la Juventus, ça semble délicat. Mais s’imposer contre toute attente, il peut le faire, même si ce n’est pas pour être titulaire indiscutable. En attendant cet été, à 26 ans, d’enfin faire le grand saut dans un club plus huppé et apparaitre comme indéboulonnable en 2022 au Qatar !

Cesco

Rédacteur en Chef



Lire aussi