Bentancur, la montée en puissance

Par Matteo Pogliani publié le 06 Déc 2018

Arrivé en juillet 2017 à la Juventus dans le cadre de la transaction menant au retour de Carlitos Tevez à Boca, Rodrigo Bentancur a pris son mal en patience lors de sa première saison afin de pouvoir jouer maintenant les premiers rôles.

« Tout vient à point à qui sait attendre »

Une chose est sûre, personne ne semblait connaître véritablement Bentancur lors de son atterrissage à Turin. Certains suiveurs du football sud-américain en disaient du bien d’autres ne comprenaient pas vraiment tel investissement de la part de la direction turinoise. L’arrivée sur la pointe des pieds du jeune uruguayen présageait déjà un départ rapide en prêt « pour se faire les dents » comme on dit. Et pourtant, finalement, Max Allegri conserve la saison dernière le jeune milieu de terrain sûrement grâce au fait que ce dernier avait déjà pu s’aguerrir et se faire les dents en Argentine. A l’image de son capitaine actuel Chiellini ou encore de l’inépuisable Charo Matuidi, Bentancur a marqué dans un premier temps les esprits de part cette combativité qui distingue beaucoup les joueurs sud-américains. Quelques bouts de matchs par-ci par-là lors et cette première consécration réelles, sa titularisation face au grand Real Madrid en Champions League.

Mais pour les vrais tifosi bianconeri tout cela n’est rien d’autre que l’histoire de tout jeune joueur arrivant à la cour d’Allegri. En effet, cette gestion à l’usure fait de la patience d’un joueur sa plus grande vertu. Encore faut-il savoir saisir les occasions qui se présentent. Et Bentancur en a fait assez pour s’assurer une permanence dans l’effectif turinois pour cette saison 2018/2019.

La technique au service de l’enthousiasme

Nouvelle saison, nouvelles expectatives. Max Allegri a bien l’intention de faire de Bentancur une vraie alternative au turnover saisonnier des milieux de terrain. En même temps, Rodrigo semble avoir grandi très rapidement et comprendre de mieux en mieux le football italien. Doté d’une bonne technique et d’une belle vision de jeu, il peut agir comme vice-Pjanic devant le milieu à 3, même poste qu’il occupe avec la Céleste. La clé pour réussir à ce poste est le placement notamment afin d’intercepter contre-attaques et dernières passes des adversaires : une clé que Rodrigo semble aussi avoir ajouté plus rapidement que prévu à son trousseau.

Cette intelligence de jeu est aussi un atout majeur de Rodrigo lorsqu’il évolue comme mezz’ala dans un milieu à 3. Capable de se projeter vers l’avant, il a aussi fait preuve d’adresse devant le but (même si son dernier but contre la Fiorentina est arrivé en tant que sentinelle). Course, technique, lecture de jeu, à tout juste 21 ans, Bentancur joue déjà comme un joueur confirmé en pleine possession de ses moyens. Maturité avant l’heure. Et si les dix matchs consécutifs disputés dernièrement en sont une belle preuve, la confiance offerte par son coach et sa direction ressemblent tout à une confirmation. Ne pas se réjouir trop vite en revanche pour les supporters, on sait bien que Max peut le sortir du jour au lendemain du onze titulaire. Mais il n’en reste pas moins que Rodrigo épate son monde et qu’il n’est désormais plus qu’une simple alternative.

Matteo Pogliani

Rédacteur



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