Bari, le coq chante de nouveau !

Par Aurélien Bayard publié le 10 Mai 2019

Victime de la Covisoc – la DNCG italienne – l’été dernier, Bari pouvait nourrir de la frustration. Elle avait participé aux play-offs pour la Serie A mais avait échoué face à Cittadella. Leurs soucis financiers lui ont fait perdre son statut professionnel et Bari se retrouve alors en Serie D. Mais le destin ne s’acharne pas toujours et les voilà vainqueurs de leur groupe.

Une épopée en Coppa

Avec une modeste 7e place comme meilleur classement dans l’élite italienne, la plus belle histoire de Bari ne se situe pas en Serie A. L’exploit de la Coppa Italia 1984 sera une valse à trois temps avec le même partenaire : la Juventus. A l’époque, la coupe nationale avait une première phase avec 8 groupes de 6 équipes. Les Galletti, alors en Serie C1, héritent de la Lazio, de Perugia, de Catanzaro, de Taranto et enfin de la Vecchia Signora. Seul Taranto évolue dans la même division et Bari réussit l’exploit de rester invaincu. Ils tiennent même tête à la Juventus 2-2. Biancorossi et Bianconeri accèdent donc aux huitièmes. Le tirage au sort décide de les opposer de nouveau. A la surprise générale, Bari remporte le match aller à Turin 2-1. Lors du match retour, les Baresi ouvrent le score mais la Juve reprend le contrôle du match par l’intermédiaire de Platini et Tardelli. Dernière action du match, Antonio Lopez se fait faucher en pleine surface par Scirea. L’arbitre n’hésite pas une seconde et siffle penalty. Lopez se fait justice lui-même et envoie Bari en quart-de-finale. Littéralement exténué par ce match, Bari récidive en éliminant la Fiorentina mais se fera stopper par l’Hellas. Qu’importe, ils resteront à jamais dans les livres d’histoire.

Plafond de verre

Le club de Bari sera toujours lié au nom des Matarrese. Vincenzo prend la présidence suite à la défection de son frère Antonio, trop occupé par son activité de politicien. En 28 ans de règne, le bilan reste mitigé. Le club a connu plusieurs fois la Serie A et a aussi vu de grands noms évolués sous le maillot biancorossi. Cependant, le plafond de verre pour installer durablement Bari dans l’élite ne fut jamais brisé. Matarrese passe le flambeau en 2011 mais les actions du club restent au sein de la famille. La gestion devient plus calamiteuse et le club est déclaré en faillite en 2014. Lors de la vente aux enchères du club, Gianluca Paparesta remporte la mise pour 4,8 millions d’euros. Mais la joie des tifosi est de courte durée, le sauveur se transforme rapidement en fossoyeur. Les malversations de Paparesta mènent Bari à la dissolution l’été dernier. Mais le club centenaire ne disparaît pas pour autant. Aurelio De Laurentiis reprend les Galletti en Serie D et place son fils à la direction.

Une autre histoire à écrire

Une nouvelle équipe se crée autour du vétéran et capitaine Franco Brienza. Les nouveaux arrivants sont des habitués des divisions inférieures. L’attaquant Simone Simeri en est le parfait exemple avec 48 buts en 89 matchs de Serie D. Les baresi réalisent une saison magistrale : meilleure défense, deuxième meilleure attaque et onze points d’avance sur son dauphin. En prime, ils sont sacrés à 2 journées de la fin et profite du match contre Rotonda pour faire la fête au mythique stade San Nicola. 20000 personnes se déplacent pour la remise du trophée et du tour d’honneur effectué par les joueurs. Mais ce n’est qu’une étape. Luigi De Laurentiis et son père ont annoncé que le but est de retrouver la Serie A dans 5 ans. Si tel est le cas, Bari pourrait donc se retrouver de nouveau dans le tableau d’honneur du football italien.

Aurélien Bayard



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