Bari, l’ascension a commencé

Par Rémi Falvo publié le 08 Nov 2018

Ce dont a été victime le club de Bari, c’est une des pires choses qui puisse arriver dans le football : la faillite du club. Des monuments de la Serie A tels que Parma, ou encore la SPAL ont disparu pour des durées plus ou moins longues de l’élite. C’est cet été que ça s’est produit dans la capitale des Pouilles. Il était question de recommencer en « Terza Categoria », la plus basse division du football Italien. Finalement, Aurelio De Laurentiis a senti qu’on avait besoin de lui, à un peu plus de 250 kilomètres à l’Est de Naples, et rachète le club. Grâce à ce rebondissement, la SSC Bari a pu s’inscrire dans le championnat de Serie D. Et ça se passe plutôt bien.

Le San Nicola la réclame

Dans le stade San Nicola, tous les dimanches, il est impossible de ne pas entendre quelqu’un dire « vivement la Serie A« . Cela peut se comprendre quand on supporte un club habitué à cette compétition justement. Mais ce n’est pas la seule raison qui pousse le supporter à penser grand. A vrai dire, la première chose qui justifie ce rêve commun à tous les tifosi, c’est les résultats de leur équipe. Ils sont actuellement premiers de ce Girone I de Serie D. Et c’est peu de dire que la SSC Bari est un beau premier : en huit matchs disputés, ils n’en ont perdu aucun, gagné 6, marqué 20 buts, et n’en ont encaissé que 3! Nul doute qu’ils se placent un petit cran au-dessus des autres. Pourtant, aucun joueur de l’effectif actuel n’était dans l’équipe qui a terminée septième de Serie B l’an dernier, mis à part Franco Brienza, légende vivante ici. C’est comme si le simple fait de revêtir ce maillot biancorosso faisait se transcender les joueurs baresi. Ou est-ce le fait de jouer un dimanche sur deux dans un stade surdimensionné de 58 000 places, qui motive ces joueurs semi-professionnels à se surpasser? Dans un cas comme un autre, le spectacle est toujours assuré au San Nicola, et la Curva Nord ne faiblit jamais, car le spectacle en dessous, sur le terrain, ne lui en donne pas le motif.

Un club qui n’est pas à sa place

Est-ce trop tôt pour parler de Serie A? Evidemment. Mais le président Luigi De Laurentiis lui-même avait fixé ses objectifs : « faire retrouver à la SSC Bari la Serie A sur cinq ans. » Soit trois montées en cinq ans. Rien d’impossible. Le niveau affiché par les biancorossi est largement suffisant pour la Lega Pro, la troisième division italienne. Et avec une affluence atteignant parfois 12 000 spectateurs, tous debout, dans un stade ayant une capacité 6 fois supérieure, nul doute que Bari n’est pas à sa place. Ce club qui a vu éclore un certain Antonio Cassano, qui est maintenant un jeune retraité du football. Et pour l’enfant du pays, pas question que De Laurentiis fasse de Bari un simple petit investissement : « Je conseille à De Laurentiis de faire preuve d’amour et de loyauté envers cette ville. De cette façon il pourra recevoir une charge d’enthousiasme de 25 000, 30 000 supporters, et même en Serie D. » Cela est peut-être un peu exagéré mais, d’une part c’est Cassano qui le dit, et d’autre part peut-être pas tant exagéré que ça. Imaginons une fin de saison avec le parfum de la montée, le retour des températures estivales, la bonne forme de Franco Brienza… Tous les ingrédients réunis pour donner l’illusion, faute de mieux pour l’instant, que la SSC Bari n’est qu’à un cheveu de retrouver la Serie A, là où est sa vraie place.

Rémi Falvo

Rédacteur



Lire aussi