Baptème du feu réussi pour Spinazzola

Par Louis Megel publié le 15 Mar 2019

Cela n’a échappé à personne, la Juventus a su renverser l’Atletico en huitième de finale de Champions League. Si on savait les juventini en mesure de rivaliser avec cette équipe espagnole, un homme inconnu du grand public, des consultants TV et même des commentateurs était aligné pour son premier match de Champions League. Cet homme n’est autre que Leonardo Spinazzola, qui, à 25 ans a peut-être enfin lancé une carrière qui semblait bien quelconque il y a peu.

Qui aurait misé sur lui ?

Le début de carrière du natif de Foligno, est le début basique du jeune joueur italien. Formé à la Juve il est prêté successivement en Serie B à Empoli, Lanciano, Sienne, Vincenza et Perugia. Il comptabilise alors 78 matchs dans cette division en 4 saisons (20 rencontres par ans en moyenne). Mais c’est lors de l’exercice 2016/2017 que Leonardo va enfin taper dans l’oeil de son club formateur. Prêté à l’Atalanta dans l’élite pour 2 ans, il y gagne sa place et dispute 30 matchs avec la Dea jusqu’à accrocher l’Europa League. Lors de la deuxième saison, il prend part à l’expérience européenne (6 titularisations) et joue avec constance (18 matchs) avant de subir une rupture du ligament croisé. Cette blessure l’éloignera 6 mois des terrains. Raison pour laquelle ce droitier affectionnant l’aile gauche n’était même pas inscrit dans la liste des joueurs sélectionnables en Champions League au début de la saison en cours. Cuadrado out, Spinazzola soigné, le changement entre les deux joueurs est opéré à la trêve.

Un profil atypique

Comme souligné plus tôt, ce joueur droitier longiligne (1m86, 75 kg), adore jouer sur le côté gauche. Très à l’aise dans un rôle de piston en défense à 5, il se sert de ses qualités techniques et de ses capacités de dribble pour déstabiliser les blocs adverses. Doté d’un bon pied gauche il est alors très difficile pour son vis à vis d’anticiper quelle option l’italien va choisir, dans un duel. Ce profil déstabilisant a d’ailleurs bien dérangé Santiago Arias mardi soir, et ce, dès les premières incursions turinoises. Pour preuve, Spinazzola, a tenté 8 dribbles (2 réussis) et 7 centres (3 réussis). Si tout n’a pas été parfait, avec du déchet sur certaines actions, on peut souligner là énormément de volonté et de bonnes prises d’initiatives afin de faire sauter le verrou madrilène. Sûrement ce qui a manqué à la Juve du match aller, pâle et sans idée. À titre de comparaison, Alex Sandro n’avait tenté que 3 dribbles (1 réussi) et 2 centres (1 réussi). Pourquoi tant de prises de risques ? Le panache ? L’insouciance ? Fort possible car le néo-international italien n’a joué que 184 minutes cette saison en Serie A.

Difficile donc d’être certain de la fiabilité de ce joueur qui n’a que très peu de référence au haut niveau. Raison pour laquelle la Juve cherche depuis cet été un arrière gauche de renom afin de renforcer un secteur qui fait défaut à la vieille dame. Si le nom de Marcelo revient avec insistance ces derniers mois, il se pourrait que ce soit Alex Sandro qui en fasse les frais avec une vente dès cet été. En effet, il paraîtrait qu’Allegri apprécie l’italien et notamment sa polyvalence. Capable de jouer à gauche et à droite, piston ou latéral classique, ce profil semble être l’alter ego de Cancelo. Sur cette fin de saison avec des échéances importantes pour la Juve, Spinazzola va certainement jouer sa permanence dans son club formateur, mais pas que ! Dans une Nazionale en pleine reconstruction, il reste des places à prendre sur les côtés, et nul doute qu’un joueur qui joue avec continuité dans un club comme la Juve aura un temps d’avance sur les autres.

Louis Megel



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