Balotelli, un renouveau en Lombardie ?

Par Aurélien Bayard publié le 27 Août 2019

« Mon père [adoptif, mort en 2015 ndlr] était originaire de Brescia et c’était donc son rêve de me voir un jour jouer sous ces couleurs.». C’est par ces mots que Super Mario clôt un des feuilletons de l’été des plus passionnants. Tantôt annoncé à la Fiorentina, à Flamengo ou ailleurs, le fantasque attaquant italien opte pour le vrai choix du cœur. Le revoilà en Lombardie, là où il a déjà écrit la majorité de son histoire et scoré un bon paquet de buts.

Joue-la comme Baggio

Balotelli n’arrive pas complètement en terrain conquis. Les supporters brescians ont déjà vu des grands noms marqués leur club et leur cœur dont Roberto Baggio. Pour réussir, notre Mario national devra s’inspirer du passage d’Il Divine Codino à Brescia. Il a même la chance de partager plusieurs points communs avec le ballon d’or 1993. Les deux ont porté les couleurs du Milan AC et de l’Inter. Et comme Mario, Roberto s’est retrouvé libre avant de signer chez les Rondinelle. Durant l’été 2000, Baggio s’entraîne seul dans l’espoir de montrer que ses genoux usés peuvent être encore  utilisés. Carlo Mazzone, avec l’aval du président Luigi Corrioni, saute sur l’occasion et obtient la signature du numéro 10. Roby débarque alors avec un objectif clair et précis : le mondial 2002 en Corée du Sud et au Japon. Lui, le bouddhiste, aurait vécu cela comme l’apothéose de sa carrière. Pour Balotelli, l’histoire est sensiblement identique. Il doit prouver une nouvelle fois qu’il n’est pas mort pour le football et vise aussi une échéance internationale, l’Euro 2020. Mais attention, car malgré ses bonnes performances, Baggio n’avait pas réussi à rejoindre la Squadra Azzurra en Asie. Mario devra donc mettre la barre encore plus haut.

Une lente régression

Triplete historique avec l’Inter, champion d’Angleterre avec Manchester City, Balotelli a toujours su attirer des tops clubs. Et même lorsqu’il signe à l’OGC Nice, il a la chance de tomber sur une équipe dirigée par un Lucien Favre ambitieux et qualifiée en coupe d’Europe. Mais à force de multiplier les frasques, l’étoile de Super Mario semble scintiller de moins en moins. Aucun nom ronflant ne s’est présenté cet été pour récupérer l’international italien. La perspective la plus intéressante était Flamengo avec la possibilité de jouer la Copa Libertadores et de former un duo d’attaque avec un Gabriel Barbosa en pleine renaissance. Malheureusement, le club rubro-negro n’a pas pu s’aligner sur ses exigences salariales ainsi que sur certaines clauses cocasses. Le voilà donc à jouer le maintien, celui où on déclare à l’envi qu’il faut avoir 40 points le plus rapidement possible.

Ramdam à tous les étages

Malgré sa renommée, sa place de titulaire n’est pas un dû. Les forces en présence ont aussi leur mot à dire. Après 2 saisons pleines en Serie B, l’autre Donnarumma mérite enfin de goûter à l’élite italienne. Déjà proche du but avec Empoli, il avait accepté de rester une saison de plus dans l’antichambre italienne car le projet du président Cellino semblait sérieux. Le rôle de seconde pointe pourrait lui convenir dans la tactique de Corini puisqu’il l’a déjà occupé à Terana ou à Como, cependant ce serait du gâchis. Son coéquipier Ernesto Torregrossa pourrait aussi être sacrifié pour faire place à l’enfant terrible. Heureusement pour lui, il est déjà au service du buteur et peut former un bon duo avec l’international italien. La dernière victime se nomme Florian Ayé. Promis à un temps de jeu restreint entre Donnarumma et Torregrossa, l’ancien auxerrois pourrait se retrouver relayé en fond de banc une fois Balotelli apte au football. Dernier point et pas des moindres : la compatibilité avec Massimo Cellino. Il mangia-allenatori est connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche et saura aussi bien encenser que matraquer son poulain le cas échéant. Comme d’habitude, l’arrivée de Super Mario rime avec remue-ménage mais nous avons encore envie d’y croire.

 

A lire ou à relire : le dossier Balotelli (avant sa signature à l’OM) : l’enfant terrible du football italien :

1. La révélation de San Siro

2. L’Inter-Barcelone de la discorde

3. Why Always Him ? L’Euro 2012 du sommet

4. Et maintenant ?

Aurélien Bayard



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