Azzurre, grandir et s’épanouir

Par Aurélien Bayard publié le 01 Mai 2019

Nous allons enfin revoir l’équipe nationale italienne participer à une Coupe du Monde. Les Azzurri ? Non, pour les hommes l’attente sera d’au moins trois ans. C’est donc aux Azzurre, surnom de l’équipe féminine italienne, d’aller défendre l’étendard de la Botte. Cet été, elles franchiront les Alpes pour aller disputer le titre suprême.

Une nation majeure d’antan

Appelez cela hype ou bon sens, toujours est-il que le football féminin n’a pas constamment eu bonne presse. Notre chère FIFA n’a pas hésité à condamner son développement en 1952. L’Italie fait même figure de pionnière dans ce domaine. En février 1970, des hommes d’affaires et avocats turinois se réunissent pour avoir une belle idée. Avec plusieurs représentants d’instance nationale, ils créent la Federation International and European of the Feminine Football (FIEFF). Et, sans l’assentiment de la FIFA, une première coupe du Monde voit le jour en juillet de la même année. Elle se déroule en Italie et voit le pays hôte échouer en finale face à une équipe danoise. En effet, grâce à un allègement du règlement, un club pouvait représenter une nation. D’autres compétitions identiques ont lieu durant les années 70 avec des règles toujours autant permissives. L’Italie reprend alors les choses en main en organisant un « Mundialito » en 1981 avec que des nations. Sur les six éditions, elle en remporte 4 et finit 2 fois deuxième. Le Congrès de Mexico de 1986 pose enfin les bases pour une véritable Coupe du Monde féminine. Prévu initialement en 1990, elle se déroule en 1991. Les italiennes s’arrêtent en quart-de-finale face à la Norvège, leur meilleur résultat à ce jour. Leur participation à l’édition de 2019 met fin à une absence de 20 ans.

Un choix logique

Douze ans que les Azzurre étaient dirigées par des hommes, sans véritable succès. A la suite du mauvais Euro 2017, Antonio Cabrini n’est pas renouvelé. Pour trouver la formule gagnante, la FIGC décide de s’inspirer du vainqueur de cet Euro, les Pays-Bas. En janvier 2017, La fédération néerlandaise a intronisé une ancienne internationale, Sarina Wiegman, à la tête de l’équipe nationale. Coïncidence ou non, pour la première fois de leur histoire, les Leeuwinnen ont remporté un trophée international. Une short-list est établie. Elle comprend les deux anciennes attaquantes Carolina Morace et Patrizia Panico ainsi que Milena Bertolini. Cette dernière est choisie le 4 août et ce n’est pas un hasard. En cinq ans avec l’équipe féminine de Brescia, elle a mis fin à l’hégémonie de Torres en remportant le scudetto 2014 et a remporté 3 coupes d’Italie. Depuis le début de sa carrière de coach, ses performances lui valent aussi la reconnaissance de ses pairs comme en atteste ses 6 « banc d’or ».

Des performances crescendo

Les éliminatoires de la Coupe du Monde vont être le théâtre d’un véritable tour de force. Bertolini se base sur 4-4-2 avec la capitaine Sara Gama comme leader de la défense. Mais son atout réside dans son potentiel offensif. La doublette Girelli-Sabatino fonctionne à merveille, et la milieu Bonansea prend la relève le cas échéant. Et s’il le faut, il reste sur le banc Valentina Giacinti, capocannoniere de Serie A en 2017 et 2018. Résultat, les Azzurre ont caracolé en tête de leur groupe et mis rapidement leur principal adversaire, la Belgique, hors de portée. Ces bons résultats se sont aussi vus lors des deux derniers tournois de Chypre. Cette compétition amicale reste un événement majeur pour jauger les équipes féminines. L’Italie a terminé deux fois deuxième en étant à chaque fois la meilleure attaque du tournoi. Tous les voyants sont donc au vert pour faire une belle Coupe du Monde. Ainsi, un réel engouement se formera autour de cette catégorie en Italie, comme le souhaite la FIGC.

Aurélien Bayard



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