Atalanta : une méforme et un turn-over difficile

Par Nicolas Segura publié le 21 Nov 2020

En difficulté au mois de novembre, l’Atalanta peine à trouver un rythme de croisière. Les recrues jouent peu ou ne sont pas encore habitués au schéma tactique de Gasperini. La défaite contre la Sampdoria l’illustre : quand trop de cadres sont absents, la machine tourne beaucoup moins bien. Le calendrier lourd et les nombreux matchs de sélections semblent de trop pour une écurie à la fois modeste et ambitieuse.

Des résultats inconstants

L’Atalanta réapprend à perdre. Sans efficacité devant et fébrile derrière, la Dea a vécu un mois d’octobre compliqué. Début novembre, ça n’allait pas vraiment mieux. C’est après la trêve du mois d’octobre que les galères ont commencé : une fessée face au Napoli (4-1) puis une défaite décevante à domicile face à la Sampdoria (1-3). En Champions League, une victoire face aux novices de Midtjylland ne suffit pas pour l’instant. La déculottée face à Liverpool a été le match de trop selon Gasperini. L’entraîneur de l’Atalanta souhaite inverser cette tendance : « On encaisse trop de buts. Il faut rectifier cela. Il ne faut pas tout chambouler, mais des ajustements et de petits changements sont nécessaires. »

Cette mauvaise passe à l’automne n’est pas nouvelle chez les Orobici. Entre octobre et novembre 2019, la Dea avait enchainé cinq matchs sans victoire toutes compétitions confondues. Si les trêves internationales peuvent expliquer ce coup de mou, il est aussi important de relever l’intensité du système de Gasperini. Si les joueurs ne sont pas en forme, c’est sans doute à cause du nombre de matchs disputés par les joueurs depuis le début de saison. Entre les sélections, les compétitions nationales et européennes, difficile de maintenir un niveau élevé. L’année dernière, l’Atalanta avait impressionné au niveau du nombre de buts inscrits. Cette saison avait bien débuté. Mais les joueurs ont été sollicités tous les trois jours, plus trois matchs lors des trêves pour certains.

Des tentatives de turn-over

Gasperini, pour remédier à ce calendrier lourd, a tenté de faire tourner l’effectif. Ce dernier a été renouvelé, avec le départ de Castagne et l’arrivée de joueurs comme Miranchuk, Piccini ou Romero. Les deux premiers n’ont pas ou peu été utilisés : choix tactique pour l’un, grave blessure pour l’autre. Avec l’accumulation des matchs arrivent les blessures. Les cadres tels que Gosens, De Roon, ou Caldara ne sont pas épargnés. Des recrues comme Mojica, Depaoli, Romero et Lammers ont été intégrés dans la rotation. Avec des réussites diverses : Mojica semble en difficulté, Depaoli doit encore prouver. À l’inverse, Romero devient titulaire grâce à de belles performances et Lammers se montre très efficace quand il sort du banc.

Il est évident de faire tourner dans ces conditions. Mais le match contre la Sampdoria (perdu 1-3) le mois dernier a montré à Gasperini qu’il ne fallait pas en abuser. Face à des Blucerchiati morts de faim, placer Mojica et Depaoli sur les côtés, Sutalo en défense, Pasalic au milieu et Lammers en attaque était une prise de risque. À l’origine, Gasperini n’est pas un fan des cinq changements. « Avec ça, le football est en train de devenir comme le basket, disait-il en mai dernier. C’est comme changer de moteur à la moitié d’un grand prix. On réduit le mérite des équipes qui gagnent en ayant usé l’adversaire. » Pour le sprint de fin d’année, les joueurs devront puiser dans leur réserve pour à la fois rester compétitif en championnat et en Europe. Pas de Boxing Day, mais en 2021, il faudra également enchaîner avec la Coppa. Le calendrier sera moins angoissant l’année prochaine (pas de match tous les trois jours). La Dea devra maintenir un tempo assez élevé. Il ne faut pas s’attendre à sept buts tous les trois matchs en revanche…

Nicolas Segura



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