Atalanta : l’invité surprise des quarts de finale de C1

Par Nicolas Segura publié le 18 Mar 2020

Le club bergamasque fait office de petit Poucet parmi le restant des participants en Champions League. Un gouffre sépare la Dea des autres clubs, parfois plusieurs fois vainqueurs de la C1. L’Atalanta, quant à elle, n’a qu’un seul trophée dans l’élite. Le palmarès, le prestige, les joueurs, tout semble faire de cette équipe la surprise de l’année quand comparaison est faite entre elle et les autres équipes en lice.

Des ambitions européennes récentes

Six titres de Serie B, une Coppa Italia : voilà le palmarès de l’Atalanta. Au niveau européen, cela ne représente pas grand-chose, voire rien. Pendant longtemps, la Dea a été habituée à faire l’ascenseur entre la Serie A et la Serie B. Il y a dix ans, le club était relégué. Aujourd’hui, il est en quarts de finale de Champions League. Qui aurait pu prédire ce scénario ? Depuis l’arrivée de Percassi en 2010, l’Atalanta a mûri et a grandi : une certaine stabilité s’est installée. Elle, qui avait comme principal objectif le maintien il y a encore quelques saisons, se retrouve parmi les huit meilleurs clubs d’Europe.

À ce stade, il n’y a que Leipzig comme novice. Mais il est presque impossible de comparer la Dea avec les Saxons. Ce club n’a été fondé qu’en 2009, avec l’aide de Red Bull. La grande majorité des autres équipes en compétition ont un passé européen. L’Atalanta, c’est seulement quelques participations : quatre présences en C3, deux en Coupe des Coupes… et c’est tout. Aujourd’hui, elle se retrouve aux côtés des géants.

D’excellents joueurs mais aucune star

Un recrutement intelligent est à la base de cette réussite. L’Atalanta achète des joueurs peu connus, mais ayant un potentiel intéressant. L’exemple le plus flagrant est Robin Gosens, acheté seulement 900 000 euros et aujourd’hui courtisé par de grands clubs. Preuve que l’argent ne fait pas tout dans le football, l’Atalanta ne possède que la treizième masse salariale de Serie A (36 millions d’euros) selon la Gazzetta dello Sport. Elle est derrière le Genoa, Bologna ou encore Cagliari au classement. En début de saison, seulement sept joueurs gagnaient un million d’euros ou plus. Les éléments clefs de l’effectif sont les mieux payés bien logiquement (Zapata, Gomez, Muriel, Ilicic). Mais parmi ceux-là, aucun n’a réussi à s’imposer dans un grand club. Zapata n’était qu’un second couteau au Napoli, Muriel était devenu indésirable à Séville. Les deux meneurs de jeu de la Dea, Ilicic et Gomez, ne sont même jamais allé dans de tels clubs.

La nouvelle Ajax ? Pas tellement

L’Ajax Amsterdam avait émerveillé beaucoup d’observateurs du football l’année dernière. Chaque saison, il y a une équipe surprise. Et cette saison, l’Atalanta apparaît comme celle-ci. Pourtant, il y a peu d’éléments pour comparer ces deux équipes. L’Ajax reposait sur des jeunes joueurs à très fort potentiel tels que De Ligt, De Jong, etc… Parmi les joueurs bergamasques, très peu peuvent prétendre à devenir titulaire dans une grande équipe. En attaque, il y a des joueurs expérimentés, qui n’auraient sans doute pas leur place dans un top club, hormis peut-être Ilicic. Il semble compliqué de voir l’Atalanta dépouillée cet été. Lors du dernier mercato estival, elle a su garder ses éléments importants. Avec Gasperini, le système de jeu semble plus fort que les joueurs. Pour l’instant, à l’image des deux dernières saisons, l’Atalanta laisse aux jeunes le temps de grandir en Primavera, au lieu de les exposer en Champions League.

Nicolas Segura



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