AS Roma : Pellegrini, le nouvel empereur de Rome

Par Julien Ruis publié le 25 Oct 2020

Giuseppe Giannini, Bruno Conti, Francesco Totti, Daniele De Rossi et dans une moindre mesure Alessandro Florenzi. L’évocation de ses noms est synonyme de fierté et de fidélité au sein des rangs des tifosi Giallorossi. Purs romains, purs produits de la formation de l’AS Roma, la louve a entretenu des relations remplies d’amour, mais parfois tumultueuses, avec ses fils qu’elle a nourris au sein. Désormais, hormis l’émergence du jeune Calafiori, il est l’unique bandiera romana sur le pré. L’occasion pour lui de prouver qu’il est le digne héritier des légendes qui l’ont précédé.

De la Primavera à la Prima Squadra

« Quand la lettre de la Roma est arrivée, je suis resté à la regarder toute la journée. Je me souviens de toutes les fois lorsque j’arrivais à Trigoria et que nous entrions par la 3ème entrée, celle dédiée aux jeunes. Je n’aurais jamais imaginé de pouvoir y entrer par la 1ère ». Romain et Romanista, Pellegrini a eu le bonheur de pouvoir effectuer sa formation au sein de son club de cœur. Sous les ordres d’Alberto De Rossi, père de Daniele, le jeune milieu de terrain fait ses classes avec la Primavera. Voyant son éclosion bouchée, avec des joueurs tels que Pjanic ou De Rossi, il décide de partir pour rejoindre Sassuolo. Ce départ est le véritable tournant de la carrière de Pellegrini. Sous la houlette de Di Francesco, le joueur s’épanouie dans le 4-3-3 mis en place. L’entraineur abbruzzese développe à merveille ses capacités, et notamment l’aspect offensif. En effet, lors de ses deux saisons chez les jeunes Giallorossi, il aura marqué à 13 reprises, s’affirmant comme un milieu aimant se projeter vers l’avant et non comme un simple récupérateur. Mais réaliser de telles performances lors de ses débuts en Serie A (11 buts et 8 passes décisives en 54 matchs), prouve que les dirigeants romains ont eu le nez creux en imposant une clause prioritaire de rachat. Lors du départ de Di Francesco pour la capitale, il suit son mentor dans le rôle de grand espoir du Calcio.

De centurion à sénateur

Depuis son retour, il s’affirme dans l’entrejeu. Une fierté pour des tifosi, qui ont vu partir Totti, De Rossi et Florenzi, et qui voient en lui la continuité de cet héritage Romanista légué par ses prédécesseurs. Et cela, Pellegrini en a pleinement conscience « Etre romain à la Roma est une responsabilité importante. Tu ressens le devoir de rendre fier les supporters ». Il développe son jeu au travers de ses différents positionnements sur le terrain. Aligné dans un milieu à 3, parfois en trequartista mais également en soutien de Dzeko dans un 3-4-2-1, il se rend indispensable aux yeux de ses différents entraineurs. Malgré tout, il se perd quelquefois dans son football, voulant parfois trop en faire dans certains matchs, et frôlant l’excellence dans d’autres. Tel est le paradoxe de Pellegrini, un joueur parfois perfectible mentalement mais tellement important pour cette Roma. Le jeune soldat n’existe plus, il s’est mué en véritable sénateur au sein du club qu’il aime tant.

Alea jacta est

Le vrai-faux départ d’Edin Dzeko aurait dû lui offrir davantage de responsabilités, comme ce fut le cas lors du premier match face à l’Hellas où il arborait le brassard de capitano. Désormais, en cette saison si particulière, il doit s’affirmer davantage. Clairement annoncé au cœur du nouveau projet mené par le président Friedkin, il se sait attendu par tous afin de ramener sa Roma dans la plus belle des compétitions européennes. De plus, en cette année d’Euro, Pellegrini n’aura pas le droit à l’erreur afin d’accrocher le bon wagon, ce qui semble bien parti au vu de ses dernières performances avec la Nazionale. Aligné sur l’aile gauche par Mancini, il a une nouvelle fois démontré toute son adaptabilité sur le terrain et avec réussite, lui qui fut buteur face aux Pays-Bas. En cette saison ô combien importante, avec de multiples objectifs, Lorenzo Pellegrini doit démontrer qu’il est bien de la même étoffe que ses idoles, afin de ramener comme eux, l’AS Roma et l’Italie au sommet du football.

Julien Ruis



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