AS Roma : La Louve a-t-elle réellement les moyens de viser le top 4 ?

Par Julien Ruis publié le 04 Mar 2021

Malgré une victoire à l’arrachée hier soir face à la Fiorentina, la Lupa avait, une nouvelle fois, chutée face à un gros lors de la précédente journée. Désormais éjecté du top 4, à deux longueurs de l’Atalanta, les Giallorossi ont-ils réellement les armes pour s’emparer d’une des places qualificatives pour la Champions League ? Peuvent-ils atteindre l’objectif annoncé en début de saison et retrouver la plus belle des compétitions européennes ?

Trop d’erreurs pour viser plus haut ?

Les vingt premières minutes imbuvables, face au Milan AC, ne furent malheureusement pas les seules cette saison. Les soucis défensifs ne sont toujours pas réglés, que ce soit au niveau de la communication ou des relances. Certes Pau Lopez sauve les meubles de temps à autres, mais combien de situations dangereuses crée-t-il avec un jeu au pied indigne d’un gardien de Serie A. Les passes sont mal assurées dans la moitié romaine et forcément, les adversaires en profitent. Constat encore plus flagrant, quand la défense ne peut relancer proprement car trop peu de soutien vienne réclamer les ballons. Cela oblige à effectuer des passes longues sur les attaquants, et qui sont majoritairement interceptées par l’adversaire. Le système de jeu actuel démontre ses limites lors des phases de relances dans l’axe. Villar et Veretout sont très souvent pressés rapidement. Pellegrini et Mkhitaryan sont donc obligés de descendre d’un cran pour apporter une solution, mais cela déséquilibre forcément le bloc offensif pour une éventuelle contre-attaque. Offensivement, le bilan est maigre. Au classement des tirs cadrés en championnat, l’AS Roma se classe 6ème (321 tirs, 161 cadrés et 93 ratés). Elle est précédée par le Napoli, l’Atalanta, l’Inter, le Milan et la Juventus. Coïncidence ?

Une mentalité et une envie défaillante ?

L’un des aspects les plus importants lorsqu’on est ambitieux, c’est au minimum de mettre de l’envie et de la hargne dans le travail que l’on accomplit. Il peut y avoir des ratés, des imprécisions et parfois des erreurs de jugement. Une saison est faite de hauts et de bas et des sorties de route peuvent arriver. Mais le même mal perdure à Rome depuis plusieurs mois. Les Giallorossi se fond littéralement rentrer dedans physiquement et n’ont malheureusement pas de répondant à offrir. Le derby face à la Lazio en fut l’illustration parfaite, le match face aux Rossoneri n’est qu’une nouvelle confirmation de ce problème. On observe des joueurs amorphes et fébriles face à un pressing haut, qui commettent nombre d’erreurs sous la pression. Défensivement et offensivement. En défense, une lenteur dans l’exécution des gestes défensifs et dans le pressing est clairement avérée lors de nombreux matchs (Dea, Inter, Milan, Lazio). Il n’est pas possible que les attaquants adverses aient le temps d’ajuster ou de dribbler à leur guise, sans être réellement inquiétés. En attaque, ils maîtrisent les transmissions sur la largeur. L’apport des latéraux, essentiellement Spinazzola, en est l’illustration parfaite. Verticalement c’est une autre histoire. Les contre-attaques ne sont pas toujours suivies et sont annihilées par le manque de soutien envers le porteur de balle. La mobilité et les petits gabarits sont souvent mis à défaut par les blocs défensifs, qui ont vite compris comment contenir les vagues arrivant de face. Les deux attaquants de soutien doivent parfois se dépêtrer seuls jusqu’à la surface, afin d’espérer lâcher une offrande miraculeuse ou de finir en solitaire.

Quelles solutions pour l’avenir ?

L’excuse de la présence dans le top 4 ne tient plus. L’AS Roma doit relever la tête au plus vite car la concurrence est féroce. Il est évident que Paulo Fonseca n’est pas favorable au changement de système. Il ne l’a modifié que deux fois en championnat cette saison, par obligation, en cours de match face à la Lazio et Benevento. Le cas Dzeko pose aussi problème. L’équipe se retrouve sans véritable point de fixation, capable de tenir physiquement face aux adversaires et de protéger le ballon. L’urgence est là, et l’entraîneur se doit d’insuffler un vent nouveau que ce soit tactiquement ou mentalement. L’objectif Champions League est le phare guidant le navire romain pour la présidence Friedkin cette saison. En cas de déconvenue, le Portugais n’aura certainement pas le temps de finir son ristretto avant de devoir plier bagage.

Julien Ruis



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