Antonio Conte en délicatesse à l’Inter. Vraiment ?

Par Cesco publié le 14 Juil 2020

Il n’aura fallu qu’une défaite face à Bologna et un nul contre l’Hellas pour voir apparaitre les plus folles rumeurs dans les médias, sur un départ d’Antonio Conte en fin de saison à l’Inter. Son remplaçant serait Allegri, premier choix d’un Giuseppe Marotta aux aguets. L’ancien juventino doit-il craindre pour son avenir et son banc de touche ?

Les difficultés de 2020

Dire que l’Inter va merveilleusement fin depuis le début 2020 serait mentir. Les Nerazzurri sortent d’une élimination douloureuse en Champions League et ne connait pas de repos pour ses hommes. A chaque jour son blessé et Antonio Conte doit sans cesse jongler avec des hommes pas toujours dans les meilleures conditions. Brozovic épinglé pour conduite en état d’ivresse, Lautaro perturbé par les sirènes de Barcelone, Lukaku fatigué, Vecino, Barella et Sensi indisponibles, le casse tête semble sans fin malgré la pause forcée liée au COVID.

Dans cette situation et avec une confiance légèrement ébréchée, l’équipe est moins haute, recule plus et ça se traduit par des buts encaissés, parfois loufoques. En 2020, l’Inter n’a gardé sa cage inviolée que contre l’Udinese et Ludogorets. Terrible constat pour un prétendant au titre. Les latéraux manquent de régularité, D’Ambrosio dépanne en défense centrale, Eriksen ne trouve pas encore son rythme dans le 3-5-2 (tout comme Skriniar) et Esposito ne semble pas être assez mature pour jouer avec régularité. Ce ne sont donc pas les difficultés qui manquent à l’Inter. Autre statistique qui témoigne du manque de confiance de l’équipe de Conte, les Nerazzurri ont perdu 20 points lorsqu’ils menaient au score cette saison. C’est la troisième équipe de Serie A dans ce domaine. Un podium loin d’être honorable en somme.

Ainsi, ces difficultés dans le jeu se traduisent par un bloc qui recule, qui encaisse un but rapidement, gag (coucou Handanovic) ou alors qui se fait remonter au score après avoir pris l’avantage. La preuve, qu’en plus d’un effectif pas encore très cohérent, l’équipe n’a, semble-t-il, pas encore le mental suffisant pour espérer accrocher une Juventus qui gagne tout sur son passage depuis 8 ans (bientôt 9 ?).

Et pourtant, y a pas de quoi s’affoler

Le constat est éloquent par rapport à la première partie de saison où l’Inter trustait la tête de la Serie A. Oui l’équipe connait des difficultés. Celles de tuer les matchs, celles de composer avec un effectif régulier mais aussi régulièrement performant, mais faut-il écouter le tremblement de terre médiatique qui annonce le départ de Conte ? Absolument pas. Marotta a d’ailleurs confirmé son coach pour la saison prochaine. Faut-il préciser qu’avec 68 points et encore 6 matchs à jouer, l’Inter n’est qu’à un point de son total de l’année passée, et trois de son total de 17/18 ? La progression est indéniable. Mieux, dans le jeu, la classique : « je joue sur le côté et je centre en priant pour qu’Icardi soit là » a disparu. L’équipe a un plan de jeu, les combinaisons se produisent et la dangerosité n’a jamais été aussi forte offensivement que sous Conte. Tout le monde participe. En inscrivant le but du 2-1 face au Torino, Diego Godin est devenu le 18ème joueur de l’Inter à marquer cette saison. Un total jamais atteint par le club dans son histoire (sauf en 07/08 : 18). Signe d’un collectif qui progresse avec abnégation sans rien lâcher. Après des années de disette, cette saison est la plus aboutie depuis Leonardo sur le banc en 2010/2011, une autre époque.

18 points possible, 8 points de retard sur la Juve. Le scudetto parait intouchable et pourtant, à 6 matchs de la fin, l’Inter peut encore y croire tout en étant encore en lice en Europa League, en aout, quand il n’y aura plus de championnat. Alors de feu, il n’y en a pas vraiment à l’Inter, mais il faut vendre des journaux et dans ce monde, tout est bon pour vendre, même le vent.

Cesco

Rédacteur en Chef



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