Ante Rebić, Bentornato in Italia

Par Aurélien Bayard publié le 15 Sep 2019

Recruté à la dernière minute, Ante Rebić permet déjà de faire une bonne affaire : se débarrasser d’André Silva. L’attaquant portugais avait su briller à Porto mais vient compléter une liste déjà exhaustive de couac de la nouvelle direction milanaise. Le croate retrouve donc un pays qu’il avait déjà connu en 2013 et mais sans réussir à s’imposer. Une seconde chance s’offre à lui.

Premier acte manqué

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans… Voilà comment commence la carrière d’Ante Rebić. Formé au RNK Split, il reçoit sa première convocation en équipe première lors d’un choc contre le Dinamo Zagreb. Les Modri mènent logiquement 1-0 et le coach Katalinic décide de faire rentrer le jeune croate en seconde période. Alors que ses jambes flageolent encore, Rebić fait fit de cela pour égaliser et fait taire un stade connu pour ses ambiances électriques. Le score n’évoluera plus et le modeste club de Split peut fêter cela comme une victoire. Naturellement Rebić voit son temps de jeu augmenter au fil des saisons et décide de quitter son cocon lorsqu’il finit même meilleur buteur de son club en 2013. Ante prend la direction de la Toscane et rejoint la Fiorentina pour 4,5 millions d’€, deuxième meilleur vente pour le RNK. Le défi physique est énorme et son corps lui fait payer. Des nombreuses blessures le laissent sur le flanc tout au long de la saison et il ne se console qu’avec un but lors de l’ultime journée de championnat. Malgré cela la Viola croit toujours en son grand espoir et l’envoie deux fois en prêt pour se ressaisir. Malheureusement, que ce soit avec le RB Leipzig ou au sein du Hellas Verone, Rebić joue peu et ne marque pas. Alors comme jamais deux sans trois, le croate est de nouveau prêté, cette fois à l’Eintracht Francfort.

L’Allemagne ça vous gagne

Grâce à Niko Kovac, Ante Rebić obtient une nouvelle chance de s’imposer en Allemagne. L’actuel entraîneur du Bayern le connaît bien puisqu’il l’a dirigé avec les espoirs et la sélection A. Ante enchaîne enfin les matchs bien que, comme d’habitude, des blessures s’incrustent pour perturber la progression de l’ailier. Sa saison aurait même pu être ponctuée d’un premier titre, la DFB Pokal, mais le Borussia Dortmund coupe court à se rêve. A l’issue de cette finale Rebić s’effondre en larme. Son prêt prend fin et il doit retourner dans une Fiorentina qui ne veut plus de lui. Finalement les Adler, en augmentant leur offre initiale, peuvent s’attacher définitivement les services du croate. Durant l’été 2017, il voit 2 autres revanchards le rejoindre : Sébastien Haller et Luka Jović. L’entente fonctionne à merveille et permettent à Francfort d’être de nouveau en finale de la coupe nationale. Le Bayern Munich se dresse alors entre l’Eintracht et la coupe dessinée par Wilhelm Nagel. Cette fois-ci Rebić ne se loupe pas et crucifie par 2 fois les bavarois. Grâce à cette victoire 3-1 et les voilà en Europa League. Toute cette troupe continue d’étonner puisqu’elle s’offre une folle épopée jusqu’en demi-finale de la petite coupe d’Europe, seulement éliminée par le futur vainqueur Chelsea. C’est donc au terme de cette saison magique qu’il met les voiles.

Future clé de voûte du Milan AC ?

Dans le 4-3-1-2 systématique de Giampaolo, Ante Rebić fait figure de chaînon manquant. Contrairement à Suso ou à Calhanoglu, le croate vient de passer 3 années positionné derrière 2 attaquants et se place en spécialiste du poste. Il a aussi montré de réelles aptitudes en tant que 2ème pointe et sa polyvalence lui permettrait de former un duo avec Piątek. Rebić dispose d’un autre atout dans sa manche : sa grinta. Ce qui fut auparavant des problèmes de comportement (multiples expulsions, tacles assassins) est maintenant mieux canalisé. Cela permettra aux milanais d’avoir le mental nécessaire pour tenir le score ou sonner une révolte. Comme il a su s’imposer en Allemagne après un premier échec, nous attendons que Rebić en fasse de même en Italie.

Aurélien Bayard



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