Ancelotti, le point tactique : premier bilan du 4-4-2 à plat

Par Nicolas Soldano publié le 24 Nov 2018

Début décembre, le Napoli sort d’une cinglante défaite 3-0 contre la Sampdoria au Luigi Ferraris. C’est précisément à partir de ce moment là qu’Ancelotti va entreprendre sa première révolution tactique depuis son arrivée à Naples : fini le 4-3-3 systématique de Sarri, sur lequel il essayait de greffer ça et là ses préceptes de jeux plus adaptés à son style (Hamsik repositionné devant la défense, jeu plus direct dans les transitions…). Nouveau départ donc, avec la mise en place d’un 4-4-2 à plat, avec deux lignes de quatre parallèles et deux attaquants axiaux. Un système permettant d’apporter plus de surnombres sur les côtés, notamment en phase de contre-attaque, toujours dans l’optique de pouvoir se distancer lentement du dogme de l’ultra-possession laissé par Sarri, pas nécessairement dans une optique de cassure, mais plutôt dans une optique de complément, afin de construire un modèle hybride capable de rendre l’équipe et les joueurs plus complets et donc plus adaptables en fonction des matchs et des différents temps de ceux-ci. Dans les résultats, la mue semble fonctionner : sous l’ère Ancelotti l’équipe présente un meilleur bilan en 4-4-2 (16 points en 7 matchs, 18 buts marqués, 7 encaissés) qu’en 4-3-3 (12 points en 5 matchs, 8 buts marqués, 6 encaissés) malgré une adversité plus imposante. Analyse ligne par ligne de l’impact de ce changement de schéma.

Statut quo en défense

Pour ce qui est des évolutions côté défense, pas de changement notable, c’est toujours la même ligne de 4 avec les mêmes titulaires que la saison passée : Hysaj à droite, Albiol et Koulibaly dans l’axe, Rui à gauche. Elle bouge très rarement, faute de solution (profondeur de banc et blessures), même si Malcuit semble pouvoir enclencher une concurrence à droite. Dans l’animation, pas de changement notable également, avec toujours une ligne défensive très avancée pour favoriser une récupération haute et rapide, avec des arrières latéraux participants activement aux phases offensives… Sauf en Champions League, où Carlo nous a ressorti une bonne vielle formule : la défense à « 3 et demi » (nous y reviendrons dans un prochain article mardi prochain).

Le milieu de terrain : coeur du jeu et turn-over

Le milieu est certainement la zone ayant subit le plus de changement. Exit la sentinelle seule devant la défense, place maintenant à un double pivot avec deux milieux defensifs centraux, dont un capable de couvrir énormément de terrain pour faire le travail d’harceleur (Allan, Rog lorsqu’il rentre) et un plus statique mais attelé d’avantage à l’orientation du jeu (Hamsik, Diawara). Pour ce qui est des milieux excentrés, on retrouve Callejon côté droit (Verdi beaucoup plus rarement) qui semble s’adapter parfaitement à cette place un peu plus basse que ses habitudes d’ailiers, notamment grâce à sa capacité à revenir défendre puis à se projeter très rapidement. Côté gauche, Zielinski et Fabian Ruiz se partagent le poste dans un rôle de milieu dribbleur/créateur. Ce schéma permet globalement de pouvoir étirer le milieu sur toute la largeur en phase offensive, néanmoins, si cette ligne de 4 est passée, la défense se retrouve donc en face à face avec l’attaque adverse sans milieu tampon entre les lignes.

L’attaque : Insigne + 1

Côté offensif, on passe d’une pointe isolé à deux axiaux. Mais la véritable innovation est évidemment le repositionnement d’Insigne en » neuf et demi », dans un profil de buteur décrocheur qui lui permet d’être souvent plus proche du but. C’est pour l’instant statistiquement une réussite (7 buts et trois assists sur ses 10 matchs dans l’axe, contre 3 buts en 8 matchs sur l’aile). À ses côtés, on retrouve soit Milik, pour former une paire complémentaire avec un véritable pivot capable de jouer en attaquant de surface, soit Mertens pour former un duo vif et imprévisible capable de prendre de vitesse une défense et de jouer dans son dos.

Un nouveau système qui semble donc finir de se roder et apporter certaines garanties en championnat, tout en surfant sur les forces de l’année passée. Jusqu’ici tout va bien. Affaire à suivre.

A suivre : « Le point tactique, la défense »

Nicolas Soldano

Rédacteur



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