Allegri, pourquoi c’est si dur ? La légèreté du milieu de terrain (2/2)

Par Pasqualino Petolillo publié le 01 Déc 2021

Revenir dans un club où il a déjà milité pendant cinq saisons, c’est à le challenge “empoisonné” qu’a accepté Massimiliano Allegri. Il en va de la crédibilité de la Vieille Dame, les supporters et les vrais passionnés du ballon rond sont déçus. La Juventus n’est plus que l’ombre d’elle-même. Pourquoi tant de difficultés ?

Un fond de jeu fictif

Le milieu de terrain est le point faible de l’équipe. Bentancur devant la défense a laissé apparaître d’énormes limites. La société attend toujours le fameux saut de qualité de l’uruguayen. Arthur, a passé plus de temps en infirmerie que sur un terrain. De plus, malgré des caractéristiques techniques évidentes dans le “jeu court”, son profil n’a rien apporté de concret à l’équipe dès qu’il a été appelé à la rescousse. Ramsey, représente une inconnue, une énigme, le gallois donne l’impression d’être un chapitre à part. Souvent blessé, puis mis sur la touche, son cas est plutôt complexe. McKennie, à sa deuxième saison chez les bianconeri, commence à montrer de belles choses, surtout offensivement. Il est un des seuls à avoir transmis une réelle grinta avec une mentalité gagnante. Rabiot, arrivé lors de l’été 2019 à paramètre zéro, est certainement celui qui a le plus déçu. Considéré par son coach comme étant une “arme précieuse”, celui-ci l’utilise avec régularité. Au décompte, il est peu incisif, le bilan du français frôle l’insuffisance. Finalement, le nouvel arrivé tant voulu par la société, Locatelli, est annoncé comme un “messie” dans une équipe décousue et sans âme. Est-il plus utile devant la défense ou un cran plus haut sur le terrain ? Est-il plutôt un inlassable récupérateur, un modérateur dans le jeu bianconero entre les deux lignes ou plutôt un chef d’orchestre à vocation offensive ?

Pour situer le malaise actuel (tant qualitatif du noyau qu’à la concrétisation), il suffit de se pencher par exemple sur un certain Pasalic. Le bergamasque est le milieu qui a participé le plus activement aux “réalisations” de son équipe (soit 12, avec 7 buts et 5 assists à la clé). Il est le profil type que les bianconeri n’ont plus dans leur ligne médiane depuis plusieurs années.

Alors qu’on se rapproche de la phase retour du championnat, Max n’a toujours pas trouvé la formule idéale, il donne l’impression de bricoler …

Quelles sont les solutions ?

On peut retourner le problème dans tous les sens, la Vieille Dame a perdu en qualité dans la partie centrale du jeu. Pour preuve, l’argent dépensé par les dirigeants a été (in)consciemment mal réparti. Les dépenses investies pour l’arrière-garde ont été exorbitantes, voire démesurées. L’investissement de Ronaldo sur plusieurs saisons a considérablement appauvri les finances du club. Le milieu fait office de “zone délaissée”, on n’y retrouve plus cette image d’appartenance ou de bandiera. Rajoutez l’absence d’automatismes simples ou la présence d’un jeu décousu et vous obtenez une tristesse inconcevable. L’inspiration dans cette zone du jeu fait défaut. Les buts arrivent soit sur une transversale magique de Bonucci, soit sur des exploits individuels (retenons le travail d’usure de Chiesa).

Le scudetto apparaît de plus en plus inaccessible, la valeur des équipes situées devant elle est bien réelle. La quatrième place, qualificative pour la Champions, est une priorité même si elle apparaît utopique pour l’instant.

Avec une épine dorsale constamment remaniée, le coach toscan n’aligne pratiquement jamais la même ligne médiane, il change souvent de module ou n’utilise pas les joueurs à leur meilleur poste. Le mercato de janvier pourrait apporter un soupçon d’espoir, avec le retour anticipé de certains joueurs en prêt (tel le jeune Rovella du Genoa). La politique du club ainsi que des dirigeants peu convaincants ont amené Allegri sur un navire au bord du gouffre.

Le coach toscan ne paraît pas en mesure de trouver la solution magique, des changements à tous les niveaux s’imposent. Concrètement, ne serions-nous pas arrivés à la fin d’une hégémonie et comme le disait Nougaro, ne faudrait-il pas plutôt “tourner la page”…

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Pasqualino Petolillo



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