Alisson Becker, le rempart ultime

Par Loris Meucci publié le 29 Juin 2018
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Une ascension fulgurante

Transféré à l’AS Roma en provenance du SC Internacional pour 8M d’euros lors de l’été 2016, le natif de Novo Hamburgo n’a d’abord pas échappé à la fameuse année de transition. Peu connu du grand public et pourtant incontournable au Brésil, il fait alors office de doublure, celle du polonais Szczesny. Il occupe néanmoins les buts de la Roma en Europa League et Coppa Italia, laissant rapidement entrevoir son potentiel. Après avoir travaillé dans l’ombre au côté de Marco Savorani et rongé son frein pendant une saison, il est finalement propulsé au rang de numéro un à l’aube de l’exercice 2017-2018. Exercice durant lequel il réalise 17 clean sheets sur 37 apparitions en Serie A. Il séduit immédiatement. Puis il démontre semaine après semaine à son public et plus largement à la planète football, toute l’étendue de son talent. A travers des performances autant régulières qu’abouties, il conquit Rome. L’international brésilien est aussi l’un des principaux artisans du beau parcours des giallorossi en Champions League. Il se montre là encore décisif à maintes reprises, notamment en Ukraine face au Chakhtar Donetsk. Il réalise lors de ce match des sauvetages hallucinants, évitant à son équipe de sombrer. Un étonnant et détonant cocktail de qualités qui, en un éclair, ont fait passer Alisson Becker de simple remplaçant à véritable phénomène. De nombreux romanisti le considèrent d’ores et déjà comme le meilleur gardien de l’histoire du club. Démesuré ? Pas sûr.

Personne n’est parfait

Alisson est un gardien de but moderne, complet, mi-roc mi-félin, parfois acrobate parfois classique, mais toujours efficace. Il bénéficie d’une envergure imposante et excelle dans plusieurs domaines. Il est d’abord intraitable sur sa ligne, capable de déployer et étirer sa carcasse aussi bien au sol que dans les airs. Le battre d’une frappe lointaine relève dès lors du challenge. Sa science du placement, ses déplacements et ses postures lui permettent d’être tout aussi décisif sur des tentatives à courte distance, nous gratifiant de superbes réflexes. Son gabarit ne l’empêche en aucun cas de se coucher et de se relever rapidement. Il est également doté d’une lecture du jeu bien au dessus de la moyenne, ce qui favorise la justesse et la promptitude de ses sorties au sol ou loin de son but pour couvrir sa défense. Comment ne pas mentionner son jeu au pied de haute qualité et plein d’assurance. Presque trop plein d’assurance. D’ailleurs à jouer avec le feu comme il le fait il finira, le plus tard possible il faut l’espérer, par se brûler. Afin de noircir le tableau (du moins le nuancer), le romain manque toutefois de présence aérienne dans ses six mètres. Sur corner notamment, il gagnerait à davantage quitter sa ligne fétiche pour aller boxer quelques ballons menaçants. D’une part pour soulager sa défense, d’autre part pour affirmer son autorité et ainsi boutonner son costume de patron. Un autre axe de progression pourrait concerner sa capacité à capter les assauts. Il privilégie le plus souvent la parade au détriment de l’arrêt, bien qu’ici c’est plus une question de style… Et au final, ce style lui réussit !

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La muraille do Brasil

Les supporters brésiliens pourront dormir sur leurs deux oreilles pendant la prochaine décennie. Entre Alisson et Ederson, ils comptent parmi leurs rangs deux jeunes portiers de haut niveau. Les cages seront quoiqu’il advienne bien gardées. Malgré une concurrence bien présente, c’est à ce jour Alisson qui joue les premiers rôles et ce depuis sa première titularisation sous le maillot auriverde le 14 octore 2015 face au Vénézuela. C’est à l’époque Dunga qui lui offre cette opportunité et qui l’intronise au sommet de la hiérarchie des gardiens. Une confiance accordée, justifiée sur le terrain et renouvelée un an plus tard par l’actuel sélectionneur de la Seleçao, Tite. Au sein de son équipe nationale et sous la houlette de l’illustre Claudio Taffarel, Becker progresse, rassure, s’installe. « Il peut devenir le meilleur gardien du monde » selon son prédécesseur. Alisson honorera Sa 27ème cape ce lundi, en huitième de finale de coupe du monde contre le Mexique. Jusqu’ici peu sollicité, il veille cependant au grain.

Un futur loin de Rome ?

Tout laisse à penser que son départ semble inéluctable. En explosant comme il l’a fait, sa valeur marchande est montée en flèche. L’AS Roma demeure un tremplin et les cadors européens sont à l’affût du moindre bond. Florentino Pérez en aurait fait sa priorité pour remplacer Keylor Navas au Real Madrid. Chelsea serait aussi prêt à casser sa tirelire. Alisson peut il refuser un contrat juteux dans un top club au nom des émotions vécues, des valeurs qui se perdent, des gnocchi alla romana ? Soyons romantiques, Oui. De son coté la Roma peut elle se priver d’une énorme plus-value ? D’un chèque avec autant de zéros ? Probablement pas. Surtout qu’en ce début de mercato, les arrivées pullulent du côté de la capitale. L’équilibrage des comptes et la case dégraissage est inévitable. Si d’après Monchi aucune offre n’est pour l’heure parvenue, le directeur sportif de la Maggica a aussi récemment déclaré qu’aucun joueur n’est intransférable. Tout joueur a donc un prix et celui du portier romain est estimé à 70M d’euros. En cas de départ, le vide sera difficile à combler. Ce serait après Nainggolan, un autre chouchou de l’Olimpico et pilier de l’équipe qui quitterait la capitale, qui plus est à un poste ô combien clé.



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Loris Meucci



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